Place du Tertre Artists' PETITION:'Touche pas à nos Artistes'
Sunday, 15. November 2009, 17:45:47
A Montmartre, le blues
des artistes de la place du Tertre
Les artistes de la place du Tertre, à Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris, contestent l’augmentation de la redevance qui leur permet de peindre et de vendre leurs toiles au sommet de la Butte : à la rentrée, la somme est passée de 80 à 277 euros par an. Ils affirment aussi souffrir du manque de reconnaissance de leur métier.
Les artistes de la place du Tertre, à Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris, sont en colère. Ils contestent l’augmentation de la redevance qui leur permet d’exercer leur activité de peintre ou de silhouettistes dans l’un des emplacements les plus convoités et fréquentés de Paris : de 80 euros, cette redevance est passée à 277 euros par an, par artiste et par emplacement. Une décision entérinée lors du Conseil d’arrondissement du 18e le 21 septembre 2009 et validée par le Conseil de Paris quelques jours plus tard.
« C’est la crise, s’exclame Dorothée Dabrou, présidente du Cam (Collectif des artistes montmartrois), qui affirme n’avoir gagné que 650 euros en septembre. Depuis plusieurs mois, nous sommes obligés de baisser le tarif de nos toiles afin d’en adapter le prix à la réalité du marché. Aujourd’hui, nous vendons des petites aquarelles à dix ou douze euros. Impensable, voilà quelques années. Alors augmenter notre droit de place de 350 % d’un seul coup, c’est inacceptable ! »
Inchangée depuis 1983, l’augmentation de cette redevance ne tire guère de larmes parmi les élus du 18e. A l’exception de l’UMP, qui la trouve « carrément scandaleuse », et du PC et des Verts, lesquels estiment que cette augmentation aurait pu être étalée dans le temps. Les artistes de la place du Tertre semblent avoir compris que leur combat était loin d’être gagné : « De toutes façons, si on ne paye pas, on ne retrouvera pas notre place l’année prochaine, » admet Nicole Mathieu, présidente de l’association Carré ouvert.
Au sommet de la Butte, les revendications ont donc évolué. Les peintres parlent désormais de reconnaissance de leur travail d’artiste (ils sont 298). En effet, le dossier est géré par la Direction du développement économique et de l’emploi de la ville de Paris. Pour eux, rendre des comptes aux services culturels serait plus indiqué. « Nous sommes traités sur le même plan que les vendeurs de gaufres, s’indigne Dorothée Dabrou. Or, je peins place du Tertre depuis 1974, après avoir décroché mon diplôme aux Beaux-arts. Ce n’est pas le cas de tous les artistes du Carré… »
Visés, les portraitistes "debout", qui alpaguent les touristes avant qu’ils n’atteignent le cœur de la place où patientent les peintres assermentés. Mais aussi les non diplômés. En effet, l’inscription à la Maisons des artistes suffit à obtenir une autorisation municipale. « S’il y a des croûtes, rien d’étonnant, soupire Dorothée Dabrou, qui fustige « la concurrence des boutiques de souvenirs alentour, où faux et reproductions en tous genres sont vendus à des prix imbattables. »
Côté mairie, Afaf Gabelotaud, adjointe de Daniel Vaillant, chargée du Commerce, de l’artisanat et du développement économique, reste ferme sur l’augmentation de la redevance : « Une réalité économique. Un vendeur de gaufres, justement, c’est 777 euros par an. » Quant à coiffer l’activité du Carré aux artistes par les services culturels de la ville, l’élue avoue son scepticisme : « C’est une revendication nouvelle. Les peintres n’ont jamais proposé quoique ce soit sur le sujet. » Pas de quoi réchauffer vraiment le cœur du Carré aux artistes. Nous sommes mal aimés, disent-ils. Pourtant, sans nous, Montmartre ne serait pas Montmartre.
11 octobre 2009 par Philippe Bordier , Eloïse Daviaud














