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Le Blog de Webterre

L'Habitat dans tous ses états

Tout va très bien, etc.

C'est toujours un bonheur de lire les articles sur l'immobilier dans la presse française! Comme dans un feuilleton, on connait par cœur les personnages, les répliques, le dénouement... De Crémiers de Laforêt, le justicier, Nexity, le riche promoteur, quelques notaires, un nouveau venu... Pourtant il y a de quoi protester, comme avec cet article du Monde paru hier.

D'entrée : la France aurait résisté mieux que d'autres pays. Certes la course en avant folle des promoteurs espagnols n'a pas été copiée, mais est-on certain que les grands promoteurs français sont à l'abri? Fin 2008, le Gouvernement poussait le secteur du logement social dans les bras des promoteurs qui ne trouvaient plus d'investisseurs pour leurs projets. Kaufman et Broad était mal à la même époque.

Ce sont les témoignages de surprise des professionnels retenus dans l'article qui amusent. "Mon Dieu! Un arrêt brutal au dernier semestre 2008, nous n'avions jamais vu ça!" L'arrêt brutal, il est bien réel en province depuis début 2007 et je me souviens de cadres bancaires venus de Paris pour évaluer l'attribution d'un gros crédit à un investisseur particulier qui affirmaient qu'ils avaient déjà intégré une baisse des prix de 50% sur tout l'ouest de la France. Aujourd'hui on y est en plein, mais surtout ne donnons pas les vrais chiffres. Le Crédit foncier annonce que l'on est passé de 1,3 millions de biens vendus en 2007 à un peu moins de 800 000 en 2008 mais dans l'article ça ferait une baisse de 23%. Eh bien non, ça fait une baisse de 40% en 1 an! Ça nous place où dans le classement européen, ce vrai chiffre? Bizarrement, les notaires eux ne voient qu'une baisse de 20% - mais attention, elle a été « brutale » la baisse...

Le lecteur est forcément rassuré par ces chiffres ripolinés, car il y a « quelques indicateurs qui redonnent espoir ». En particulier, Pierre Bazaille, notaire chargé de la conjoncture immobilière pour Notaires de France, note un « frémissement » dans le Rhône, sur les biens de moins de 200 000 euros. Cher Maître, je veux bien parier avec vous que le frémissement que vous ressentez doit déjà être un vrai courant d'air pour les biens à moins de 150 000 euros et une véritable secousse pour ceux à 100 000 euros ou moins. Et pas que dans le Rhône : partout en France.

Le prix des biens a flambé, au-delà du raisonnable, au-delà de ce que la plupart des Français pouvait payer. Le prix des biens immobiliers va devoir redescendre, brutalement ou non, bien en dessous de sa valeur actuelle. En 2003, des agences du sud-ouest avaient constaté avec étonnement que 9 acheteurs sur 10 étaient désormais des investisseurs. Ces chiffres permettaient à certains responsables d'affirmer que "l'immobilier, c'est pour investir,pas pour se loger". Le moment est venu que l'immobilier renoue avec sa fonction première : loger les gens à des prix réalistes.

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