Tuesday, 17. April 2007, 11:34:10
Soyons clairs: dès le départ, Romain Humeau n'a rien pour me plaire. Il a une touffe bouclée sur le crâne façon moumoute, il crache ses rrrrr en chantant, il est maniéré, ses phrases adolescento-impulsives sont peines de fougue mais pas nécessairement de bon goût et son groupe, Eiffel, fait plus ou moins partie de cette génération "post Noir Désir", comme par exemple Luke (alias "Noir Désir Zero").
Pourtant, soyons tout aussi clairs: Ce gars-là me plaît. Enfin, son groupe, sa musique. Tout ça n'est pas très logique.
Ca a commencé en me faisant accrocher l'oreille par Tu vois loin qui trouva sa place sur les ondes, que j'étais forcé d'écouter. A rebours, j'ai ensuite consommé Te revoir, Au néant et toute une fournée de titres lâchement piratés. Puis, j'ai sorti les thunes pour Les Yeux fermés, double live généreux (un disque enervé, un disque plus unplugged), qui n'a pas quitté ma platine pendant quelques temps, il y est d'ailleurs retourné récemment, avant que je ne m'avise qu'un nouvel album, Tandoori, était sorti.
Surprise, en vieillissant, puisque si je ne m'abuse il s'agit là du troisième album studio, Eiffel devient plus brut. Les qualités d'arrangeur de papa Humeau sont toujours là, on peut le constater sur les excellentes cordes de Belle de jour, mais il en fait moins étalage; en fait, ce disque est assez urgent. Jugez par vous-même: moins de 50 minutes, 16 chansons. Le son est à l'avenant, de belles guitares rugueuses pas surproduites, un bon équilibre instruments voix. Il y a du live dans ce studio, et il me semble que la voix sait s'arrondir plus que par le passé.
Alors, ces paroles qui enchaînent références en tangente et et trébuchent sur les métaphores, c'est pas un peu agaçant? Ca devrait, ça devrait. J'y perds mon latin. Le tout est en tout cas imbibé d'énergie.
Il y a de grandes chances que vous n'aimiez pas, mais je suis aujourd'hui encore plus qu'hier persuadé qu'Eiffel mérite d'aller jusqu'à vos oreilles.
Le myspace obligatoire et
quelques vieilleries