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Place du Tertre Artists' PETITION:'Touche pas à nos Artistes'


A Montmartre, le blues
des artistes de la place du Tertre

Les artistes de la place du Tertre, à Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris, contestent l’augmentation de la redevance qui leur permet de peindre et de vendre leurs toiles au sommet de la Butte : à la rentrée, la somme est passée de 80 à 277 euros par an. Ils affirment aussi souffrir du manque de reconnaissance de leur métier.
Les artistes de la place du Tertre, à Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris, sont en colère. Ils contestent l’augmentation de la redevance qui leur permet d’exercer leur activité de peintre ou de silhouettistes dans l’un des emplacements les plus convoités et fréquentés de Paris : de 80 euros, cette redevance est passée à 277 euros par an, par artiste et par emplacement. Une décision entérinée lors du Conseil d’arrondissement du 18e le 21 septembre 2009 et validée par le Conseil de Paris quelques jours plus tard.
« C’est la crise, s’exclame Dorothée Dabrou, présidente du Cam (Collectif des artistes montmartrois), qui affirme n’avoir gagné que 650 euros en septembre. Depuis plusieurs mois, nous sommes obligés de baisser le tarif de nos toiles afin d’en adapter le prix à la réalité du marché. Aujourd’hui, nous vendons des petites aquarelles à dix ou douze euros. Impensable, voilà quelques années. Alors augmenter notre droit de place de 350 % d’un seul coup, c’est inacceptable ! »
Inchangée depuis 1983, l’augmentation de cette redevance ne tire guère de larmes parmi les élus du 18e. A l’exception de l’UMP, qui la trouve « carrément scandaleuse », et du PC et des Verts, lesquels estiment que cette augmentation aurait pu être étalée dans le temps. Les artistes de la place du Tertre semblent avoir compris que leur combat était loin d’être gagné : « De toutes façons, si on ne paye pas, on ne retrouvera pas notre place l’année prochaine, » admet Nicole Mathieu, présidente de l’association Carré ouvert.
Au sommet de la Butte, les revendications ont donc évolué. Les peintres parlent désormais de reconnaissance de leur travail d’artiste (ils sont 298). En effet, le dossier est géré par la Direction du développement économique et de l’emploi de la ville de Paris. Pour eux, rendre des comptes aux services culturels serait plus indiqué. « Nous sommes traités sur le même plan que les vendeurs de gaufres, s’indigne Dorothée Dabrou. Or, je peins place du Tertre depuis 1974, après avoir décroché mon diplôme aux Beaux-arts. Ce n’est pas le cas de tous les artistes du Carré… »
Visés, les portraitistes "debout", qui alpaguent les touristes avant qu’ils n’atteignent le cœur de la place où patientent les peintres assermentés. Mais aussi les non diplômés. En effet, l’inscription à la Maisons des artistes suffit à obtenir une autorisation municipale. « S’il y a des croûtes, rien d’étonnant, soupire Dorothée Dabrou, qui fustige « la concurrence des boutiques de souvenirs alentour, où faux et reproductions en tous genres sont vendus à des prix imbattables. »
Côté mairie, Afaf Gabelotaud, adjointe de Daniel Vaillant, chargée du Commerce, de l’artisanat et du développement économique, reste ferme sur l’augmentation de la redevance : « Une réalité économique. Un vendeur de gaufres, justement, c’est 777 euros par an. » Quant à coiffer l’activité du Carré aux artistes par les services culturels de la ville, l’élue avoue son scepticisme : « C’est une revendication nouvelle. Les peintres n’ont jamais proposé quoique ce soit sur le sujet. » Pas de quoi réchauffer vraiment le cœur du Carré aux artistes. Nous sommes mal aimés, disent-ils. Pourtant, sans nous, Montmartre ne serait pas Montmartre.
11 octobre 2009 par Philippe Bordier , Eloïse Daviaud

Covaci

on the sea



Adolescents on the sea

This sea is covered with adolescents
learning to walk on waves, upright,
sometimes resting their arms on the currents,
sometimes gripping a stiff beam of sunlight.
I lie on the broad beach, an angled shape, cut perfectly,
and I ponder them like travelers landing.
An infinite fleet of yawls. I wait to see
a false step, or at least a grounding
up to knee in the diaphanous swell
beneath their measured progress, sounding.
But they are slim and calm - as well,
they've learned to walk on waves - and standing.

Nichita Stãnescu

SUICIDE

There used to be twenty generations within me
At least
I cannot tell why but this morning,
Maybe because the window was open,
One of us took a leap from the top floor

Then, one by one,
Every one of us began to leap off,
As if from a diving-board,
One after the other, like links in a chain,
Embodying the lemming's
Death-instinct

Half an hour later,
I too was stark naked
To my shame I too had leapt off
It seems I died around the fourth floor;
Anyway, around the second,
I was out of the picture

You are being told this
By a passer-by,
That is, by one of us
Who came out smelling of roses


Marin Sorescu

Lacustrine Dwellings

For many nights I hear the rain,
I hear matter cry in vain
I am alone dreaming again
About lacustrine dwellings

It seems I sleep on soaking boards,
A wave hits on my back, I sank
I startle and I don`t recall
Pulling the bridge off from the bank

Through history a void has stretched,
To those forgotten times, a lapse
I `m there now and I can hear
Heavy with rain the stilts collapse

For many nights I hear the rain,
I tremble, I feel a timeless pain
I am alone dreaming again
About lacustrine dwellings


George Bacovia

And Let

And let the grain which I brought from the mill
(the heavier it is, the more putrescible)
in its tender-firm kernel with dying fill
(the grayer it is, the more comestible)
let the lion roar led astray by dust
(the crueler it is, the more incredible)
from white skulls let the bindweed spring robust
(the slower it is, the more invisible)
and above us spider cast warp and woof
(the lower it is, the more intangible)
to catch the door and thread it to the roof
(the more refined it is, the more invincible)
how meek is the body in the soul so terrible!


Ştefan Augustin Doinaş

Sign 12

Sign 12

Little by little she became a word,
bundles of soul on the wind,
a dolphin in the clutches of my eyebrows,
a stone provoking rings in water,
a star inside my knww,
a sky inside my shoulder,
and I inside I.

Nichita Stãnescu

A Poem

A Poem

Tell me, if I caught you one day
and kissed the sole of your foot,
wouldn't you limp a little then,
afraid to crush my kiss?...

Nichita Stãnescu

Public clock with statues

Public clock with statues

The stones open an eye of stone,
the bones open an eye of bone.
Each dog has a snout in place of its eyes, and barks
from three snouts, generously.
It's a constant transforming of eyes in the air.
The eye of the cat turns into leaves.
The leaves murmur a sweet lament
in the sockets of the mother cats.
My eyes remain open and misted.
My eye blinks in the town council tower,
and suddenly I sense in my sockets,
with infant in arms, the statues of Mary.

Nichita Stănescu

Another kind of Mathematics

Another kind of Mathematics

We know that one times one is one,
but an unicorn times a pear
have no idea what it is.
We know that five minus four is one
but a cloud minus a sailboat
have no idea what it is.
We know that eight
divided by eight is one,
but a mountain divided by a goat
have no idea what it is.
We know that one plus one is two,
but me and you, oh,
we have no idea what it is.

Oh, but a comforter
times a rabbit
is a red-headed one of course,
a cabbage divided by a flag
is a pig,
a horse minus a street-car
is an angel,
a cauliflower plus an egg
is an astragalus.

Only you and me
multiplied and divided
added and substracted
remain the same...

Vanish from my mind!
Come back in my heart!


Nichita Stãnescu