My Opera is closing 3rd of March

Concertitude

Des concerts et des mots.

J'ai fait un cauchemar...

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Je me réveillais un matin, à l’aube. L’aube vosgienne. Onze du matin quoi. Les cloches voisines venaient de carillonner et le gazouillis des oiseaux reprenait le dessus en ce matin si printanier. L’air était déjà chaud et la douce odeur du café commençait à chatouiller mes narines. Le caractère tentateur du petit déjeuner devenait de plus en plus fort. Cependant, je ne pouvais pas me départir de la simple idée d’aller me doucher au préalable.

En entrant dans la salle de bains, je mettais en route la radio qui trônait là. Tiens, je n’avais jamais remarqué qu’il n’y avait qu’un bouton sur cette radio : ON/OFF. Je la mis en fonction. Aussitôt une logorrhée vint se déverser dans mes oreilles. Un flot de notes, en apparence désordonné. Bien que mon esprit fut encore embrumé, je reconnu non sans mal, un saxophone soprano. En revanche, je n’arrivais pas à reconnaître la mélodie. En fait, il n’y avait pas de mélodie. Les notes étaient là, la partition devait aussi être présente devant le saxophoniste, mais peut-être était-il aveugle ? On a bien eu de grands pianistes de jazz aveugles après tout. Sur ce constat singulier, je m’apprêtais à changer de station, pensant qu’un facétieux m’avait fait une farce : Impossible. Il n’y avait pas de possibilité de changer. En fait la radio ne diffusait qu’une chaine. Résigné, je laissais les notes s’écouler, comme les gouttes d’eau sortant du pommeau de douche.

Je sortis de la salle de bains, mu par le désir irrépressible de me livrer à la consommation du breuvage magique qui réveille de temps en temps le neurone affecté à se rendre ensuite au travail. Cette histoire de radio pré-programmée me trottait dans la tête. « C’est quand même bizarre que je n’ai jamais remarqué ça ». Arrivé dans la pièce, évidemment, j’allumai instinctivement la radio. Et là, pareil. Au lieu d’entendre les commentateurs et chroniqueurs habituels, à nouveau un flot de notes se bouscula contre les grilles du haut parleur pour sortir toutes plus vite les une que les autres. On se serait cru un jour de soldes aux galeries Lafayette.

Cette fois encore, impossible de régler une autre station. Le bouton idoine avait disparu. D’ailleurs, avait-il jamais existé ? A nouveau sous le coup de cette étrange question, mais un peu plus lucide que tout à l’heure, je coupai immédiatement la source de cette invasion acoustique. J’eu au moins le loisir de boire mon café en paix.

Evidemment, dans la voiture, en me rendant au travail, le phénomène continuait. L’autoradio avait subi le même outrage. Bien sûr, par reflexe je cherchai mes CD de MP3 divers et variés. Ils avaient tous été remplacés par des CD oranges. Tous identiques. Je les connaissais déjà trop ces CD. Ils étaient « L’anthologie du Free Jazz » et étaient distribués gracieusement par le « Ministère de la Culture, du Bien-être Social et de la Bière ». J’en avais entendu parler mais c’était ce matin que je réalisais à quel point ce ministère était présent et bien implanté dans ma vie quotidienne.

Par bribes les souvenirs revenaient : Le « Ministère de la Culture » avait été remanié. La première opération avait été de nationaliser Orange (tiens, encore) puis tous les fournisseurs d’accès à internet qui se retrouvait sous la coupe de ce ministère. Ensuite, le Ministre fraichement nommé avait reçu sa lettre de mission : « Evangéliser le peuple à la musique ». Aussitôt Hadopi avait été abrogée et le téléchargement illégal redevenait légal. En revanche, le ministère s’occupait des contenus. Des dizaines de millions de notes de musiques avaient été déposées sur les serveurs et le téléchargeur composait ainsi lui-même la musique en la téléchargeant. La nouvelle culture était en route. Les radiodiffuseurs n’avaient plus de raison d’être. Un seul avait été préservé pour desservir les derniers auditeurs de se vieux média qu’était la radio.

Soudain, parmi les souvenirs qui me venaient à l’esprit j’aperçu le visage de notre nouveau Ministre de la « Culture, du Bien-être Social et de la Bière ». FRANPI !!!!!!!!
Le choc fut rude… heureusement je me réveillai brusquement. En sueur, haletant…. Mon radioréveil venait de se mettre en route en beuglant le dernier tube des Ting-tings. J’étais rassuré. Je me levai avec un drôle de sourire….


Photo spéciale dédicace à notre ministre préféré wink : On trouve vraiment de tout dans les distributeurs japonais



Enfantillages à l'OlympiaMême au Japon on peut survivre

Comments

Unregistered user Tuesday, November 10, 2009 7:31:28 AM

Franpi writes: The Revolution will not be televised ;-) Disques oranges POWAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !

Unregistered user Wednesday, November 11, 2009 2:50:51 PM

Anonymous writes: En plus, maintenant que mes tweets sont repris dans Libé, franchement ! c'est le début de la reprise en main de ce pays ;-)

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