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Ca commence à se voir

C'est pas parce qu'ils l'ont fait que je vais pas le faire

Posts tagged with "Police"

The brutality of plastic existence

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Fragments du monde de demain d'aujourd'hui



#1


"Les gendarmes leur ont demandé de ne pas regarder les chiens dans les yeux sous peine d'être mordus à des endroits sensibles. Sur ce point, Bernard Vilotte sourit, un peu gêné, mais il revient vite à l'essentiel : son souci de prévenir pour mieux guérir."[...] "Il n'y a rien de pire chez les adolescents que le sentiment d'impunité." [...] "Les contrôles n'ont eu lieu qu'aux endroits où les chiens ont marqué. "

#2


Je n'ai pas senti de climat particulier de tension."[...] "Un gendarme disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Le gars qui nous regardait, dit à l'intention de l'autre gendarme : « On dirait qu'elle n'a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! La fouilleuse chercha de plus belle… fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte !

#3


Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j'insiste, on me fait comprendre qu'il vaut mieux que je me taise. [...] Le chien court partout, mord le sac d'un jeune à qui l'on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d'un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. [...] Certains sont obligés de se déchausser et d'enlever leurs chaussettes, l'un d'eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs. [...] Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l'élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu'il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l'hosto ! » [...] La stupeur, l'effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu'ils dramatisent. [...] Ce qui m'a frappé, au-delà de l'aspect légal ou illégal de la démarche, c'est l'attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d'une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr il n'y a que des garçons, les félicitant d'avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n'auraient pas agi autrement. C'est en France, dans une école, en 2008.

#4


Quelles que soient les incertitudes trompeuses affichées par ministère français de l’immigration, un « charter » d’expulsion est bel et bien prévu pour décoller de Londres le 18 novembre 2008, faire escale à Lille et à Bakou, avant d’arriver le lendemain à Kaboul.

#5


"Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes" : ça n’a l’air de rien, mais dans le contexte de 1942, pour des yeux habitués à lire chaque matin la presse de l’époque, pour des oreilles anesthésiées par la propagande de Radio-Paris, c’était de la bombe (et encore, Mgr Saliège n’avait-il pas parlé de rafles, ni d’extermination). On dut se pincer, ce dimanche-là, dans les églises de Haute Garonne. Un peu comme si un soir, aujourd’hui, Laurent Delahousse prononçait le mot rafles.


#6


Il reste qu’en moins d’une semaine M. Hortefeux a dû renoncer par trois fois à des mesures inhumaines. Ce n’est pas l’effet de sa conscience. [...] Mais, à l’inverse quand l’opinion se cabre, quand elle découvre la réalité de ce qui se produit quotidiennement dans les commissariats, les préfectures et les centres de rétention, le ministre est contraint d’en rabattre, précipitamment. Il a ainsi dû déclarer forfait lundi dans sa participation au charter prévu de longue date pour ramener plusieurs dizaines de réfugiés Afghan vers leur pacifique pays. [...] Ces concessions ont été arrachées parce que les faits ont été mis en lumière. Mais que dire d’une politique qui ne peut être appliquée que si la population l’ignore ? Si on en cache soigneusement les conséquences réelles et concrètes en la couvrant de termes grandiloquents et creux comme ceux de « ferme, juste et équilibré » dont se repaît le ministre. La population condamne cette politique, les milliers de gestes de solidarité à l’égard des familles sans papiers, des jeunes sans papiers scolarisés, des couples mixtes persécutés, des travailleurs que réclament leurs patrons en témoignent. Cette politique doit être changée.

#7


Adapter les textes à l'évolution de la délinquance : C'est la feuille de route fixée par Rachida Dati. Selon elle, la législation sur l'enfance délinquante est obsolète : « Les modes de délinquance des mineurs de 2008 n'existaient pas en 1945 ».

#8


Rien ne tient la route dans les propositions Varinard: pas davantage les affirmations mensongères de départ selon lesquelles la délinquance des mineurs serait en augmentation, ou que les délinquants seraient de plus en plus jeunes, alors que toutes les enquêtes -et même les chiffres les plus officiels- ou les travaux d’historiens (Muchembled, "Une Histoire de la violence", Le Seuil) affirment le contraire. Jamais les mineurs n’ont été aussi peu violents qu’à notre époque et dans le tableau des homicides commis en France en 2006, le nombre des mineurs de 13 ans mis en cause s’élève à... zéro, le nombre d’infractions qui leur est imputable est de 0,3% du total des délits, huit fois moins important, par exemple, que pour la tranche d’âge des plus de 60 ans. [...] [C]’est la police qui inspire la loi, les parlementaires se contentant de donner une apparence légale à la volonté des commissariats. N’est-ce pas, d’une certaine façon, la définition d’un Etat policier? [...] Parmi les 70 propositions de la commission Varinard, il en est une, qu’on pourrait qualifier simplement de ridicule, mais qui résume à elle seule l’état d’esprit des auteurs: il s’agit de l’idée selon laquelle on pourrait condamner un jeune à suivre sa scolarité tout en passant le week-end en prison; la prison après l’école en quelque sorte. Quel individu doué de raison peut imaginer un instant qu’un jeune élève serait en situation d’apprendre avec la perspective de se retrouver le vendredi soir derrière les barreaux? [...] Aujourd’hui, alors que personne ne peut de bonne foi prétendre que l’enfermement d’enfants de 12 ans puisse constituer une réponse à quelque problème que ce soit, encore moins lorsque l’éducation est en jeu, il se trouve néanmoins une commission parlementaire pour publier un rapport qui déshonore l’institution dont elle est issue. Un rapport certes irrationnel, incohérent, mais qui devrait pourtant déboucher sur une loi. Il y a là matière à s’interroger sur la légitimité de la loi.

#9


«Moi, je souhaite qu'on aille même sans doute un peu plus loin, sur la question de la détection précoce des comportements. Cela a été dans beaucoup de rapports. On dit qu'il faut le faire dès l'âge de trois ans pour être efficace», a relevé Frédéric Lefebvre. «Je ne suis pas un spécialiste, donc je ne déterminerai pas à quel âge il faut le faire, mais quand vous détectez chez un enfant très jeune, à la garderie, qu'il a un comportement violent, c'est le servir, c'est lui être utile à lui que de mettre en place une politique de prévention tout de suite», a détaillé le député des Hauts-de-Seine. «Si on veut éviter d'avoir à appliquer le pénal très tôt, il faut essayer de faire de la prévention, il faut accompagner ces enfants dont on voit qu'ils sont en train de partir sur un mauvais chemin», a-t-il encore dit.

#10


[M]ême le proviseur le plus bureaucrate ne pourrait justifier un instant qu’ils sont nécessaires. Si la biométrie est entrée à l’école, c’est parce que les écoliers d’aujourd’hui seront demain des adultes. [...] L’arsenal publicitaire façonné à leur intention, les mutations successives de l’Ecole, dressent les plus jeunes à accepter ou à désirer la technicisation croissante des activités humaines, que l’on appelle, contre toute sensibilité et contre toute raison, le “ progrès ”. La manière dont on impose la biométrie par le conditionnement des plus jeunes, entre autres, est d’inspiration tout aussi totalitaire que le contrôle biométrique lui-même. Ce fleuron de la barbarie électronique signifie littéralement que l’individu se situe à mi-chemin entre le produit étiqueté du supermarché et le détenu tatoué du camp. Nous nous demandons alors quelle part de dignité il reste à celui qui doit transformer une partie de son corps en code-barre pour être identifié. Nous nous demandons à quelle marge d’autonomie morale il peut prétendre une fois que son anatomie est devenue le support direct du fonctionnement social. Jusqu’où ira-t-on pour achever de rendre les comportements prévisibles, et les personnes étrangères à elles-mêmes ? Tantôt au nom de la menace terroriste, tantôt simplement parce que " c’est plus pratique comme ça ”, les bureaucraties petites et grandes, étatiques ou marchandes, ne cessent de soumettre les espaces de la vie commune à leurs propres critères : rien ne doit entraver le flux de l’économie ; rien ne doit obscurcir la transparence du contrôle. Le langage et le rapport sensible, trop lents, trop ambigus, sont évacués au profit de la surveillance électronique. Nous estimons donc que la biométrie est un pas de plus vers la déshumanisation de la société [...] en faisant de la vie elle-même la matière première de sa version artificielle et programmable. [...] Nous considérons qu’accepter les contrôles biométriques signifie livrer la société à une logique de ghetto, c’est pourquoi nous engageons le plus grand nombre à refuser de s’y soumettre.

#11


Deux établissements catholiques d'Angers utilisent les empreintes digitales pour vérifier l'accès des élèves à la cantine. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) est pourtant opposée à ce type de procédé "disproportionné".

#12


La biométrie est à la mode. Se fondant sur des critères physiques propres à chaque individu (empreinte digitale, iris de l'oeil, paume de la main...), cette technique de reconnaissance et de sécurisation aurait pourtant tendance à créer un faux sentiment de sécurité: non seulement ce genre de mécanismes n'a pas encore été suffisamment évalué, mais il existe d'ores et déjà nombre de méthodes, faciles à mettre en place, permettant d'usurper l'identité d'un individu. [...] Pour Philippe Wolf, non seulement il est faux de penser que la biométrie apporte une sécurité supérieure aux autres procédés, mais pire, elle peut s'avérer bien plus dangereuse. [...] Le principal biais de la biométrie réside dans «la confusion entre identification et authentification (...) En résumé, s'identifier c'est communiquer son identité, s'authentifier c'est apporter la preuve de son identité», ce qui se traduit généralement au travers du couple identifiant (ou "login") et mot de passe. Or, la biométrie aurait tendance à confondre login et mot de passe: alors que la solution classique requiert la validation des deux paramètres, les procédés biométriques n'en demandent trop souvent qu'un seul. En conclusion, Philippe Wolf estime que «l'utilisation de la biométrie comme moyen d'authentification dans le cadre d'une politique de sécurisation d'un système d'information est à déconseiller». Non seulement parce que «l'usurpation d'une donnée biométrique est réalisable par des techniques diffusées et accessibles», mais aussi parce qu'«une donnée biométrique ne se révoque pas quand elle est compromise». [...] Comment - et au nom de quoi - peut-on obliger quelqu'un à changer d'empreinte digitale? Wolf cite l'exemple du film "Minority Report", où le héros n'a d'autre choix, parce que son iris est "black-listé", que de subir une opération de transplantation des yeux...

Mes démêlées avec la maréchaussée belge

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Eh oui, je viens d'avoir maille à partir avec l'Autorité du Royaume.

J'attendais pour traverser la Chaussée de Waterloo, qui n'est pas précisément une petite rue. Voyant le feu voiture passer au rouge et devant l'absence de trafic, je regarde à gauche, je regarde à droite, et ni une ni deux, hop, je m'élance sur le passage clouté, ou plus exactement le passage peint.

Aux deux-tiers environs du parcours, je me fais interpeller par un jeune homme tout en longueur et en noir resté sur le trottoir.

- "Monsieur, eh, monsieur! Vous avez traversé au feu rouge, là", éructe-t-il en me rejoignant.

Suivant mon regard vers le pictogramme piéton d'un vert flamboyant qui avait dû se déclencher à mon deuxième pas sur la voie routière, le Représentant de l'Ordre ne se laissa pas amadouer:

- "Mais il était rouge quand vous vous êtes engagé"
- "J'ai regardé, y avait pas de voiture et il est passé au vert deux secondes après..."

Je commençais à remarquer de curieux tremblement longitudinaux extrêmement distrayants étant donné la silhouette d'ordonnée du Gardien de la Paix, un peu comme quand un portable sonne près d'un moniteur; cette impression d'étrangeté accentuée par le fait que ses yeux, probablement au prix d'un effort surhumain, accueillaient maintenant encore plus de blanc qu'au début de notre rencontre, soit moins d'une minute avant. Je ne vois que deux explications possibles à cet étrange phénomène: soit une forte dépendance à une drogue dure, soit une réaction immédiate de sa part au fait que je n'avais ostensiblement rien à carrer de ce qu'il me disait [1].

La sentence tomba, inéxorablement:

- "Monsieur, les feux de signalisations sont faits pour être respectés."

Quelque peu assomé par cette ré-énonciation des principes de base de mon lieu de résidence, je n'accordais que peu d'importance aux précisions qui suivirent, les enregistrant pour une réfléxion future.

- "C'est une amende de 50 €, et c'est aussi valable pour les piétons!"

Puis, sa mission accomplie, le Garant de l'Harmonie s'en alla.

Ca peut vous paraître ridicule. N'empêche, cette semaine, on n'a pas brûlé de voitures à Bruxelles.


[1]On peut objectivement dire que j'avais une rien-à-carritude ostentatoire. C'est mal, je le reconnais.
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