Anyone Can Play Guitar
Friday, November 3, 2006 10:09:14 AM
Parce qu'il sait, parce qu'il a meilleur goût que vous, Pif, magnanime, a décidé d'évoquer quelques guitaristes certes reconnus mais méconnus. Parce que généralement, quand on fait des tops, des highlights, il y a tous les clichés et les chapelles (un guitariste de jazz est forcément meilleur qu'un guitariste de rock, mais plus chiant, etc etc). Alors bon. Merde. Chuis au-dessus de ça.
Dean De Leo
Guitariste des défunts Stone Temple Pilots, sa tendance naturelle est au gros riff à l'unisson de la basse de son frangin. Cependant, au cours des albums, il aura exploré les sonorités plus classic rock et folk-rock, toujours au service de la chanson, et aura su s'éloigner du son saturé surproduit et radio-friendly (surtout sur Tiny Songs... From the Vatican Gift Shop Ses interventions solo sont souvent sobres et de bon goût. La reprise respectueuse, bien que sans folie, de Dancing Days de Led Zep me conduit à affirmer qu'il y a une pointe de Page chez De Leo, dans son rôle d'accompagnateur talentueux. Quand le son devient plus crunch crade, on retrouve un zeste de Beck. Les errements supposés et réels du groupe et sa mauvaise presse ne rendent pas hommage à ce musicien
Alain Johannes
Le bonhomme fut le premier guitariste avant les Red Hot Chili Peppers, juste avant. Je n'ai pas mis la main sur les enregistrements de cette époque, mais quand on connaît l'univers du bonhomme, c'est assez intriguant... Peu après, il rencontre Natascha Schneider, claviériste russe de formation classique à la voix grave et sensuelle, et la présence du même genre, je vous dis pas. Les deux s'empressent de forniquer et de fonder Eleven, qui est donc logiquement leur bébé.
Maîtrisant le vocabulaire du gratteux de rock, Johannes est aussi un émule des lignes sinueuses à la Adrian Belew ou Reeves Gabrel. Selon lui, dans les années 80, quand un producteur voulait du Belew mais n'avait pas le budget, il appelait Johannes, ce qui ne veut pas dire que monsieur soit un simple copiste.
Flamboyant, expérimental ou sobre et classique (parfois, mais rarement, trop pop à mon goût), il mène la barque Eleven à son rythme tout en se liant d'amitié avec nombre de musiciens de la côte Ouest. Résultat, ils traine sur les Desert Sessions de Josh Homme (Kyuss/Queens of the Stone Age), livrant à lui tout seul le magnifique Making a Cross sur le volume 8 desdites sessions. Le lineup '98 d'Eleven (avec le puissant batteur Greg Upchurch) nous balance Avantgarde Dog avant de devenir le backing band de Chris Cornell en solo pour l'album Euphoria Morning, sur lequel le simple mais superbe solo du break de Moonchild devrait vous convaincre, sinon je ne vois vraiment pas quoi faire. Schneider et Johannes donnent ensuite naissance à l'album Howling Book avant de rejoindre les Queens de l'âge de pierre pour l'album et la tournée Lullabies to Paralyze. On notera leur participations au précédent Songs for the Deaf, le morceau Hanging Tree étant issu des Desert Sessions avec Mark Lanegan, dont je ne dirai jamais assez de bien, et Schneider prétant quelques secondes sa voix, brrRrRrrRrr.
On devrait donc en réentendre parler, tout de même. C'est pas un mal.











