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Boarding Gate de Olivier Assayas avec Asia Argento, Michael Madsen (France - 2006) C'est pour voir Kim Gordon au cinéma. Mais franchement, on aurait pu s'en passer. Je comprends qu'Assayas, grand fan de rock, ait envie de mettre une telle icône sur un grand écran, mais bon, je suis pas convaincu par le résultat... Pas vraiment à l'aise l'égérie de notre jeunesse sonique... Mais sortons de l'anecdotique: ce film est chiant. A part quelques morceaux de bravoure (les scènes avec Michael Madsen notamment) lors desquels la mise en scène et la réalisation d'Assayas sont à couper le souffle, il y a un sévère problème de rythme dans ce film, pas aidé par un scénario qui semble plus servir d'excuse à faire apparaître et disparaître des protagonistes ou à changer de lieu de tournage qu'à réellement construire une histoire dans laquelle on puisse se plonger ou des personnages qui nous fassent fantasmer. Dommage...

Les Amours d'Astrée et de Céladon de Eric Rohmer avec Andy Gillet, Stéphanie de Crayencour (France - 2006) C'est du romantique classique. Situées dans une Gaule mythique, pleine de druides et de nymphes, imaginée début 17ème par Honoré d'Urfé dans Astrée, petit roman pastoral de 5000 pages à peine, Les Amours... contrariées d'une bergère et d'un berger avaient tout pour m'endormir avant la fin du premier quart d'heure de film. Que nenni! Il faisait froid dans la salle et je n'eus aucun mal à m'intéresser à ce truc bizarre qu'est un film de Rohmer, à la fois théâtral et sensuel, où le sérieux du ridicule assumé s'accompagne d'un petit sourire en coin qui nous retient de tomber dans le ricanement moqueur. L'histoire n'est pas désagréable non plus, avec un quiproquo suivi d'un serment terrible à honorer à tout prix, suivi d'une longue plage de souffrance et de ratages en tout genre, suivi d'un travestissement salvateur. Fin. Lyrique à tout bout de champ, il n'est pas dit non plus que ce film n'ennuie pas sévèrement, malgré son charme bucolique certain et son intrigue pas si linéaire...

Control de Anton Corbijn avec Sam Riley, Samantha Morton (GB - 2007) C'est du biopic rock'n'roll. 1ère remarque: quel plaisir facile et jouissif d'entendre et de voir Joy Division en live sur scène, même (fidèlement) reconstitué, même (brillament) réinterprété, impossible de bouder ça pour peu qu'on soit sensible à leur musique. 2ème remarque: quel tragique farceur a décidé d'écrire un scénario centré sur le suicide de Ian Curtis comme conséquence de sa vie sentimentale pas simple. Sûr qu'elle (sa vie sentimentale) n'a pas du l'aider à surmonter tout le reste mais de là à en faire la pièce à conviction numéro un... C'est quand même l'aspect le moins intéressant dans la vie météorique d'un artiste de cette dimension, doté d'une personnalité particulièrement complexe; je dirais même qu'on n'en à rien à foutre. Donc forcément, la déception est là, la frustration même, le film référence sur Ian Curtis/Joy Divison reste à faire.

A Very British Gangster de Donal McIntyre avec Dominic Noonan (GB - 2007) C'est du docu putassier. On ne peut que reconnaître le travail titanesque accompli par Donal McIntyre qui a mis 2 ans (il me semble) à réunir les images qui composent ce documentaire, sans doute plus si on tient compte du travail en amont, ne serait-ce que pour convaincre la première famille du crime de Manchester à l'accueillir, à répondre à ses questions et à le laisser filmer en leur sein. On reste donc sans voix devant quelques séquences ahurissantes, affligeantes ou tragi-comiques, mais pour ce qui est de la forme on est dans de la pure production télé et là on est réellement affligés. Effets de montage, musique hors-sujet, voix off insupportable, il n'y a rien à sauver. On serre donc les dents, tout en se délectant de notre position de voyeur immiscé dans la société parallèle mancunienne. Pas facile quand même...

Joyeuses Funérailles de Frank Oz avec Matthew MacFadyen, Rupert Graves (US/GB - 2007) C'est une comédie anglaise, ça?. OK j'avoue j'ai pas pu rester jusqu'au bout de cette bouffonnerie pitoyable. Scénario écrit à la va-vite, gags pas drôles qui s'étirent jusqu'à la nausée, j'ai vainement attendu qu'il se passe quelquechose, mais non rien, à part un père de famille décédé qui s'avère avoir été l'amant d'un nain vénal (putain le choc), et un beau-frère qui prend de l'ecsta maison sans le savoir qui le transforme en poulet névrotique (mort de rire). Bon OK, dit comme ça, ça pourrait le faire, mais traité sur un mode proto-réac (rire gras et premier degré), ça donne plutôt envie d'aller perdre son temps ailleurs.

L'histoire de Richard O. de Damien Odoul Avec Mathieu Amalric, Stéphane Terpereau (France - 2007) C'est du cinéma sauvage. Urbain, mais sauvage quand même. Tourné à l'arrache dans Paris, financé avec trois bouts de ficelle, cette fable érotique transpire l'urgence et la frénésie du désir hors de contrôle. Mathieu Amalric en est à la fois l'instigateur et la victime puisque dérouté par autant de fantasmes et aussi peu de repères amoureux. C'est à la limite du film expérimental, c'est décousu, confus, irrégulier, mais le tout détient une cohérence qui fait honneur au propos forcément passionnant sur le tourbillon cosmique qui sépare, rejoint, déchire, recolle, oppose et réunit sexualité et amour. Fatch!

La Question Humaine de Nicolas Klotz avec Mathieu Amalric, Michael Lonsdale (France - 2007) C'est tout un programme. Encore Mathieu Amalric... mais qui jouerait tous ces rôles bizarroïdes s'il n'était pas là? Tous ces films se feraient-ils, même? A part ça, difficile de parler de ce film particulièrement riche et remuant, et dont le titre n'est pas usurpé, loin de là. Car la Shoah tout comme l'entreprise, et le formatage de masse des hommes et la perte de sens du langage qui en sont les produits dérivés inévitables (ou bien les ingrédients indispensables?), sont profondément humains, désespérément humains peut-être, et ce n'est pas drôle de faire ce constat mais le nier serait encore pire. On ne passe pas un bon moment devant ce film sombre, à la limite de la misanthropie (le mot est faible) et de l'aigreur, mais la force de la mise en scène qui sort quasiment l'histoire du temps et de l'espace, ainsi que celui du propos (ého, la question humaine, quand même...), est à couper le souffle.

La Part animale de Sébastien Jaudeau avec Anne Alvaro, Niels Arestrup (France - 2007) C'est de l'OVNI. Et en plus c'est un premier film. Ce qui n'est pas anodin, vu le sujet et le scénario (de Sébastien Jaudeau également), et vu qu'en général les premiers films de réalisateurs français essaient plus de montrer ce dont ils sont capables de faire au lieu de montrer ce qu'ils ont envie de faire. Quand même fallait oser: faire une sorte de fable métaphysique autour d'un élevage de dindons, où ces animaux à la chair apparente fascinent et font peu à peu disjoncter les humains qui s'en occupent, au point de rendre le film quasiment irréel, alors qu'il est en grande partie d'une rigueur totalement documentaire... peu de réalisateurs confirmés auraient osé le faire, alors un débutant... Et même s'il n'est pas convaincant de bout en bout, certains passages étant plombés par des rebondissments improbables, c'est tellement bon d'ouvrir de grands yeux sur une folie pareille, tournée en décors naturels magnifiques, et rehaussée d'un Niels Arestrup toujours splendide.

Les Trois brigands (Die drei Räuber) de Hayo Freitag, Bettine von Borries, Achim von Borries avec Tomi Ungerer, Said Amadis (Allemagne - 2007) C'est du film d'animation pour (petits) enfants. Qui ne connait pas le génial livre éponyme de Toni Ungerer au graphisme si stylisé? Le tromblon, le soufflet à poivre et la grande hache rouge... ça évoque quelquechose? Les grands chapeaux noirs, le clair de lune, non? Toujours pas? Peu importe, le film qui s'en inspire est d'excellente facture (postproduit et distribué par Wild Side, garant de qualité), drôle, plein de petites surprises. Très beau aussi, le dessin original étant respecté et même embelli, de même que l'histoire, puisque tout ce qui n'est pas dans le livre est à la fois rigolo et touchant. Une très belle réussite, pas gagnée d'avance pourtant, car on pouvait quand même craindre qu'une adaptation d'un vrai livre pour enfants tourne à la boucherie.

I am Josh Polonski's brother de Raphaël Nadjari avec Richard Edson, Jeff Ware (France/USA - 2001) C'est du polar lo-fi. Non pas au niveau du scénario, excellent, mais plutôt au niveau de l'image et ce gros grain de super8 gonflé, et des moyens généralement mis en oeuvre ($80.000). A part ça, pour raconter une bonne petite histoire (celle d'un homme qui découvre puis se réapproprie la vie cachée de son frère, abattu sous ses yeux au début du film), pas besoin de plus de moyens, surtout quand on dispose de très bons acteurs et de New York en fond sonore et visuel.

La Nuit nous appartient (We Own The Night) de James Gray avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg (USA - 2007) C'est de l'histoire de familles. C'est vrai qu'il est un peu bizarre ce James Gray, faire des films policiers à la fois métaphysiques (encore une fois ici sur les liens familiaux, réels ou d'adoption) et réacs (la religion est omniprésente, la fin est à vomir de bêtise, au point d'être sifflée à Cannes, à croire que quelquechose m'a échappé, ou peut-être Gray est-il tout simplement dépressif). En tout cas, jusqu'à cette fin pénible, ce film est un réel délice, avec un rythme excellent, sans esbroufe ni effets, une maîtrise impressionnante de la tension et de la violence, des séquences d'anthologie (une poursuite en voiture notamment, à vitesse réduite, sous une pluie battante, filmée essentiellement de l'intérieur, étouffante, décomposée et floue comme un cauchemar, bref sublime), Eva Mendes à la fois vamp et housewife, bref sublime. Reste le dénouement, déprimant, dégoutant presque, qui laisse un sale goût dans la bouche (à moins qu'il y ait quelquechose de volontaire là-dessous?), mais qui n'empêche tout de même pas le reste du film de s'imposer comme un polar de très grande qualité.

Triple-double pour Dambusta

Le coeur des hommes 2 de de Marc Esposito avec Bernard Campan, Gérard Darmon, Jean-Pierre Daroussin, Marc Lavoine (France - 2007) C'est du compost organique bio. C'est une jolie façon de dire que c'est de la merde de gauche bien-pensante. Je connais pas grand monde qui avait vu le premier, à part moi, donc au moins je n'ai pas été surpris par le niveau du discours (car discours il y a, ça se veut vrai film de société, attention). Mais par contre je ne savais pas qu'il avait suffisamment bien marché pour qu'on en défèque un deuxième opus. Ca c'est fort. Parce que moi ces "hommes" (ben oui ils ont des couilles qui pendent entre les jambes donc force est de constater...), ils me donnent envie de gerber, si c'est ça un homme, je préfère être un animal. Et de les voir se débattre avec leurs soucis artificiels avec des femmes en carton-pâte dans des environnements bourgeois, leur cerveau reptilien, leur humour de garnison, leur amitié pseudo-virile et leur logique judéo-chrétienne de merde, ça me donne des frissons, ça me donne envie de me la jouer Scarface (c'est aussi parce que je l'ai revu hier soir), et de prendre un maximum de drogue avant de tuer tout le monde. Après j'irai danser au Bikini. PS: Et en plus, ils ont du trouver ça génial de faire de Darmon un supporter de l'OM. Ben oui c'est complètement ouf parce qu'en vrai c'est un gros fan du PSG, tu piges? Putain mais la première balle elle est pour lui.

Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel avec Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner (France - 2007) C'est beaucoup de pathos pour rien. Voilà, je crois que tout est dit, tout le monde connait cette histoire tragi-comique, à la fois incroyable et pathétique, arrivée, tenez-vous bien, au rédacteur en chef du magazine Elle! Un gars donc certainement pas très brillant qui s'est raccroché à la vie avec son bouquin, tant mieux pour lui et pour les gens qui l'aimaient. Je ne sais pas s'il y a quoi que ce soit à tirer de cette histoire, en dehors de l'anecdote improbable, et ce n'est pas ce film qui va nous aider, étant donné que Julian Schnabel n'en tire strictement rien, hormis du pathos, beaucoup beaucoup de pathos (mais vu que tout le monde connait déjà l'histoire...), un choix un peu original de souvent choisir le cadrage "vue par l'oeil du malade" qui tourne vite en rond, et pas mal de travail de Mathieu Amalric, qui a du bien se casser le cul pour faire ses grimaces, ça on peut pas lui enlever. A part ça, rien.

La traversée du temps (Toki wo kakeru shôjo) de Mamoru Hosoda avec Riisa Naka, Takuya Ishida (Japon - 2006) C'est de l'animation nippone top-qualité. Pour ceux qui ont vu Paprika, parait-il excellent mais imbitable, c'est le même réalisateur. Et ça a l'air plus compréhensible, rien de bien ésotérique ici, juste un scénario bien ficelé qui, sous prétexte d'une histoire de superpouvoir qui permet la maîtrise de l'espace-temps, parle à la fois d'amitié, de choix, en gros de la fin de l'adolescence. L'animation est magnifique (il a d'ailleurs eu plein de prix), les personnages sont attachants, le suspense est omniprésent, et même s'il n'y a pas de quoi se vriller le cerveau, y'a largement de quoi se divertir et d'y prendre du plaisir.

2 Days in Paris de Julie Delpy avec Adam Goldberg, Julie Delpy (France - 2007) C'est du choc de cultures. Aaaaaah les américains et la France, on n'en aura sans doute jamais fait le tour, un puits sans fond de clichés et d'incompréhensions. On pouvait craindre le pire de l'américaine d'adoption Julie Delpy, style règlement de compte avec la France, mais en fait pas du tout, le ton est très personnel et le film se concentre sur l'histoire de ce couple franco-américain pas vraiment serein. Adam Goldberg est hilarant en bon ricain à la fois acharné de l'hygiène et de l'auto-dérision, et Julie Delpy est tout à fait crédible, logique puisqu'apparemment elle se sert abondamment de sa propre vie (notamment en ce qui concerne sa famille). Et même s'il faut passer par des moments pénibles de lourdeur (quiproquos tirés par les cheveux, quelques bon gros clichés sur le "french lovers" quand même), c'est uniquement pour mériter de se délecter de certains dialogues très bien écrits et de quelques moments vraiment drôles et surprenants. Finalement une bonne surprise en fait.

Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud avec Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve (France- 2007) C'est de la balle d'animation. Il me semble que Vincent Paronnaud, c'est l'homme derrière cette sorte de publication proto-punk de bédé et art graphique qu'est Le Ferrailleur, ce qui expliquerait la qualité et l'originalité de l'animation et de la mise en scène. L'histoire et le dessin sont ceux de Satrapi et de son excellente série Persepolis (L'Association) bien sûr, et la collaboration de ces deux iconoclastes donne un résultat à la fois génial et présentable aux Oscars, ce qui est quand même un sacré tour de force. Vous rajoutez là-dessus des voix de premier choix (Deneuve, Chiara Mastroianni, Danielle Darrieux, Simon Akbarian) et vous obtenez un chef-d'oeuvre.

Delirious de Tom DiCillo avec Steve Buscemi, Michael Pitt, Alison Lohman (USA - 2006) C'est du conte de fée. Au début, ça commence comme Paparazzi, ce torchon d'Alain Berberian avec Vincent Lindon et Patrick Timsit, l'histoire d'un plouc qui colle une pourriture de paparazzi pour apprendre le métier, et puis ça dévie sur une histoire d'amour à deux francs entre le petit ingénu et une métastar, elle-même chair à canon de paparazzi. Voyez le topo? Je vous laisse deviner la suite. Pas très attirant... Malheureusement y'a pas grand'chose d'autre dans ce film, on avait connu DiCillo plus drôle, plus acide, là c'est simplement une gentile comédie romantique qui se termine bien, avec un très bon trio d'acteur, certes, mais ça ne suffit pas à faire un film de qualité.

Planète Terreur: un film Grindhouse de Robert Rodriguez avec Rose McGowan, Freddy Rodriguez (USA - 2007) C'est du cinéma qui jouit. Qui reculerait devant un film de zombie qui met en scène une jolie fille avec une énorme mitrailleuse à la place de la jambe? A mon avis, personne. Donc déjà, c'est bon signe. Après, c'est que du bonheur. Du bonheur pour les cinéphiles, que dis-je de la régalade de cinéphile, à base de références dans tous les sens, de dialogues écrits dans un grand fou rire, et de grattage de pellicule, mais aussi du bonheur pour les béotiens (sauf ceux qui seraient dégoutés que le film soit aussi abimé), qui ne peuvent que s'agenouiller devant autant de second degré, d'esprit punk et de tripes sauvagement étalées sur les murs. Et quand je pense que les deux films Grindhouse n'ont pas été classé Art et Essai, mais quelles bandes d'abruti(e)s condescendant(e)s, prêts à embrasser n'importe quel merde de Chabrol (continuez de lire), de Woody Allen ou de Scorsese, mais incapable de reconnaître les vraies expériences cinématographiques! Bâtards!

La fille coupée en deux de Claude Chabrol avec Ludivine Sagnier, François Berléand, Benoit Majimel (France - 2007) C'est le Chabrol de l'année. Faut pas l'empêcher de faire du cinéma à celui-là, tant qu'il peux, qu'il tourne, qu'il tourne, même en HD, qu'il s'amuse. Par contre de là à aller voir ces films... La fille..., on a le droit de passer à côté, c'est encore un film de vieux, avec un scénario cousu de fil blanc, avec des pervers qui n'en sont pas et des ingénues qui ne sont pas crédibles. Et en plus, c'est un remake. Tout comme L'Age de Glace d'ailleurs, on m'a expliqué que c'était un remake d'un film de Peckinpah, je sais plus lequel, avec 3 malfrats qui recueillent un jeune enfant. Ca vous en bouche un coin non? Enfin bref, ce film , sensé être glauque, sombre, sexuel, n'est rien de tout ça. Bon après c'est du Chabrol, la mise en scène est maîtrisée, maîtrisée à mort, maîtrisée jusqu'à la nausée; vous ne verrez pas une seule faute de raccord, même si vous ne vous endormez pas avant la fin.

En attendant Gomez vs Tavares II

Notre pain quotidien (Unser taglich Brot) de Nikolaus Geyrhalter (Autriche - 2005) C'est du docu. Elle est jolie l'affiche non? Il doit y en avoir plusieurs différentes parce que je ne crois pas l'avoir vue au cinéma. Le film aussi est joli, une suite de plans sans commentaire et très peu de mouvements de caméra ayant pour point commun l'idée de l'industrie agro-alimentaire occidentale (travail à la chaîne, dimensions pharaoniques, outillage froid et précis etc.). Mais il manque quelquechose. Il y a là la volonté de présenter quelquechose d'à la fois esthétique - la priorité reste le cadre, à tel point qu'on n'arrive pas forcément à identifier ce qu'on est en train de voir, encore moins saisir l'intégralité d'un processus de production - et brut - de l'image pure en son direct, sans aucun message, à part celui de constater, si besoin était (à mon avis il n'est pas), que tout ça est mécanisé, efficace, détaché de la Nature, mais aussi rempli de gens qui travaillent. Sans oublier que pour manger un steak, il faut tuer une vache, et ça, c'est pas anodin. Mouais, chais pas, moi ça me suffit pas. J'ai hâte de voir We feed the earth pour comparer.


Très bien merci de Emmanuelle Cuau avec Gilbert Melki, Sandrine Kiberlain (France - 2006) C'est de la comédie qui rit jaune. Aaah Gilbert, Gilbert, que de folies commises (potentiellement) en ton nom. Encore parfait dans ce film rigolo mais qui fait froid dans le dos, le Melki affiche la juste mesure de bizarrerie qui permet à son personnage de paraître tout à fait normal à vous et moi mais suspect, forcément suspect aux yeux de la Machine (et de ses électeurs apeurés)... La résonance avec la société actuelle est évidente: ignorance, simplification et catégorisation, négation des libertés individuelles, logique de non-sens, culture de la façade... Et voilà notre pauvre Gilbert projeté dans un engrenage kafkaïen tout à fait réaliste où tout le monde en prend pour son grade, police, santé, travail, rien à sauver (moi je rajouterais à la liste sa mollassonne de femme - Sandrine Kiberlain - qui est loin de mériter un homme aussi vivant). La première partie du film est donc assez politique et assez bien vue, la deuxième ("Gilbert se réinsère dans la vie") fait retomber le soufflé, mais pas assez pour gâcher la finesse du tout.


Le candidat de Niels Arestrup avec Yvan Attal, Stefania Rocca (France - 2006) C'est du film politique inoffensif. Et si je meure d'envie de reprocher à Yvan Attal l'échec piteux de ce film, il n'est pas le seul à avoir failli. Déjà, comment a-t-il pu être casté comme candidat à la présidentielle? Comment quelqu'un a-t-il pu croire que cet acteur de seconde zone allait pouvoir porter un rôle aussi lourd? Et comment ce scénario a-t-il pu être financé, si ce n'est sur le nom de Niels Arestrup? Mais plus grave, avec un scénario aussi léger (LE candidat se prépare à un débat télévisé contre son concurrent en s'isolant avec son groupe de travail, mais s'aperçoit peu à peu qu'il n'est qu'un pion sur un échiquier qui le dépasse...) comment n'a-t-on pas mis toutes les chances de son côté en prenant un vrai comédien qui puisse transcender l'histoire? Pas Yvan Attal!!! L'histoire n'est déjà pas crédible pour un sou, il n'est pas possible de confier le premier rôle à un type qui croit qu'il est arrivé et qui se repose sur deux ou trois faciès différents (concentration, étonnement, colère) pour faire sonner la caisse enregistreuse, meeeerde! On sent qu'il y a de la référence, qu'il y a un vrai essai de créer une ambiance, histoire de ne pas se voir reprocher le peu de vraisemblance de cette histoire, mais bon c'est beaucoup trop peu.

After the wedding (Efter Brylluppet) de Susanne Bier avec Mads Mikkelsen, Sidse Babett Knudsen (Danemark - 2006) C'est du mélo nordique. Mais où l'Inde est très présente. Bon ici il n'est pas question de raconter quoi que ce soit à propos de l'histoire, franchement excellente, puisque ce serait gâcher le côté progressif du grand déballage que l'on découvre en même temps que le principal protagoniste (et ça, qu'est-ce que c'est bon quand ça fonctionne). Du choc émotionnel, y'en a, des larmes aussi, des tiraillements, des choix, des vilains secrets et des belles saloperies, de super comédiens aussi (mais ça dans les films danois on a l'habitude). Par contre, ça a beau être tourné en numérique et vraisemblablement en son direct et lumière naturelle, on a beau penser à Festen en lisant le titre et quelques lignes de résumé, on est loin d'un film Dogme et on est très loin de la pure perversion punk du film de Thomas Vinterberg. Susanne Bier choisit plutôt de piocher dans cette magnifique pensée du cinéma et de s'en servir pour augmenter la puissance et la beauté de son film, collant aux acteurs et à l'environnement, mais dans une démarche esthétique et narrative tournée vers le spectateur plutôt que vers la théorie artistique. Je n'en dirai pas plus, si ce n'est de se laisser faire par un peu de pathos, ça n'arrive pas si souvent.

"beaucoup de bien à tous...même si c'est la fin d'un monde"


Le TFC en LDC!!! On ne s'en remet pas.

PS: Cleveland en 7, San Antonio en 5!!!!?
PPS:Bjarne Riis

Mais des fois, vaut mieux vaut penser à ça qu'à autre chose.

Dans une autre dimension (Jackie Chan te parle)

Sun_sushi_1.jpg] "Tout ça pour moi? Tout? Ca veut dire que je peux me vautrer dedans et rêver du Barca au Stadium? Mmmmmmmm ça a l'air délicieux, y'en a trop, je pourrai jamais le finir mais vraiment, ça a l'air délicieux. C'est vrai je peux me jeter dedans?"

(Jackie Chan sez "click me please!")

<s>Erik Zabel</s>

[/IMG]Comme si ça nous intéressait encore. Non ce qui nous intéresse c'est le magnifique match du TFè qui se relance dans la course à l'Europe en allant gagner à Nantes (déclenchant d'ailleurs la joie de centaines de supporters nantais qui sont venus fêter ça sur le terrain dès le coup de sifflet final). C'est vrai qu'il y avait de quoi être content. En gros si les TFècistes battent les "Girondins de Bordeaux" samedi soir ils ont de très bonnes chances d'être européens voire même, concours de circonstances aidant (pas plus de précisions, j'ai pas mes notes), qualifiés pour le tour préliminaire de... LA... CHAMPION'S LEAGUE!!! Pour le coup - et dans les deux cas de figure - ce serait presque une blague, se qualifier comme ça d'une épaisseur de boyau après avoir bénéficié d'une rétropoussette un peu limite, et ça impliquerait que les ronds-de-cuir se bougent grave le cul pour 1. garder les joueurs principaux de cette saison 2. recruter Philippe Mexès, Vikash Dhorasoo, Romario, Mario, Luigi, Laure Manaudou et Freddy Adu 3. prier pour le mieux.
Mais ce sont des problèmes que l'on souhaite à tous les clubs, a fortiori à ceux auxquels on tient.

Ca y est on peut y penser

...à l'année prochaine. Maintenant que le TFè a lamentablement raté sa dernière (et meilleure) occasion d'accrocher une place en Ligue des Champions, on peut commencer à se demander qui doit partir et qui doit rester. Mais d'abord le match contre Le Mans: sans inspiration, les toulousains se sont logiquement inclinés face à des manceaux qui jouaient sans complexes, incapables notamment de surmonter une première période catastrophique qui se terminait sur un 0-0 généreux pour les violets. Le but du Mans est de plus magnifique, et sur ce match, c'est Le Mans qui devrait jouer l'Europe, pas Toulouse. Elie Baup doit être ravi de la performance de ses joueurs, qui font donc un non-match dans une rencontre à enjeu comme on en dispute finalement peu dans une carrière. Individuellement, on peut en sortir quelques-uns du lot: Fabinho inexistant et sorti à la mi-temps n'a pas le niveau, Mansaré mal utilisé ou pas en jambes s'est fait manger par l'excellent Frédéric Thomas, et je persiste à penser qu'il ya un problème défensif avec les latéraux Ebondo et Mathieu qui sont bons quand l'équipe domine mais qui sont incapables de serrer le jeu quand l'équipe est à la peine. Et comme on ne les a quasiment pas vu prendre le couloir pour attaquer, on peut se demander à quoi ils servent... mais aussi si l'intérêt qu'ils suscitent chez d'autres clubs ne les a pas fait décrocher mentalement, déjà qu'ils n'ont pas l'air bien costauds... Emana en a trop fait, retombant dans ses travers des saisons précédentes, et lorsque ni Mansaré, ni Emana, ni les latéraux ne font de différences, eh bien il ne se passe rien dans cette équipe.

Un peu de noir et blanc

The Good German de Steven Soderbergh avec George Clooney, Cate Blanchett, Tobey Maguire (USA - 2007) C'est du film noir. Un vrai film de genre à mettre à l'actif de Soderbergh qui ne nous avait pas habitué à autant de nuances de gris, vu qu'il est habituellement plutôt porté sur la couleur (attention scoop!). Heureusement les personnages sont parfaitement ficelés pour rentrer dans les canons du genre: le reporter/privé qui se fait tabasser à longueur de film et qui en porte rapidement les stigmates (Clooney), la femme fatale mystérieuse et ambigue de bout en bout (Cate Blanchett parfaite), la petite frappe qui ouvre inopinément la boîte de Pandore (Tobey Maguire) et une ribambelle de sympathiques et/ou antipathiques seconds rôles russes et américains, ce qui n'est pas anodin vu qu'on se trouve à Berlin post-guerre (pas encore de Mur) au moment de la signature des accords de Potsdam sur le partage de l'Europe entre vainqueurs (et pendant ce temps De Gaulle fulmine). La ville est en ruines (mettre ici une image d'archive), les Allemands crèvent de faim sous le nez des GI's et les trafics en tout genre sont légion. C'est déjà sordide mais l'ami George, nez au vent et casquette militaire de guingois (uniforme obligatoire, même pour la presse), sent bien qu'il se passe des choses encore plus graves... et largement de quoi nous tenir l'esprit en éveil et les fesses collées au fauteuil.

Dark Horse (Voksne mennesker) de Dagur Kari avec Jakob Cedergren, Tilly Scott Pedersen (Islande/Danemark - 2007) C'est du aigre-doux nordique. Esthétiquement, le choix du noir et blanc (à part un flash en couleurs) pour un film aussi délirant ça n'est forcément pas gratuit, mais de là à avoir une explication... Peu importe, le personnage de loser magnifique qu'est le déguigandé Daniel graffeur-irresponsable-dyslexique ainsi que celui de Papy son pote obèse obsédé par l'idée de devenir arbitre de foot (entre autres) sont franchement drôles. Et même si la réalité rattrape un peu le film dans sa seconde moitié, avec un personnage bien plus sombre suivi en parallèle et puis une histoire d'amour aussi, et ça forcément ça oblige à prendre des mesures drastiques... et bien malgré tout ça le film reste ancré une sorte de gentille léthargie, agréable, lointaine, presque sensuelle, presque floue. C'est mignon, c'est dépaysant, c'est bien réalisé, avec une vraie réflexion sur les cadrages et un vrai travail de dialogues, moi je dis que c'est un petit film très sympathique.

Post coïtum

OK donc le TFè a perdu à Rennes après avoir eu le match en main, perdu à la maison contre le PSG (qui lui s'est quasiment sauvé par la même occasion), perdu à Lens alors qu'ils auraient du au moins ouvrir le score, s'éliminant en trois matches de la course à la Champion's League (mais pas encore de l'UEFA) bref si la montée fut bonne , on peut se considérer en pleine descente à l'heure actuelle, tout en se disant qu'on reprendrait bien une dose. Mais non, car aujourd'hui le frisson de l'orgasme sportif se trouve ailleurs. A Oakland (Californie), ils y ont eu droit il y a quelques jours avec l'élimination par les Warriors locaux du grand Dirk et de sa bande, pourtant largement favoris - c'est peu de le dire - dans la course au titre NBA. Pietrus a apporté sa petite pierre à l'édifice (8 points, 8 rebonds dans le match 6 décisif) et il peut légitimement considérer qu'il va avoir un rôle à jouer si son équipe veut battre Utah au tour suivant. Y'a eu aussi le combat De La Hoya - Mayweather samedi soir, mais pour le coup bien trop anticlimactique par rapport à l'anticipation qu'il y a eu autour pour qu'il fasse trembler l'orgasmotron. Non, tout ça c'est très loin derrière LA nouvelle de la semaine dernière: tous à Athènes, où il y aura, pour de vrai, une revanche de la finale mythique de Champion's League d'il y a deux ans lorsque les Reds de Benitez avaient donné une leçon de mental à l'anglaise à l'AC Milan qui menait pourtant 3-0 A LA MI-TEMPS!! Dramatique... Et la performance des rossoneri - revenir deux ans après en finale - est d'autant plus louable. Mais y'aurait-il eu un adversaire qu'ils auraient préféré affronter en finale? Certainement pas... Voilà ça c'est du lourd, du très lourd, impossible d'y échapper. D'autant qu'il y a deux ans je n'en avais vu que la séance de tirs aux buts, désespéré en imaginant ce que j'avais du rater... Impossible d'échapper aussi au constat que Lyon est encore très loin d'atteindre ce genre de régularité et faire enfin vibrer la France entière.

TFC forever (mais qu'est-ce que je vais trouver comme titre après leur victoire à Rennes?)

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Merci aux Cahiers du Foot pour le logo détourné, même si leur article/abécédaire sur le TFè, soi-disant écrit par des toulousains, est vraiment faiblard. Très peu d'humour, pas d'amour, des oublis énormes, ça sent le truc écrit sur le coin d'une table de salon à l'heure de l'apéro.
Donc Rennes se profile, il faudra y gagner d'autant que le club breton aura joué mercredi contre Lyon et que, après tout, ce serait logique vues les motivations des deux équipes. Par contre, il parait que tous les ans le TFè prend une trempe Route de Lorient, et ce genre de passif n'est jamais facile à surmonter, donc le comptable/supporter pourra se contenter du nul. Le joueur, lui, bien sûr que non.

Mais surtout surtout ne pas penser à l'année prochaine, ne pas penser à l'année prochaine, ne pas penser à l'année prochaine, ne pas penser à l'année prochaine, ne pas penser à l'année prochaine, ne pas penser à l'année prochaine...

Et puis, le PSG va-t-il définitivement enfoncer Nantes et se sauver (à peu de chose près) du même coup?