GEORGE ENESCU
Tuesday, October 21, 2008 9:03:53 AM
Georges Enesco (en roumain : George Enescu), né le 19 août 1881 à Liveni (Moldavie roumaine) et mort le 4 mai 1955 à Paris, est le plus célèbre compositeur roumain. Il fut également violoniste virtuose, chef d'orchestre, pianiste et pédagogue.A Paris, le compositeur et le virtuose [modifier]
Billet de la Banque nationale de Roumanie le représentant (1996)Étudiant, Georges a déjà de nombreuses compositions à son actif, aussi bien pour piano que de musique de chambre, des mélodies, quatre symphonies d'école, et son Poème Roumain (1898) créé par Édouard Colonne au Théâtre du Châtelet. Bientôt, s'ensuivent les Rhapsodies roumaines (1901-1902), sa première Suite pour orchestre (1903) et sa Première Symphonie (1905), ainsi qu'un cycle de Sept chansons de Clément Marot (1907-8) créé en présence de Claude Debussy.
Il fréquente les salons parisiens, notamment ceux de la princesse Hélène Bibesco, et voyage à travers l'Europe jusqu'en Russie (1909). À New York, Gustav Mahler fait connaître sa Première Suite. Dans sa Roumanie natale, où il est accueilli en résidence d'été au château de Peleş par la reine Carmen Sylva, le jeune musicien dirige en 1913 des compositions de Richard Wagner, l'ouverture des Maîtres Chanteurs et le Voyage de Siegfried sur le Rhin.
La Première Guerre mondiale le voit s'installer en Roumanie, où il donne la Neuvième symphonie de Ludwig van Beethoven qui n'avait encore jamais été jouée dans son intégralité à Bucarest. À côté de multiples concerts de bienfaisance pour la Croix-Rouge, et de ses efforts pour forger l'orchestre philharmonique de Iaşi, Georges Enesco compose sa Deuxième suite pour orchestre (1915) et sa Seconde symphonie (1918), un Trio pour violon, violoncelle et piano qui anticipe le dernier Fauré et sept Pièces impromptues pour piano, dont le final (Carillon nocturne) fait preuve d'une puissante originalité.
Le langage musical d'Enesco, foncièrement original, est inspiré avant tout par le folklore réinventé tantôt nostalgique (« doïnas »), tantôt dansant ("horas"), de son pays natal, mais les traditions françaises (Debussy, Fauré) et germaniques (Brahms, Strauss) y affleurent parfois aussi. Libre et puissant, au geste lyrique ample, d'une modernité à la fois discrète et exigeante, il constitue un trait d'union musical entre l'Orient et l'Occident de l'Europe. L'œuvre musicale d'Enesco est ainsi à comparer, entre autres, à celles de ses frères de l'Est que furent Bartók, Kodály, Janáček, Szymanowski ou Chostakovitch.
André Pernet (Œdipe) et Marisa Ferrer (Jocaste) lors de la création d'Œdipe (1936)Sa démarche artistique s'incarne bien sûr dans sa musique, "sa vérité", mais Georges Enesco s'est aussi exprimé avec clarté en paroles. Une citation de ses Souvenirs peut ainsi l'éclairer : "La perfection, qui passionne tant de gens, ne m'intéresse pas. Ce qui importe, en art, c'est de vibrer soi-même et de faire vibrer les autres."[2]
Bien que le compositeur n'ait laissé officiellement que trente-trois numéros d'opus, il existe plusieurs centaines d'entrées à son catalogue complet incluant ses esquisses. Enesco a touché à tous les genres : piano seul, musique de chambre (un domaine de prédilection), symphonies, mélodies (en particulier dans sa jeunesse) et opéra avec son Œdipe tout entier marqué par un profond humanisme et salué comme un chef-d'œuvre dès sa création en 1936 au palais Garnier.
Palais Cantacuzène : Musée National Georges Enesco, BucarestIl faut donc ajouter au catalogue ci-dessous [3] de multiples compositions sans opus, achevées ou non (ainsi que des transcriptions et arrangements) ; les manuscrits sont conservés, pour la plupart, au Musée National Georges Enesco.
Enesco a composé des pièces "de concours" pour le Conservatoire de Paris qui mettent en valeur chaque instrumentiste (notamment alto, flûte, harpe, trompette). Parmi ses œuvres posthumes, on relève un Caprice roumain pour violon et orchestre complété par Cornel Ţăranu, et surtout, outre le poème symphonique Isis (1923), ses ultimes Quatrième Symphonie (1934) et Cinquième Symphonie (1941) sur des vers du poète roumain Mihai Eminescu à l'orchestration achevée de main de maître (à partir d'esquisses originales complètes) par le compositeur Pascal Bentoiu.
Une discographie de plus en plus abondante permet désormais d'accéder, à l'exception de certaines œuvres posthumes, à l'essentiel de l'œuvre musicale, qui est disponible aux éditions Enoch et Salabert (Paris) ainsi qu'aux Éditions musicales (Bucarest).











