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D'après une Histoire Fausse

Le Voyage Sublunaire

Naïade

Le matin était clair, froid, comme l’eau de cristal entre les racines du tronc sans cime qui m’ombrageait ce jour là. A sa surface, la brume était soyeuse, aussi ive que les impressions qui m’effleuraient, délicate. D’un mouvement perpétuel, ses reflets tissaient les ondes que je buvais avidement des yeux. Un silence ouaté flottait dans l’air qui, tel un parfum chargé d’effluve, me charriait par vagues inconstantes les échos d’une campagne endormie. Et c’est ainsi que sur la berge, dans la lumière morcelée des branche, je prélassais mes pieds parmi les princes argentés des lieux, tout d’écaille vêtus quand à eux. Une petite mélodie s’échappant de mes lèvres, je m’allongeai alors et, bercé par les joncs oscillant sous la caresse amoureuse du vent, m’abimai lascivement à quelque rêverie dont j’avais goût.

Je pressenti un changement lorsque quelques vaguelettes insouciantes vinrent s’échouer à mes jambes. Responsable de ces remous qui m’avaient redu alertes, une gracieuse forme que je pris tout d’abords pour une carpe se dessina dans l’eau. Et c’est alors que dans un tourbillon de boucles douces et satinés apparut à travers la limpide surface un visage féminin d’une rare beauté.

Elle était là, m’effleurant presque, les deux océans inexplorés de ces yeux me traversant jusqu’à m’en faire chavirer, ses trais jeunes et candides me sondant jusqu’à l’âme. Sa peau, pâle et nacrée semblait pareille aux soieries dont se drapent les anges. Et c’est alors, Naïade, que vers moi et hors de l’eau tu me tendis ta désirable main. Tes doigts blancs et élancés ruisselant de perles étoilées s’enlacèrent au mien et doucement tu m’attiras dans le royaume qui était tien. Et pour ta suave voix, combien de mers n’aurais-je pas bu de plus lorsque tes lèvres vermeilles prononcèrent :
« Mon adoré »…

Inspiration / Expiration

Elle était là devant lui, terrible, nue, blanche, obscène, une page vierge sur son bureau, l’ombre de sa main tenant un stylo, la détresse de son regard.

Tout avait était là, ses rêves de gloire sans espoir, les espérances sans foi mais tout été déjà fini, avant même le droit à la première chance. Il en avait pourtant rêvé de cet amour fulgurant, mais elle ne lui avait pas répondu, ingrate. Elle avait sûrement dut se tromper d’adresse, frapper à la mauvaise porte et tomber sur quelqu’un de plus grand ou de plus beau que lui et oublier toutes ces années d’attente.

Il l’avait deviné à travers les rideaux de la maison d’en face, aveuglante comme l’éclair blanc dans la nuit, mordante comme la bise froide de l’hiver, belle comme ces flocons légers qui tombait derrière la fenêtre mais peut-être ne l’avait-il qu’imaginé, inventé pour quelqu’un d’autre.

Inspiration, ma belle, ma douce, où es-tu ? Pourquoi m’avoir abandonné aux démons du néant, à ce gouffre intérieur, à ces ténèbres sans veilleuses, pourquoi ? Mon nom entre tes mains froissé et jeté à la corbeille de l’anonymat le plus total, le plus terrible, le plus commun. Plus de musique dans l’épaisseur du silence, plus de feu dans l’âtre, retour à la solitude, le temps comme figé, gelé, plus rien.

Méandres secrets de l’esprit, vibrations délicates, sensibles, parfums d’ailleurs que nul ne pourra jamais croire, que nul ne pourra jamais voir derrière la triste figue de cet inconnu. Tout ça parce qu’elle était là devant lui, terrible, nue, blanche, obscène, une page vierge sur son bureau, l’ombre de sa main tenant un stylo, la détresse de son regard…

Dernier Acte

Julien lui couru après pour la rattraper.

"Pou... pourquoi ?"

Aline se retourna. Ses yeux brûlaient d’une colère sourde, une mèche insoumise venait lui cacher l'œil droit, une attitude de défit se dégageait de toute son corps, vibrante comme une lame. Peut-être ne l’avait il jamais trouvé aussi belle qu’en ce soir, maudit de tous.

"-Pourquoi? Et tu oses me demander pourquoi! Mais il ne te restes même plus de pourquoi, il n’y plus rien. C’est fini, il y a quelque chose que tu ne comprends pas dans une donnée aussi simple ?
-Mais... Mais je t’aim…
-Non, arrête avec tes grandes et belles phrases ! Plus de ça maintenant. Je sais, tu m’aimes etcetera etcetera. Mais que veux tu, tu accordes ce doux mot à tant de choses si passionnantes. Tu aimes: ton chien, la pizza froide, l’émission du mercredi soir... Ta mère! Que veux tu, je suis réellement enchantée de paraître sur une liste aussi prestigieuse mais je crois que je vais réussir à m’en passer. Tes mots ne veulent plus rien dire, tes sentiments non plus, ça sonne creux venant de toi, j’en ai assez.
-Et tu oublies que depuis quatre ans…
-Je sais, depuis quatre ans, point. Depuis quatre ans tu es venu assister à toutes les pièce que j’ai jouée, et cela dès mes débuts. Depuis quatre ans tu t’es nourri de toutes mes tirades, tu les connais presque mieux que moi! Tu as aimé tous les personnage que j’ai incarnée, de Juliette à Roxane, la personnalité que je mettait dans tous mes rôles, ma manière de déclarer, de bouger sur les planches. Rends toi juste bien compte d’une chose, c’est qu’en quatre ans, tu n’a jamais sus connaître qui était la vraie Aline Margel... Good Bye…"

Elle se retourna et d’une démarche impétueuse et magnifique, quitta la scène sans un mot de plus. La lumière baissa progressivement et les spectateurs se mirent à applaudir d’une énergie sans pareille tandis que les rideaux tombaient sur un Julien sidéré…

Ecriture automatique

La baguette était trop creuse, c’est ce qu’avait dit le chef des armée, soutenu bien entendu de sa large perruque à perruche. Sans jamais y avoir fait attention, il se rangeait dans le garage pour s’adonner à la grande lubie qu’était le ping-pong pour lui. Mais, cela ne réparait pas la terrible erreur car le trophée que portait le lion autour du coup était bien trop petit et, s’étouffant, tout le monde semblait s’y complaire. En ces temps la, les baleine nageaient formidablement, faisant des bulles pour un oui ou un non, cela n’importait que très peu tout compte fait étant donné les donnés que les fichiers d’organismes bien plus secret que le père Noël tenaient depuis la guerre de cent ans. Il y avait du vent, ce qui explique peut-être pourquoi les moulin broutaient paisiblement dans le près. A la fin du casse croûte, tout le monde rentra chez lui en appréciant seulement après coup à quel point le cadavre était exquis…

Libre à vous de continuer via les commentaires

Le bœuf

Dans leurs longs silences et leurs phrases bancales, rien ne semblait jamais les avoir uni, et pourtant… Ils se connaissaient depuis tant d’années, sans finalement rien savoir l’un de l’autre, n’osant peut-être pas voir leur union informe mais splendide se désagréger au contact des mots du quotidien, trop à perdre…
Même dans leurs attitudes d’attention mutuelle, pourtant pleines de bons sentiments, rien n’aurait pu suppléer à leur rituel chronique et irréel. Traversant sans sembler y prêter attention de grandes plages de silence que leur incapacité de garder contact tissait entre deux rencontres, ils se retrouvaient toujours comme des amis ne s’étant jamais quitté. Pourtant, ce ne pouvait être de l’amitié, terme bien trop définit, bien trop palpable pour ce qui unifiait nos deux compères. D’un commun accord, ou plutôt, d’un commun hasard, ils se retrouvaient au lieu habituel et se quittaient en se serrant la main seulement, comme de frères amenés à se revoir le lendemain.
Pour leur cérémoniale privé, c’était toujours les même gestes. Ils s’installaient, sortaient le matériel employé pour pareilles activités, s’essayaient l’un en face de l’autre en commençaient alors leur dialogue fait de gammes et de notes car, leur truc à ces deux là, c’était de bœuffer ensemble…
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