My Opera is closing 3rd of March

Concertitude

Des concerts et des mots.

Plaidoyer pour un cul de bouteille

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C’était par une bête après-midi nonchalante de 2005. Je venais d’acheter un 300D en kit. Il était donc livré avec un grip et un objo 18-55 USM. Je me doutais déjà qu’avec ce genre de matériel j’allais franchir un pas qualitatif par rapport au S1IS que je possédais déjà. D’ailleurs, l’avenir proche me donna raison. Le S1IS fut revendu promptement.

(La séparation est décrite ici : http://www.planete-powershot.net/forums/topic__topic_10074_page_1.html)

Bien sûr, avec le 300D et le 18-55 j’avais un kit de base pour découvrir le monde des réflex. Mais tout de suite, je me rendis compte que la longue focale que me permettait le bridge que j’abandonnais me manquerait. C’est à ce moment là que la providence frappa à mon huis. En fait la providence fut incarnée par un ami et il ne frappa pas la porte. C’était juste une métaphore pour exprimer mon contentement de l’avoir ce soir là au téléphone.

Au cours de la conversation dont je ne peux retranscrire ici l’intégralité à la fois par manque de place et surtout par manque d’intérêt pour l’histoire, celui-ci me confia que dans son magasin, on déstockait un 90-300 Canon pour une somme modique. Avant même de vérifier la qualité de l’objo où les avis d’autres possesseurs, je lui indiquai mon envie de devenir propriétaire du joujou. Ce qui fut dit fut donc fait et quelques jours plus tard, j’entrais en possession d’un nouvel objectif pour mon 300D.

Avant même de recevoir le caillou, je regardai les avis sur Internet. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’était très partagé : « un objo bas de gamme qui vous en donnera pour votre argent, mais pas plus », « un très bon objo pour entrer dans les longues focales à moindre coût », etc …. Alors, évidemment, rien de tel que le test par soi même pour en savoir plus. Ce qui me frappa tout de suite c’était le poids de l’objet. Il était très léger. Donc forcément, beaucoup de plastiques. Ce n’est pas un objectif de la série L et ça se sent tout de suite. Je commençai donc à l’utiliser pendant toute les sorties photos. Histoire de le connaitre un peu mieux. Un constat s’imposa au bout de quelques séances : Il ne valait pas grand-chose au-delà de 200 mm. A ces focales très longues, l’image devenait mollassonne, grisâtre et très peu lumineuse. Même la retouche ne permettait pas de sauver les clichés. J’en déduisis que j’utiliserais maintenant cet objectif dans la fourchette 90 à 200 mm et que les focales supérieures ne seraient qu’une solution de « secours ».

Et grand bien m’en pris : à 90 mm, les clichés sont bien lumineux et surtout bien piqués. Et c’est ainsi jusqu’à 150 mm. Ca se dégrade ensuite un peu jusqu’à 200 mais reste largement correct. Il ne faut toutefois pas demander l’impossible, si les photos sont faites en basse lumière, cet objectif est complètement hors circuit. Sa plage de luminosité allant de 3.5 à 5.6 ne le rend adapté qu’à des scènes emplies de lumière.

C’est avec toutes ces limites en tête que je continuai à l’utiliser régulièrement. En 2007, en Irlande, après une randonnée quelques peu fatigante, où il avait fallut conjuguer des talents de grimpeur et de marcheur sur des éponges remplies d’eau, je revenais à la voiture. Allongé par terre pour reprendre un peu de force pendant que mes collègues sautaient et courraient partout (ben oui, ils avaient la forme eux) je vis un rouge gorge s’approcher de moi. Peu farouche, peut-être était-il myope et trouvait que la miette posée par terre était de fort belle taille. En tout cas, il approchait. Je saisis donc mon appareil qui était équipé du 90-300 à ce moment là et n’ayant pas le temps de changer d’objo, descendis la focale à 90 et shootai la bestiole qui me défiait de son regard froid.

http://www.planete-powershot.net/gallery/photo__photo_22299.html


Une autre fois, en 2008 cette fois, c’était à la gare de Kyoto. Nous résolûmes de faire des photos des gens qui passaient dans les couloirs de la gare. Quoi de mieux que de se percher et de s’éloigner pour pouvoir surprendre des attitudes ? Ce que nous fîmes donc illicotement. Le manque de lumière fut compensé par le fait d’appuyer l’objo sur la rambarde du balcon où nous nous trouvions. Quelques rafales furent faites afin d’arriver à obtenir l’effet recherché : Des personnages immobiles noyés dans le flux des passants qui sillonnent la gare.

http://www.planete-powershot.net/gallery/photo__photo_24524.html


Il y a quelques jours, dans un élan de narcissisme aigu, je regardais les photos que j’avais posté sur PPS. Et en voyant les deux plus hautes notes, je constatai qu’elles avaient été faites avec ce 90-300. Le 18-55 3.5/5.6, le 50 1.8, le 28 1.8 n’ont pas eu cet honneur. Le 90-300 que beaucoup considère, à raison si on le compare à un 70-200 4L, comme un cul de bouteille, m’a permis d’avoir mes deux meilleures photos sur PPS. Ce n’est pas le plus lumineux, ni le plus cher (en fait je l’ai payé 80€ neuf donc) mais il rend de grand service en connaissant ses limites et ses usages.

Voilà, je tenais donc à rendre hommage à ce « cul de bouteille » et ainsi rassurer ceux qui voudraient se laisser tenter par ce genre d’objectif.

Patrick Sébastien à Taratata ?Visite de la Chapelle Sixtine

Comments

Unregistered user Tuesday, March 2, 2010 9:47:02 PM

Franpi writes: Et tu fais bien... J'ai fais mes premières armes avec ce truc, avant qu'il ne s'éclate je ne sais où. C'était en 1993. Je le regrette :) Par contre tu parles d'un site nommé PPS partout dans cet article. C'est quoi ? J'aime bien la photo et l'absence d'ego, et je pourrai être interessé ;-)

LBDV Wednesday, March 3, 2010 9:06:31 AM

PPS est un site photo où il faut avoir un égo surdimensionné pour admirer ses propres photos (comme moi) et où le fait d'être modérateur permet de faire taire toutes les autres voix que la mienne. smile

bigsmile

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