My Opera is closing 3rd of March

Concertitude

Des concerts et des mots.

Un poney nommé Daisy.

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L’attaque des poneys morts vivants.


J’ai fait un cauchemar hier. Je ne sais pas si ça vient de ce que nous avons écrit dernièrement sur le blog lors de nos fameuses séances de pourrissage mais j’ai comme l’impression que oui. Ou alors c’est l’esprit de Franpi ou de Garance qui entre en moi pour y accomplir une vengeance digne de ce nom. Que Franpi se venge, je veux bien le comprendre, mais Garance…. Elle n’est pas encore un peu jeune pour se venger de la sorte ?

Dans mon songe, j’étais dans une forêt dense. Une de ces forêts dont on ne voit pas le bout. Qu’on aille dans n’importe qu’elle direction, on n’atteint jamais la lisière. Je ne sais pas quand et comment j’étais arrivé là. Toujours est-il que je courais à perdre haleine droit devant moi, espérant apercevoir la lisière. Mais jamais elle n’apparaissait. Bien au contraire : Plus je courais, plus la végétation s’épaississait. Les arbres, avec leurs hautes statures, empêchaient la lumière de pénétrer sous les frondaisons. La canopée n’était trouée que très sporadiquement et seuls de maigres rais de lumière pouvaient percer de ci et de là. En dessous, là où je me trouvais, la pénombre régnait en maitre. La seule couleur que je parvenais à distinguer c’était les feuilles oranges des massifs de ronces qui me lardaient la peau des mollets lors de mes courses effrénées. Car je courais encore, toujours. Mais jamais je ne voyais le bout. Et chaque fois la végétation m’entourait, comme pour me prendre dans ses bras et m’empêcher de partir. Bien sûr, les blessures infligées par ces arbustes à feuilles orange devenaient à chaque fois plus larges. L’atmosphère n’était pas réjouissante, mais ce n’était rien en comparaison de ce qui allait arriver.

Tout occupé que j’étais à chercher une issue dans cette végétation, je n’avais pas entendu ce qui se tramait derrière moi. Mais alors que les arbustes s’étaient densifiés au point que je ne pouvais plus passer, je me retournai pour partir dans l’autre sens quand je vis l’inimaginable :
Une armée de poneys me faisait face. Eparpillés sous les arbres, les naseaux fumants ils me fixaient. Dans leur regard je voyais le reproche « Pourquoi n’aime tu pas le frijase ? ». Le détail qui m’a interloqué un peu plus c’est qu’ils arboraient tous une queue et une crinière arc-en-ciel qui venaient souligner leurs robes baies. ‘Des poneys arc-en-ciel’ me dis-je avec une lucidité qui m’étonna moi-même. ‘Il ne manquerait plus qu’ils fassent caca des papillons’. Aussitôt dit, aussitôt fait. Les équidés, toujours en me fixant avec un regard lourd de reproches éjectèrent une nuée de papillons multicolores. La forêt se rempli de couleurs. C’était aussi beau qu’un lâcher de montgolfières, mais en plus petit. Cependant, la création de papillons eu pour effet d’alléger les poneys qui se mirent à voler, à dériver autour de moi, toujours en me fixant. Le reproche, marmonné par ces centaines de poneys parvenait toujours à mes oreilles : « Pourquoi n’aimes tu pas le frijase ». C’est à ce moment là que j’ai tenté de me pincer pour me réveiller.


Ca n’a pas du tout eu l’effet que j’avais escompté. Certes, ça m’a fait mal, mais je vis qu’en fait, c’était les arbustes à feuilles orange qui s’étaient approchés de mes chevilles et dont les épines entraient dans ma peau. Je fis un saut en avant pour me dégager. A peine avais-je retrouvé l’équilibre qu’en face de moi les poneys avaient changé de formation de vol. Plus précisément, ils avaient décidés de se poser. Quelques papillons voletaient encore mais s’éloignaient à tire d’ailes. Je me retrouvais seul face à une bande de poneys arc-en-ciel. Comprenant que je ne pouvais fuir à cause de la végétation, je m’apprêtais à en découdre avec eux. Gamin j’avais massacré un Petit Poney en lui mettant des pétards à des endroits que la décence m’interdit de mentionner. J’avais allumé les mèches et regardé avec délectation ainsi que curiosité le résultat. Ma grande sœur de 2 ans mon ainée n’avait pas apprécié. C’était son Petit-Poney. Toutefois, fort de mon expérience en destruction de Petit-Poney, je me faisais fort de massacrer la bande qui se trouvait en face de moi. Et ceux-ci n’appartenait à personne. Du moins, à ma connaissance. Mais les choses ne se passèrent pas comme prévu.

Au lieu de se jeter sur moi, les poneys se déployèrent autour de celui qui semblait être le chef. Il était habillé d’un bombers rouge et en plus de sa crinière, il arborait une magnifique mêche en accroche cœur frisée. De plus il avait une boucle d’oreille en or sur l’oreille gauche. Ce poney pris les commandes du groupe. Il se dressa sur ses deux pattes arrière et commença à chanter en se tenant les testicules avec les sabots. J’étais surpris mais en même temps terriblement impressionné : Chanter en se tenant les testicules avec des sabots, c’est couillu. Les autres poneys l’imitèrent dans la gestuelle. Et tous en chœur ils entonnèrent la chanson ‘Raspoutine’. ‘Mais pourquoi cette chanson’ essayai-je de comprendre, tout à ma surprise. ‘Mais bien sûr’ fis-je, tel un inspecteur Bourrel du surnaturel, c’est la seul chanson que les Poney aiment.

Je ne savais pas comment arrêter cet horrible spectacle. Une bande de poneys se trémoussant en face de moi en chantant d’horribles chansons. Tout ça pour me punir de ne pas aimer le Frijase. Que faire…. Cet alors que les épines des arbustes à feuilles oranges pénétrèrent encore un peu plus profond dans ma chair. Comme pour me dire « Eh Oh… on est là nous, on peut t’aider ». Je tournai la tête, regardai ces arbustes. En regardant de plus prêt je pus me rendre compte que les feuilles étaient en fait des CD orange. J’arrachai le premier venu. C’était un solo d’Anthony Braxton. Je l’accrochai à une branche et le contenu du disque commença à se répandre dans la forêt. C’était un solo de saxophone ténor, plaintif et décousu. Les poneys furent d’abord surpris. Ils arrêtèrent presque immédiatement leurs danses et leurs chants. Puis je vis leurs yeux s’agrandir démesurément. L’effet de la terreur peut-être ? Leurs corps rétrécissaient à vue d’œil. Ils devinrent de plus en plus petits jusqu’à se transformer en papillons de toutes les couleurs. Ils s’envolèrent et disparurent dans la végétation. Je restai seul avec ce disque de Braxton et les chevilles qui me démangeaient.

En me réveillant le matin. Je me promis d’entamer une thérapie. Ca commence à vraiment devenir nécessaire.

La malédiction de l'Ouzbékistan.L'invention du jogging

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