plumes, stylos & ôtres claviers
Friday, 6. February 2009, 06:24:26
(...) à travers la chuchotante agitation des arbres (...)
André Gide, Isabelle
parallèlement à ma collection insensée de fotos sur deviantART, un certain nombre de ces photos trouvant leur place ici sur Opera, je poursuis une collection réservée à la littérature, plus modeste que la première, mais tout ossi intéressante et qui regroupe jusqu'à date les mots de huit déviants, cependant un seul d'entre eux écrit en français, je devrais d'ailleurs écrire d'entre elles plutôt que d'entre eux et déviantes plutôt que déviants vu qu'il est en outre le seul auteur masculin de la collection, il s'identifie com Uncle-Douville, il vit et étudie à Québec, un de ses poèmes m'a beaucoup touché, dans lequel il questionne la condition de l'écrivain, et je veux le reproduire ici:
Les Plumes
Les plumes à encre bleue à la couleur du corbeau
Froufroutaient dans les ciels gris des Hiboux
Pauvre homme emmitouflé dans un blanc oripeau
Ayant manqué de peu la caravane des singuliers fous
Que fais-tu donc ici jeune homme avec tes plumes grises et tes vides flacons d’encres?
N’as-tu plus un bout de feuille sur lequel écrire la vie?
Pourquoi dans mon rouge port as-tu jeté espoirs et ancre?
En ce lieu es-tu venu prendre la dernière lampée d’eau de la vie?
Saisissante mélopée de feuilles mortes sur mon corps
Les mots sont de la pureté et la beauté de l’or
Même dans le rouge port glacé de la connaissance
Innocence
C’était un violon qui me jouait un requiem près
De toi. Amour n’as-tu point de cœur?
Dussé-je désespérer mille fois je suis prêt.
J’ai perdu le nom de moi j’ai perdu les heures.
Hideuses plumes corbeau qui froufroutent dans mon dos
Près des flacons vides du malheur désarticulé
Masse molle et décomposée
Hideuses plumes, de moi, ne partez point aussitôt
Dussé-je désespérer mille fois je suis prêt.
Les violons voguent sur l’érotique flot immaculé
N’est-ce pas le conte de fée rêvé?
N’est-ce pas, écrivain, ce que, près de ce port, tu fais?
©2007-2009 *Uncle-Douville
son nom, au jeune poète? Simon Douville,
le lien vers son poème? http://uncle-douville.deviantart.com/art/Les-Plumes-translated-67599276
et puis tiens, pour le fun, là, me regardions dans le miroir de la dernière strofe, "Dussé-je désespérer mille fois je suis prêt.", ben c'est moi tout craché, ça, la flamme de l'optimisme qui luit jusque dans le fond du désespoir, quoique le gros désespoir existentiel qui vous tord les tripes, c'est pour les plus jeunes, quand on est tout excité et tout excitable, plus vieux on le voit venir et on ne se laisse plus prendre, on le sait bien que l'existence n'a ôcun sens et que c'est pas si grave que ça, s'agit de la vivre, puis d'en mourir, c'est tout, bon, et quoiqu'ossi le désespoir dernièrement a plutôt été celui d'un hiver brutalement froid, mais ça se réchauffe, "Les violons voguent sur l’érotique flot immaculé", et ce seront bientôt les violons du printemps, ben pas tusuite, là, mais ça s'en vient, qui vogueront sur le flot des belles pitounes sorties prendre l'air com toulmonde, pis j'espère que je n'en resterai pas immaculé com depuis bien avant le printemps dernier, ça commence à faire, là, l'invisibilité, "N’est-ce pas le conte de fée rêvé?" ben c'est ça, là, non, ça l'est pas, pas encor, mais ça va viendre, com dirait mon père, faut pas lâcher maudit crisse, d'où la flamme de l'optimisme de tantôt, "N’est-ce pas, écrivain, ce que, près de ce port, tu fais?", oui, j'attends le prochain navire, la prochaine fam, la prochaine métafore com une fleur brève, je sirote un drink à la terrasse d'un bar au port d' Orion, dans le Lieu Mémoriel, j'attends l'astronef qui me ramènera sur Terre,
allez, à la prochaine
André Gide, Isabelle
parallèlement à ma collection insensée de fotos sur deviantART, un certain nombre de ces photos trouvant leur place ici sur Opera, je poursuis une collection réservée à la littérature, plus modeste que la première, mais tout ossi intéressante et qui regroupe jusqu'à date les mots de huit déviants, cependant un seul d'entre eux écrit en français, je devrais d'ailleurs écrire d'entre elles plutôt que d'entre eux et déviantes plutôt que déviants vu qu'il est en outre le seul auteur masculin de la collection, il s'identifie com Uncle-Douville, il vit et étudie à Québec, un de ses poèmes m'a beaucoup touché, dans lequel il questionne la condition de l'écrivain, et je veux le reproduire ici:
Les Plumes
Les plumes à encre bleue à la couleur du corbeau
Froufroutaient dans les ciels gris des Hiboux
Pauvre homme emmitouflé dans un blanc oripeau
Ayant manqué de peu la caravane des singuliers fous
Que fais-tu donc ici jeune homme avec tes plumes grises et tes vides flacons d’encres?
N’as-tu plus un bout de feuille sur lequel écrire la vie?
Pourquoi dans mon rouge port as-tu jeté espoirs et ancre?
En ce lieu es-tu venu prendre la dernière lampée d’eau de la vie?
Saisissante mélopée de feuilles mortes sur mon corps
Les mots sont de la pureté et la beauté de l’or
Même dans le rouge port glacé de la connaissance
Innocence
C’était un violon qui me jouait un requiem près
De toi. Amour n’as-tu point de cœur?
Dussé-je désespérer mille fois je suis prêt.
J’ai perdu le nom de moi j’ai perdu les heures.
Hideuses plumes corbeau qui froufroutent dans mon dos
Près des flacons vides du malheur désarticulé
Masse molle et décomposée
Hideuses plumes, de moi, ne partez point aussitôt
Dussé-je désespérer mille fois je suis prêt.
Les violons voguent sur l’érotique flot immaculé
N’est-ce pas le conte de fée rêvé?
N’est-ce pas, écrivain, ce que, près de ce port, tu fais?
©2007-2009 *Uncle-Douville
son nom, au jeune poète? Simon Douville,
le lien vers son poème? http://uncle-douville.deviantart.com/art/Les-Plumes-translated-67599276
et puis tiens, pour le fun, là, me regardions dans le miroir de la dernière strofe, "Dussé-je désespérer mille fois je suis prêt.", ben c'est moi tout craché, ça, la flamme de l'optimisme qui luit jusque dans le fond du désespoir, quoique le gros désespoir existentiel qui vous tord les tripes, c'est pour les plus jeunes, quand on est tout excité et tout excitable, plus vieux on le voit venir et on ne se laisse plus prendre, on le sait bien que l'existence n'a ôcun sens et que c'est pas si grave que ça, s'agit de la vivre, puis d'en mourir, c'est tout, bon, et quoiqu'ossi le désespoir dernièrement a plutôt été celui d'un hiver brutalement froid, mais ça se réchauffe, "Les violons voguent sur l’érotique flot immaculé", et ce seront bientôt les violons du printemps, ben pas tusuite, là, mais ça s'en vient, qui vogueront sur le flot des belles pitounes sorties prendre l'air com toulmonde, pis j'espère que je n'en resterai pas immaculé com depuis bien avant le printemps dernier, ça commence à faire, là, l'invisibilité, "N’est-ce pas le conte de fée rêvé?" ben c'est ça, là, non, ça l'est pas, pas encor, mais ça va viendre, com dirait mon père, faut pas lâcher maudit crisse, d'où la flamme de l'optimisme de tantôt, "N’est-ce pas, écrivain, ce que, près de ce port, tu fais?", oui, j'attends le prochain navire, la prochaine fam, la prochaine métafore com une fleur brève, je sirote un drink à la terrasse d'un bar au port d' Orion, dans le Lieu Mémoriel, j'attends l'astronef qui me ramènera sur Terre,
allez, à la prochaine






