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Thursday, September 4, 2008 5:40:03 PM
?Tibère
Accès de mégalomanie, nostalgie de latiniste, tirage au sort l'index glissé au hasard entre deux feuilles du dictionnaire des noms propres, ou encore prénom peu courant?
En réalité, ce pseudonyme ne me va pas du tout, mais je venais alors de parcourir un livre romancé sur sa vie, assez captivant - à quelques jours près, ça aurait pu être le nom de tout autre personnage. Mais, restons un peu sur Tibère, que je vous raconte un peu...
Tibère fut le deuxième Empereur romain, et rares sont les empereurs (Néron, Caligula, Commode) qui ont pire réputation que lui. Ça tient à ce que l'histoire officielle de son époque repose essentiellement sur les écrits de deux historiens (Tacite et Suètone), qui, par désaccord politique ou pour simplement rendre leurs textes plus piquants, ont donné de lui une image de vieux tyran, lubrique et perfide.
[Au passage, quelle bizarrerie que la postérité, à ces époques d'avant l'ère moderne: en régnant et par un décret parmi des milliers, on froisse le quelconque parent d'un obscur écrivaillon d'une lointaine province, dont on a à Rome même pas la moindre idée de son existence; celui-ci vous en garde rancune et, manque de chance, c'est les manuscrits de ce seul bonhomme qui survivent aux dévastations barbares et aux passages des siècles, et qui enseignent à l'humanité quel affreux despote régnait à Rome en ces temps-là...]
Quoiqu'il en soit, c'était un drôle de zèbre, pour son temps. Un immense général aux nombreuses victoires, qui haïssait les batailles, le sang, les combats inutiles, les gladiateurs. Tout-puissant et délaissant le pouvoir, laissant un autre traiter les affaires courantes. Considéré comme un Dieu-vivant, et détestant pourtant les honneurs, les flagorneries et les courtisans. Pur Romain et fils des deux plus vieilles familles de Rome, et la fuyant pourtant sans cesse pour préférer ses îles, les villas de Capri.
Beau-fils d'Auguste (par le remariage de sa mère), il n'est longtemps qu'un pion, un lointain maillon dans la descendance du Prince.
Une longue suite de morts plus tard - et ses victoires militaires aidant, il est remis dans la course par Auguste, qui l'adopte et sans le consulter l'oblige à divorcer d'une première épouse pour épouser sa fille aînée. Ce qui le propulse comme second homme d'Etat le désespère : quelques années après, apercevant au loin passer son ancienne épouse, il s'effondre en larmes et pleure toute une journée cet amour de jeunesse disparu - histoire qui fera le tour de Rome et réaction incompréhensible pour les Romains, divorçant comme on respire et épousant pour la descendance.












myfrenchopera # Friday, September 5, 2008 6:50:18 AM
Tibere # Saturday, September 6, 2008 4:59:41 PM