Naïade
Thursday, 20. December 2007, 14:05:46
Le matin était clair, froid, comme l’eau de cristal entre les racines du tronc sans cime qui m’ombrageait ce jour là. A sa surface, la brume était soyeuse, aussi ive que les impressions qui m’effleuraient, délicate. D’un mouvement perpétuel, ses reflets tissaient les ondes que je buvais avidement des yeux. Un silence ouaté flottait dans l’air qui, tel un parfum chargé d’effluve, me charriait par vagues inconstantes les échos d’une campagne endormie. Et c’est ainsi que sur la berge, dans la lumière morcelée des branche, je prélassais mes pieds parmi les princes argentés des lieux, tout d’écaille vêtus quand à eux. Une petite mélodie s’échappant de mes lèvres, je m’allongeai alors et, bercé par les joncs oscillant sous la caresse amoureuse du vent, m’abimai lascivement à quelque rêverie dont j’avais goût.
Je pressenti un changement lorsque quelques vaguelettes insouciantes vinrent s’échouer à mes jambes. Responsable de ces remous qui m’avaient redu alertes, une gracieuse forme que je pris tout d’abords pour une carpe se dessina dans l’eau. Et c’est alors que dans un tourbillon de boucles douces et satinés apparut à travers la limpide surface un visage féminin d’une rare beauté.
Elle était là, m’effleurant presque, les deux océans inexplorés de ces yeux me traversant jusqu’à m’en faire chavirer, ses trais jeunes et candides me sondant jusqu’à l’âme. Sa peau, pâle et nacrée semblait pareille aux soieries dont se drapent les anges. Et c’est alors, Naïade, que vers moi et hors de l’eau tu me tendis ta désirable main. Tes doigts blancs et élancés ruisselant de perles étoilées s’enlacèrent au mien et doucement tu m’attiras dans le royaume qui était tien. Et pour ta suave voix, combien de mers n’aurais-je pas bu de plus lorsque tes lèvres vermeilles prononcèrent :
« Mon adoré »…

Je pressenti un changement lorsque quelques vaguelettes insouciantes vinrent s’échouer à mes jambes. Responsable de ces remous qui m’avaient redu alertes, une gracieuse forme que je pris tout d’abords pour une carpe se dessina dans l’eau. Et c’est alors que dans un tourbillon de boucles douces et satinés apparut à travers la limpide surface un visage féminin d’une rare beauté.
Elle était là, m’effleurant presque, les deux océans inexplorés de ces yeux me traversant jusqu’à m’en faire chavirer, ses trais jeunes et candides me sondant jusqu’à l’âme. Sa peau, pâle et nacrée semblait pareille aux soieries dont se drapent les anges. Et c’est alors, Naïade, que vers moi et hors de l’eau tu me tendis ta désirable main. Tes doigts blancs et élancés ruisselant de perles étoilées s’enlacèrent au mien et doucement tu m’attiras dans le royaume qui était tien. Et pour ta suave voix, combien de mers n’aurais-je pas bu de plus lorsque tes lèvres vermeilles prononcèrent :
« Mon adoré »…




