Carte Musique Jeune. Pink Floyd remixe 'Money' en 'Monéo' ?
Friday, October 29, 2010 6:19:03 AM
Ce qu’il y a de bien avec la France, c’est la constance à se fourvoyer dans des solutions qui sont morte avant même d’avoir démarré. J’ose espérer que cela est du à un seul et même mec, embauché comme chef de projet dans un quelconque ministère, et qui tourne entre ces ministères par le jeu de mutations en attendant de pouvoir faire ses preuves.
Ce gars, donc, avait eu la superbe idée d’inventer Monéo. Monéo fonctionnait comme un ajout à nos cartes bleues, mais ne pouvait pas fonctionner comme elle. Non, ça aurait été trop simple pour l’utilisateur final. Il fallait donc que ce soit un brin plus compliqué : Il était nécessaire de la recharger spécifiquement, son usage impliquait que le commerçant soit équipé d’un terminal dédié qu’il devait acheter. Bref, une vraie bonne idée à la con. Personne n’avait envie d’aller recharger une carte alors que, puisqu’il fallait aller à un point de recharge, il suffisait d’y retirer de l’argent sonnant et trébuchant, avec la certitude de pouvoir l’utiliser puisque non assujetti aux investissements éventuels d’un commerçant.
Et voilà que notre brave chef de projet à eu une autre idée lumineuse : La carte musique jeune. Il s’est sans doute dit que pour empêcher les jeunes de voler de la musique, il suffisait de la leur faire acheter. Mais bien sûr. Tout le monde peu d’ailleurs faire l’expérience : Un primeur qui se fait voler des fruits sur son étal va immédiatement diviser leur prix par deux pour ôter toute envie aux voleurs de venir lui piquer la marchandise. Si ça fonctionnait ainsi, ça se saurait. En fait, en plus d’être absurde, c’est compliqué. Le jeune (appelons-le comme ça pour utiliser la classification ministérielle) devra acquérir une carte contre la somme déjà substantielle de 25 €. Avec cette carte il pourra , en théorie, aller se servir en musique à télécharger chez tous les vendeurs de musique numérique dans la limite de 50 morceaux. Sauf que, comme la contribution reversée par l’état à ces revendeurs est limitée, eux même limiterons le service. Du coup, le jeune devra ruser pour pouvoir obtenir ce qu’il souhaite car des quotas ou des limitations verront vite le jour. Et dans ce cas, tant qu’à ruser, le jeune il continuera à télécharger illégalement parce que c’est bien moins cher et plus pratique vu que « tu trouves ce que tu veux sur internet» (sic).
Et paf, encore un coup d’épée dans l’eau. Quand les énarques et autres cols-blancs voudront bien sortir des ministères pour d’autres choses que des vernissages pompeux dans le 7éme arrondissement, et qu’ils se coltineront des concerts dans des petites salles, ils constateront que la réalité est loin de ce qu’ils imaginent et adapteront peut-être un peu plus leur discours et surtout leurs solutions. En attendant, Monsieur le chef de projet de Monéo et de la Carte Musique Jeune, je vous souhaite un bon avenir professionnel et j’attends avec impatience votre nouveau bébé qui ne manquera pas de nous surprendre. Je n’en doute pas.






Unregistered user # Friday, October 29, 2010 7:17:11 AM
Unregistered user # Friday, October 29, 2010 11:35:12 PM