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journal d'un miroir

par Zak Michigan

Posts tagged with "poésie"

plumes, stylos & ôtres claviers

(...) à travers la chuchotante agitation des arbres (...)
André Gide, Isabelle

parallèlement à ma collection insensée de fotos sur deviantART, un certain nombre de ces photos trouvant leur place ici sur Opera, je poursuis une collection réservée à la littérature, plus modeste que la première, mais tout ossi intéressante et qui regroupe jusqu'à date les mots de huit déviants, cependant un seul d'entre eux écrit en français, je devrais d'ailleurs écrire d'entre elles plutôt que d'entre eux et déviantes plutôt que déviants vu qu'il est en outre le seul auteur masculin de la collection, il s'identifie com Uncle-Douville, il vit et étudie à Québec, un de ses poèmes m'a beaucoup touché, dans lequel il questionne la condition de l'écrivain, et je veux le reproduire ici:


Les Plumes

Les plumes à encre bleue à la couleur du corbeau
Froufroutaient dans les ciels gris des Hiboux
Pauvre homme emmitouflé dans un blanc oripeau
Ayant manqué de peu la caravane des singuliers fous

Que fais-tu donc ici jeune homme avec tes plumes grises et tes vides flacons d’encres?
N’as-tu plus un bout de feuille sur lequel écrire la vie?
Pourquoi dans mon rouge port as-tu jeté espoirs et ancre?
En ce lieu es-tu venu prendre la dernière lampée d’eau de la vie?

Saisissante mélopée de feuilles mortes sur mon corps
Les mots sont de la pureté et la beauté de l’or
Même dans le rouge port glacé de la connaissance
Innocence

C’était un violon qui me jouait un requiem près
De toi. Amour n’as-tu point de cœur?
Dussé-je désespérer mille fois je suis prêt.
J’ai perdu le nom de moi j’ai perdu les heures.

Hideuses plumes corbeau qui froufroutent dans mon dos
Près des flacons vides du malheur désarticulé
Masse molle et décomposée
Hideuses plumes, de moi, ne partez point aussitôt

Dussé-je désespérer mille fois je suis prêt.
Les violons voguent sur l’érotique flot immaculé
N’est-ce pas le conte de fée rêvé?
N’est-ce pas, écrivain, ce que, près de ce port, tu fais?

©2007-2009 *Uncle-Douville

son nom, au jeune poète? Simon Douville,
le lien vers son poème? http://uncle-douville.deviantart.com/art/Les-Plumes-translated-67599276

et puis tiens, pour le fun, là, me regardions dans le miroir de la dernière strofe, "Dussé-je désespérer mille fois je suis prêt.", ben c'est moi tout craché, ça, la flamme de l'optimisme qui luit jusque dans le fond du désespoir, quoique le gros désespoir existentiel qui vous tord les tripes, c'est pour les plus jeunes, quand on est tout excité et tout excitable, plus vieux on le voit venir et on ne se laisse plus prendre, on le sait bien que l'existence n'a ôcun sens et que c'est pas si grave que ça, s'agit de la vivre, puis d'en mourir, c'est tout, bon, et quoiqu'ossi le désespoir dernièrement a plutôt été celui d'un hiver brutalement froid, mais ça se réchauffe, "Les violons voguent sur l’érotique flot immaculé", et ce seront bientôt les violons du printemps, ben pas tusuite, là, mais ça s'en vient, qui vogueront sur le flot des belles pitounes sorties prendre l'air com toulmonde, pis j'espère que je n'en resterai pas immaculé com depuis bien avant le printemps dernier, ça commence à faire, là, l'invisibilité, "N’est-ce pas le conte de fée rêvé?" ben c'est ça, là, non, ça l'est pas, pas encor, mais ça va viendre, com dirait mon père, faut pas lâcher maudit crisse, d'où la flamme de l'optimisme de tantôt, "N’est-ce pas, écrivain, ce que, près de ce port, tu fais?", oui, j'attends le prochain navire, la prochaine fam, la prochaine métafore com une fleur brève, je sirote un drink à la terrasse d'un bar au port d' Orion, dans le Lieu Mémoriel, j'attends l'astronef qui me ramènera sur Terre,

allez, à la prochaine :cool:

récupération du récupérable

, ,

Ça fait longtemps qu' j'ai rien écrit,
J' vas vous lâcher mon dernier cri.
Y en a qui pensent que j'ai tout dit,
Y s'imaginent que chu fini,
Les autres attendent la fin d' ma phrase,
Y m' trouvent moins hit depuis que j' me rase,
Y aimaient mieux ça quand j' me fâchais,
Dans l' temps qu' j' faisais peur aux Français,
D'autres qui trouvent que l' joual, c'est ben laid,
Pis qui chiâlent quand j' chante en anglais, oh yeah.
Robert Charlebois, Que-Can Blues.

bon ben moé si ça fait longtemps qu' j'ai rien écrit, ici dans mon blog pis ailleurs dans mon écriture, c'est à cause des vacances de l'été, c'est pour ça, mais asteur que mon ti trésor est de retour à l'école -- gnan gnan p: -- moé chu d' retour dans mes mots, avec deux projets de front: terminer "l'ange", le deuxième livre de ma trilogie entreprise avec "les galaxies nos voisines", et continuer de soumettre ma poésie sur deviantART,

si tout va com sur des roulettes j'aurai terminé "l'ange" dans quelques mois :whistle: : , un récit, ou plutôt un court roman à sept chapitres (mais ça peut changer en cours de route, ben oui):
chapitre 1: appartement
chapitre 2: vivre au Canada c'est ossi vivre en amour
chapitre 3: près de la claire fontaine
chapitre 4: en passant par l' Afric
chapitre 5: le retour de Wilf
chapitre 6: l' Exchange District
chapitre 7: l'ange et la douche

vient ensuite "la forêt du langage", le troisième livre de la trilogie, livre écrit, terminé, fini, prêt pour la publication, mais y va falloir qu'y fasse com toulmonde pis qu'y attende son tour :irked: , livre plus polémic que narratif, tout de même traversé par les personnages, pas tous, faut pas virer fou, des deux livres précédents, composé de 6 chapitres, eux-mêmes divisés en 18 sous-chapitres:
chapitre 1: de la gratuité du monde com accès à la richesse
(1.1) le coeur est un radar, l'âme est un oracle
(1.2) le corps est un pylône, l'esprit une parabole
chapitre 2: raisons du monde
(2.1) frontières frappées d'obséquiosité
(2.2) flanché
(2.3) tasse brisée
chapitre 3: la guerre des langues
(3.1) l'artiste et la fiction sociale
(3.2) café percolateur au gaz
(3.3) horreur! la langue anglaise!
chapitre 4: nuits dialogics
(4.1) à la vie
(4.2) peau d'espoir*
(4.3) l'anodin
(4.4) bottes devant la porte d'entrée
chapitre 5: Grand-Marais
(5.1) aperçu en coupe
(5.2) rhizomes
(5.3) bon, disons que là
chapitre 6: écrire, c'est ma liberté
(6.1) allègrement austère, sinon qu'alerte
(6.2) la mort jamais n'abolira Paillasson
(6.3) le train de la gloire
* il s'agit bien de peau, pas de peu


ça, la trilogie, c'est pour les éditions du Blé, où "les galaxies les voisines" est déjà paru, si si:
http://www.radio-canada.ca/regions/prixdeslecteurs/livre4.asp

ensuite je m'embarque dans l'écriture de "l'exotrip", mon roman de SF, avec au moins le premier quart d'écrit, pis ça va probablement me prendre entre 3 et 5 ans pour le compléter, pis m'a avoir 60 ans sacraman quand y va sortir, c'est chiant, avoir 60 ans, m'enfin,

parallèlement à l'écriture de mes romans je soumets ma poésie sur deviantART, j'y ai déjà placé le livre "fractales: l'oeil", bientôt je vais y ajouter les deux livres (encor une trilogie) "fractales: l'âme" et "fractales: le sexe", suivra le livre "fissures", livres écrits, terminés,
je vais ossi soumettre les textes suivants, tous écrits:
- fragments d'enfants massacrés
- le jour que l'océan s'est mis à léviter
- toulmonde se ment à toulmonde
- le fermier de la noosfère
- l'humour qu'à s'y prendre on s'y tient mordicus
- dictionnaire démantibulé
- vive la compagnie!
- va chier pis mange d' la marde

et ainsi de suite, à mesure que mes mots prennent forme,

bon ben ça suffit ça fera, y est tard pis moé j' m'en va m' coucher,

tirelou :zzz:

mes souliers

, , , ...

L'intégrisme et la convergence avancent d'un même pas,
celui de l'exclusion de l'autre.
Osama bin Frenchie, Petit manuel pratique de sémio-terrorisme.


1

"moman, j' m'en vas prend' un bain, là!"
"oké, mais fais attention pour pas m' grafigner l'émail, là!"
"han, han, t'es ben drôle!"
elle se moquait de mes pieds, je suis né avec des grands pieds, des pieds qui passent à travers les souliers en un rien de temps, des pieds construits pour la marche, qui supportent des jambes en troncs d'arbre,
moi ossi mes souliers ont beaucoup voyagé, de Montréal à la Voie Lactée,
je suis un exotriper en transit galaxic, ossi un hologram et une illusion d'optic,
en enjambées stellaires ici sur Terre j'emprunte les sentiers de la noosfère,


2

"viens donc icitte, toé, que j' chècke tes souliers, voir!" me lançait-elle,
"mais moman, j'ai pas l' temps, là, mes amis m'attendent dehors!"
"viens icitte, j' te dis, ça s'ra pas long, bon!"
je m'approchais en maugréant, elle examinait mes souliers, m'obligeait à lever une patte, puis l'ôtre,
"mais pour l'amour du saint ciel, veux-tu ben m' dire c' que tu fais avec tes souliers, toé, j'ai ach'té ces souliers-là ça fait même pas deux mois, pis r'gard'-moé ça, toé, t'as les deux p'tits orteils qui veulent te sortir de chaque bord, le d'vant d' tes s'melles est en train de s' découd', tes talons sont à moitié usés, mont'-moé les donc, tes s'melles, encor, voir," je les lui montrai, l'une, puis l'ôtre, "pis tes deux gros orteils vont passer à travers dans pas longtemps, mais coudon, toé, t'es mâches-tu, tes souliers, ou quoi? c'est-tu parce que j' te nourris pas assez? tu manges pas à ta faim, c'est ça? dis-moé-lé, là!"
"ben woèyons donc, moman, tu sais ben qu' c'est pas ça!"
"ben c'est quoi d'abord? c'est-tu des expériences scientifics que tu fais avec? j' voudrais ben l' savoir, moé!"
elle me taquinait, elle se moquait de moi, elle riait même un peu de mon allure de grand efflanqué dans des souliers maganés,
mes pieds, qui l'obligeaient, elle qui ne vivait pas riche, seule avec ses cinq flos, et heureusement pour elle les quatre ôtres étaient nés avec des pieds décents, alimentaient la conversation avec les voisines sur la galerie et avec ses soeurs au téléfone, mais ma mère a toujours été d'une nature fondamentalement optimiste, elle a toujours cru en la vie et si les coups durs l'ont parfois follement secouée, et les incontournables com mes pieds agacée, rien ni personne ne l'a brisée, elle a invariablement rebondi com un spring éternel,
elle nous confia des années plus tard certaines nuits d'effrayante solitude et de désespoir atroce, contemplant dans ses draps en sueurs l'élimination coup sur coup de ses flos, puis d'elle-même, se levant au matin fatiguée, c'est sûr, éberluée même, néammoins souriante, puisant en nous, sa marmaille galopante, énergie, courage et volonté,
"ben non que j' fais pas des expériences scientifics avec, bon, j' peux-tu m'en aller dehors, là, mes amis m'attendent!"
"ben oui qu' tu peux y aller, pis on va aller t'ach'ter des souliers neufs samedi, au moins pour que tu finisses l'été, pis peut-êt' que j' devrais t'en faire faire une paire en métal à place, ..."
mais j'avais déjà disparu par la porte d'en arrière, :cool:
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