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D'après une Histoire Fausse

Le Voyage Sublunaire

Naïade

Le matin était clair, froid, comme l’eau de cristal entre les racines du tronc sans cime qui m’ombrageait ce jour là. A sa surface, la brume était soyeuse, aussi ive que les impressions qui m’effleuraient, délicate. D’un mouvement perpétuel, ses reflets tissaient les ondes que je buvais avidement des yeux. Un silence ouaté flottait dans l’air qui, tel un parfum chargé d’effluve, me charriait par vagues inconstantes les échos d’une campagne endormie. Et c’est ainsi que sur la berge, dans la lumière morcelée des branche, je prélassais mes pieds parmi les princes argentés des lieux, tout d’écaille vêtus quand à eux. Une petite mélodie s’échappant de mes lèvres, je m’allongeai alors et, bercé par les joncs oscillant sous la caresse amoureuse du vent, m’abimai lascivement à quelque rêverie dont j’avais goût.

Je pressenti un changement lorsque quelques vaguelettes insouciantes vinrent s’échouer à mes jambes. Responsable de ces remous qui m’avaient redu alertes, une gracieuse forme que je pris tout d’abords pour une carpe se dessina dans l’eau. Et c’est alors que dans un tourbillon de boucles douces et satinés apparut à travers la limpide surface un visage féminin d’une rare beauté.

Elle était là, m’effleurant presque, les deux océans inexplorés de ces yeux me traversant jusqu’à m’en faire chavirer, ses trais jeunes et candides me sondant jusqu’à l’âme. Sa peau, pâle et nacrée semblait pareille aux soieries dont se drapent les anges. Et c’est alors, Naïade, que vers moi et hors de l’eau tu me tendis ta désirable main. Tes doigts blancs et élancés ruisselant de perles étoilées s’enlacèrent au mien et doucement tu m’attiras dans le royaume qui était tien. Et pour ta suave voix, combien de mers n’aurais-je pas bu de plus lorsque tes lèvres vermeilles prononcèrent :
« Mon adoré »…

Inspiration / Expiration

Comments

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Il y a du poème en prose là dessous un peu décadent mais bien écrit
bien travaillé et de la beauté...
c'est bien...

ça m'a fait penser à Mandiargues et à Bertrand (aloysius)
par le ton la manière...

By bluecoffee, # 18. March 2008, 20:38:10

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Grand merci à toi, ta clairvoyance vise juste. Derrière ce style se cache effectivement un adorateur des fruits atteints du Mal Du Siècle, Baudelaire et autre Huysman…

By Rime De Bran, # 18. March 2008, 20:45:05

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Maldoror aussi non...Je suis un grand lecteur de Baudelaire...
immense poète mais Rimbaud aussi...
au moins la poèsie ça fait rêver...ailleurs on ne rêve plus...

By bluecoffee, # 18. March 2008, 20:50:51

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Exacte, Lautréamont y est aussi pour beaucoup, tu arrives à me sonder un discernement qui me surprend et me plait à la fois.
Rimbaud oui, avec l'Undead Poets Society, les seuls consolateurs de cette époque frustrante et matérialiste…

By Rime De Bran, # 18. March 2008, 21:01:40

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Tu sais j'ai beaucoup lu dans la vie...autrefois mais maintenant aussi parfois...je te conseille Mandiargues à lire il excelle dans ce style là c'est très fin très subtil comme écriture...

By bluecoffee, # 18. March 2008, 21:11:56

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Merci, je m’empresserais de suivre ton conseil car en ce moment plus que jamais j’ai soif d’évasion et Mandiargues est un auteur ayant échappé à ma boulimie.

By Rime De Bran, # 18. March 2008, 21:15:00

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