Skip navigation.

Sign up | Lost password? | Help

Posts tagged with "Liberté"

Erreur

, , , ...

Pour votre sécurité, votre logiciel de Contrôle Gouvernemental a bloqué l'accès à ce site Internet.

Causes les plus probables :

  • Il se peut que l’adresse contienne une erreur de frappe. Vérifiez que vous n'avez pas tapé par erreur http://my.opera.com/anamorphose/blog/ à la place de http://www.tf1.fr.
  • Ce site n'appartient pas à une société commerciale, un média ou un parti politique homologué par le Gouvernement pour la Communication en Ligne.
  • Ce site ne présente pas les critères de professionalisme et de sérieux requis pour la crédibilité des informations qu'il véhicule.
  • Les textes publiés sur ce site n'ont pas été approuvés par un journaliste certifié par l'Autorité Gouvernementale de Contrôle.
  • Ce site véhicule des propos, idées ou opinions inexacts, susceptibles d'induire en erreur, néfastes, nuisibles à l'économie, aux mineurs, aux majeurs, aux bonnes moeurs ou au moral de la Nation.
  • Ce site est consultable gratuitement, sans abonnement ni dépôt de numéro de carte bancaire ou enregistrement d'informations personnelles, et ne propose aucune publicité, ce qui est contraire à la Confiance dans l'Économie Numérique.
  • Ce site n'est pas un site d'opposition valide car il n'est pas édité par le parti socialiste.
  • Ce site est soupçonné d'être en relation avec la mouvance anarcho-naturiste-végétarienne-autonome d'ultra-gauche.
  • Ce site n'est pas optimisé pour Microsoft Internet Explorer et peut scandaleusement être consulté depuis n'importe quel type d'ordinateur équipé de n'importe quel navigateur.
  • Essayez l'une des solutions suivantes :

    Consultez l'annuaire des sites Internet approuvés par l'Autorité Gouvernementale.

    ;

    Si vous êtes certain que ce site présente tous les critères de moralité et de conformité autorisant sa consultation, vous pouvez outrepasser cet avertissement de sécurité et poursuivre votre consultation du site.
    Vous engagez dans ce cas votre responsabilité pénale, et votre consultation de ce site sera automatiquement notifiée aux Autorités Compétentes.
    Il est rappelé pour votre protection que la consultation volontaire d'un site Internet non autorisé est passible de sévères sanctions pénales.

    Dans le souci d'une amélioration constante de la qualité du réseau Internet, si vous constatez la présence de ce message d'avertissement sur l'écran d'un tiers, relation, ami, collègue de travail ou membre de votre famille, nous vous remercions de faire acte de civisme en le signalant sans tarder au Ministère de la Délation.

    Le Prisonnier par Patrick Mac Goohan

    , , ,

    Un grand créateur visionnaire des dérives anti-démocratiques du monde actuel est décédé, Patrick Mac Goohan, c'est un peu de moi-même qui disparait.






    Le ministère de l'Education nationale entend surveiller étroitement les blogs et les forums de discussion sur internet.

    , , , ...

    Le ministère de l'Education nationale entend surveiller étroitement les blogs et les forums de discussion sur internet auxquels participent les enseignants français, au grand dam de syndicalistes du secteur.




    Le ministère vient de lancer un appel d'offre ayant pour objet "la veille d'opinion" et son cahier des charges, paru au Journal officiel du 4 novembre dernier, est très précis.

    Il prévoit que le prestataire retenu devra "identifier les thèmes stratégiques (...), décrypter les sources des débats et leur mode de propagation (...), repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau".

    Jean-Marc Vinauger, du syndicat Sud-Education du Loiret, s'est insurgé contre la création de cet outil qui, selon lui, démontre que le gouvernement veut contrôler les opinions contestataires, des mouvements de grève ayant accueilli sa volonté de supprimer 13.500 suppressions de postes en 2009. A la rentrée 2008, 11.200 postes ont déjà été supprimés.

    "Le ministre, qui affirme dans la presse que les enseignants adhèrent largement à ses réformes, est si sûr de lui qu'il lance un appel d'offre à des officines privées pour la modique somme de 220.000 euros par an afin de détecter les foyers d'agitation", déclare Jean-Marc Vinauger.

    Au cabinet de Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, on dément ces accusations tout en reconnaissant une attention particulière portée à l'opinion des agents.

    "Il s'agit d'un appel d'offre renouvelé chaque année depuis 2006", précise-t-on à la délégation communication du ministère.

    "Ce qui est nouveau, c'est la place occupée aujourd'hui par les forums et les blogs sur internet. Il est très intéressant pour un ministre de connaître l'opinion de ses agents et en premier lieu des enseignants", explique-t-on au ministère.

    "Il n'est pas question d'un esprit de fichage, mais d'une connaissance plus fine de la façon dont les enseignants perçoivent la politique de leur ministre."

    Les principaux syndicats d'enseignants des collèges et lycées ont appelé à la grève le 20 novembre contre le projet de budget pour 2009 qui prévoit des réductions d'effectifs, rejoignant ainsi l'appel des enseignants du primaire.

    Sauvons la liberté des échanges sur Internet des directives européennes.

    , , , ...

    Saluons l'initiative de la Quadrature du Net, contre la riposte graduée.

    Sauvons le net européen !

    Save the European Net !

    Désormais, avoir une Opinion en France est un crime II - Now have an opinion in France is a crime.

    , , , ...

    Désormais, avoir une Opinion en France est un crime


    Dans le blog
    Le genre qui ne se laisse pas faire [url]http://societales.blogs.liberation.fr/alain_piriou/2008/09/edvige-20-menti.html Alain Piriou analyse le projet de nouveau décret.



    Les reculs de la Ministre de l'Intérieur sont certes déjà considérables. La bataille n'en est pas pour autant terminée. Le fichier EDVIRSP (exploitation documentaire et valorisation de l'information relative à la sécurité publique) n'est pas acceptable. Le fichage des mineurs, le fichage de l'origine ethnique des individus, le fichage des opinions politiques,syndicales,religieuses ne sont pas abandonnés. Seules les données concernant la santé et la vie sexuelle sont abandonnées dans ce nouveau projet.

    Pourquoi ficher des personnes qui simplement ont des responsabilités dans les mouvements politiques, syndicaux et religieux sans jamais avoir commis le moindre délit ?

    Pas un seul fichier de plus.


    Now have an opinion in France is a crime.

    The setbacks of the Minister of the Interior French are already considerable. The battle is still not complete. The file EDVIRSP (documentary exploitation and utilization of information on public safety) is not acceptable. The registration of minors, the filing of the ethnic origin of individuals, the registration of political opinions , trade union, religious are not abandoned. Only data on health and sex life are abandoned in this new project.

    Why roster of people who simply have responsibilities in political movements, trade union and religious without ever having committed any offense?

    Not a single file over.

    L'informatique de confiance = Trusted computing

    , , , ...

    Coût de la guerre en Irak pour les États-Unis d'Amérique

    , , , ...

    Stiglitz estime le coût total de cette guerre à 3 000 milliards pour les USA auxquels s’ajoutent 3 000 milliards pour le reste du monde. Ce total avoisine la moitié du PIB des USA. « Les Etats-Unis - et le monde - auront à en payer le prix pour les décennies à venir, » avertit le lauréat du Prix Nobel d’économie 2001.





    Joseph Stiglitz, Toronto Star, 12 mars 2008

    A l’approche de la date du 20 Mars, qui marque le cinquième anniversaire de l’invasion de l’Irak par les États-Unis, le temps est venu d’établir un bilan de ces évènements.

    Dans notre nouveau livre The Three Trillion Dollar War, Linda Bilmes, qui enseigne à Harvard, et moi-même, avons établi une estimation prudente du coût économique de la guerre pour les États-Unis à 3 000 milliards de dollars, et de ces coûts pour le reste du monde à trois autres milliers de milliards - ce qui est bien supérieur aux estimations de l’administration Bush avant la guerre.

    L’équipe Bush a non seulement abusé l’opinion sur les coûts éventuels de la guerre, mais elle a également cherché à les occulter durant le déroulement de celle-ci.

    Cela n’est guère surprenant. Après tout, l’administration Bush a menti sur tout le reste, depuis les armes de destruction massive de Saddam Hussein jusqu’à son lien supposé avec Al-Qaida. De fait, c’est uniquement après l’invasion que l’Irak est devenu un terrain de prédilection pour les terroristes.

    L’administration Bush affirmait que la guerre coûterait 50 milliards de dollars. Les États-Unis consacrent désormais cette somme à la guerre d’Irak tous les trois mois.

    Voici ce que représente ce chiffre : pour un sixième du coût de la guerre, les États-Unis pourraient assurer à leur système de sécurité sociale des fondements solides pour plus de cinquante ans, sans réduire les prestations ni augmenter les cotisations.

    Par ailleurs, l’administration Bush a réduit les impôts pour les plus riches au moment même où elle s’engageait dans ces hostilités, et ce malgré le déficit budgétaire. En conséquence, elle a dû faire appel au crédit - souvent financé depuis l’étranger - pour payer cette guerre.

    C’est la première fois dans l’histoire américaine où une guerre n’a pas exigé certains sacrifices de la part des citoyens par le biais de taxes plus élevées. Cette fois, la totalité des coûts a été transférée sur les générations futures.

    A moins que les choses ne changent, la dette nationale des États-Unis - qui était de 5 700 milliards de dollars quand Bush est devenu président - sera augmentée de 2 milliards de dollars en raison de la guerre (qui viendront s’ajouter aux 800 milliards de dollars de déficit de l’administration Bush avant la guerre).

    S’agit-il d’incompétence ou de malhonnêteté ?

    Les deux sans doute.

    La comptabilité de trésorerie pratiquée par l’administration Bush a mis l’accent sur les coûts présents, et non pas les coûts futurs, y compris les handicaps et les soins de santé pour les anciens combattants.

    C’est seulement au bout de plusieurs années après le début de la guerre, que l’administration a décidé de construire les véhicules blindés qui auraient sauvé la vie des nombreux soldats victimes des explosifs placés au bord des routes.

    Le gouvernement ne voulant pas réintroduire la conscription, et l’armée rencontrant des difficultés à recruter pour une guerre impopulaire, les troupes ont été obligées d’assurer deux, trois voire quatre tours de missions très stressants.

    L’administration a tenté de dissimuler les coûts de la guerre à l’opinion publique américaine. Des groupes d’anciens combattants ont du utiliser le Freedom of Information Act [1] pour découvrir le nombre total de blessés - égal à 15 fois le nombre de morts.

    Aujourd’hui, ce sont 52 000 anciens combattants qui ont été diagnostiqués souffrants de troubles post-traumatiques. Le gouvernement américain devra payer une pension d’invalidité à environ 40% des 1,65 million de soldats qui ont déjà été déployés.

    Bien évidemment, cette hémorragie se poursuivra aussi longtemps que la guerre durera, avec une facture de soins de santé et d’invalidité s’élevant à plus de 600 milliards de dollars (en valeur actuelle).

    L’idéologie et l’affairisme ont également joué un rôle dans l’augmentation des coûts de la guerre. L’Amérique a fait appel à des entreprises privées, plus onéreuses.

    Un garde de sécurité employé par Blackwater peut coûter plus de 1000 dollars par jour, sans compter l’assurance pour invalidité et l’assurance-vie, qui sont payés par le gouvernement.

    Lorsque le taux de chômage en Irak a bondi à 60%, l’embauche d’Irakiens aurait été logique, mais les entreprises ont préféré importer de la main-d’œuvre bon marché en provenance du Népal, des Philippines et d’autres pays.

    Cette guerre n’a eu que deux vainqueurs : les compagnies pétrolières et celles du secteur de la défense. Le cours des actions d’Halliburton, la société que dirigeait le vice-président Dick Cheney, est monté en flèche. Mais au moment même où le gouvernement faisait de plus en plus appel aux entrepreneurs privés, il réduisait aussi ses contrôles.

    Le prix le plus élevé de cette guerre mal conduite a été payé par l’Irak. La moitié de ses médecins ont été tués ou ont quitté le pays, le taux de chômage s’élève à 25% et, cinq ans après le début de la guerre, Bagdad a encore moins de huit heures d’électricité par jour.

    Sur une population totale d’environ 28 millions, 4 millions de personnes sont déplacées et 2 millions ont fui le pays.

    Les milliers de morts violentes ont accoutumé la plupart des occidentaux à ce qui se déroule en Irak : Un attentat à la bombe qui tue 25 personnes ne soulève plus d’intérêt.

    Mais des études statistiques des taux de mortalité avant et après l’invasion révèlent une sombre réalité. Ils suggèrent que le nombre de décès supplémentaires serait compris entre un minimum de 450 000 dans les 40 premiers mois de la guerre (dont 150 000 morts violentes) et s’éleverait jusqu’à 600 000.

    Avec tant de personnes en Irak qui souffrent tant et de tant de façons, il peut sembler cynique de discuter des coûts économiques.

    Et il peut sembler particulièrement égocentrique de mettre l’accent sur le coût économique supporté par les USA, qui se sont engagés dans cette guerre en violation du droit international. Mais les coûts économiques sont énormes, et ils vont bien au-delà de dépenses budgétaires.

    Les Américains utilisent souvent l’expression selon laquelle « il n’existe pas de repas gratuit ». Il n’existe pas non plus de guerre gratuite. Les Etats-Unis - et le monde - auront à en payer le prix pour les décennies à venir.

    Joseph Stiglitz, lauréat 2001 du prix Nobel d’Economie, est professeur d’économie à l’Université de Columbia et co-auteur, avec Linda Bilmes, de "The Three Trillion Dollar War : The True Costs of the Iraq Conflict".

    Union Européenne = Empire

    , , , ...

    L'Union Européenne est le nouveau système soviétique.
    Vidéo envoyée par thesavoisien du site dailymotion.

    L'Union Européenne est le nouveau système soviétique par Boukovsky, entretien en anglais sous-titré en français.

    http://www.dailymotion.com/playlist/xhq0s_gilles_c_union-europeenne

    Colombie: Disparition d’un dirigeant syndical

    , , , ...


    Bruxelles, le 25 avril 2008: La CSI exprime sa profonde indignation et dénonce énergiquement la disparition de Guillermo Rivera Fuquene, Président du Syndicat des fonctionnaires de Bogotá (SINSRVPUB), de la CTC Colombia et fonctionnaire de l’Inspection des Finances de Colombie. Cet événement vient s’ajouter à la longue liste des violations quotidiennes des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses de Colombie.

    M. Rivera Fuquene a disparu le 22 avril à 6h30 du matin, dans le quartier « El Tunal » au moment où il sortait de chez lui pour déposer sa fille à l’école. Sa disparition, qui s’est produite dans un climat de harcèlement, de menaces et d’agressions à l’encontre des dirigeants syndicaux, vient démentir de manière catégorique les affirmations du gouvernement du Président Uribe selon lesquelles la situation s’améliore en Colombie pour la classe ouvrière et pour les syndicalistes.

    Dans une lettre adressée au Président Uribe (disponible uniquement en espagnol), la Confédération syndicale internationale (CSI) se joint à ses organisations affiliées colombiennes pour exprimer leur réprobation et leur indignation devant cet événement. La CSI exige des autorités qu’elles ouvrent sans délai les enquêtes nécessaires afin d’élucider ces faits et de retrouver le plus vite possible, sain et sauf, ce dirigeant syndical dont la vie court un grave danger.

    « Il est nécessaire de mettre fin à ce climat de violence constante », a déclaré M. Guy Ryder, Secrétaire général de la CSI. « Les travailleurs et travailleuses de Colombie réclament que soient respectés leurs droits les plus élémentaires, consacrés par les Conventions fondamentales de l’OIT, qui ont été ratifiées par la Colombie ».

    Le modèle chinois

    , , , ...

    Un arrêt récent de la Cour européenne de justice a choisi de privilégier la liberté d’entreprendre au détriment du droit de grêve. Sa décision interdit aux syndicats d’agir contre les entreprises qui refusent d’appliquer à leurs salariés détachés dans un autre pays les conventions collectives applicables dans ce pays. Pour Alain Soupiot, « l’Europe réalise les projets constitutionnels de Friedrich Hayek, l’un des pères du fondamentalisme économique : une « démocratie limitée », dans laquelle la répartition du travail et des richesses, de même que la monnaie, seraient soustraites à la décision politique et aux aléas électoraux, » rejoignant ainsi le modèle... chinois.







    Alain Soupiot, Le Monde, 24 janvier 2008

    La Cour de justice européenne détient une part essentielle du pouvoir législatif dans l’Union. A la différence de nos juridictions, elle statue pour l’avenir par disposition générale et à l’égard de tous, comme la loi elle-même. Par deux arrêts, capitaux pour le devenir de "l’Europe sociale", elle vient de trancher la question de savoir si les syndicats ont le droit d’agir contre des entreprises qui utilisent les libertés économiques garanties par le traité de Rome pour abaisser les salaires ou les conditions de travail.

    Dans l’affaire Viking, une compagnie finlandaise de navigation souhaitait faire passer l’un de ses ferrys sous pavillon de complaisance estonien, afin de le soustraire à la convention collective finlandaise. L’affaire Laval concernait une société de construction lettonne, qui employait en Suède des salariés lettons et refusait d’adhérer à la convention collective suédoise. Dans les deux cas, les syndicats avaient recouru à la grève pour obtenir le respect de ces conventions, et la Cour était interrogée sur la licéité de ces grèves.

    Le droit de grève étant explicitement exclu du champ des compétences sociales communautaires, un juge européen respectueux de la lettre des traités se serait déclaré incompétent. Mais la Cour juge depuis longtemps que rien en droit interne ne doit échapper à l’empire des libertés économiques dont elle est la gardienne. Elle s’est donc reconnue compétente. L’arrêt Laval interdit aux syndicats d’agir contre les entreprises qui refusent d’appliquer à leurs salariés détachés dans un autre pays les conventions collectives applicables dans ce pays. Au motif qu’une directive de 1996 accorde à ces salariés une protection sociale minimale, la Cour décide qu’une action collective visant à obtenir, non pas seulement le respect de ce minimum, mais l’égalité de traitement avec les travailleurs de cet Etat, constitue une entrave injustifiée à la libre prestation de services.

    L’arrêt Viking affirme que le droit de recourir à des pavillons de complaisance procède de la liberté d’établissement garantie par le droit communautaire. Il en déduit que la lutte des syndicats contre ces pavillons est de nature à porter atteinte à cette liberté fondamentale. La Cour reconnaît certes que le droit de grève fait "partie intégrante des principes généraux du droit communautaire". Mais elle interdit de s’en servir pour obliger les entreprises d’un pays A qui opèrent dans un pays B à respecter l’intégralité des lois et conventions collectives de ce pays B. Sauf "raison impérieuse d’intérêt général", dont la Cour se déclare seule juge, les syndicats ne doivent rien faire qui serait "susceptible de rendre moins attrayant, voire plus difficile" le recours aux délocalisations ou aux pavillons de complaisance.

    Cette jurisprudence jette une lumière crue sur le cours pris par le droit communautaire. Il échappait déjà à peu près complètement aux citoyens, tant en raison de l’absence de véritable scrutin à l’échelle européenne que de la capacité des Etats à contourner les résistances électorales lorsqu’elles s’expriment dans des référendums nationaux. L’apport des arrêts Laval et Viking est de le mettre également à l’abri de l’action syndicale. A cette fin, les règles du commerce sont déclarées applicables aux syndicats, au mépris du principe de "libre exercice du droit syndical", tel que garanti par la convention 87 de l’Organisation internationale du travail (OIT).

    Le droit de grève et la liberté syndicale sont le propre des vraies démocraties, dans lesquelles l’évolution du droit n’est pas seulement imposée d’en haut, mais vient aussi d’en bas, de la confrontation des intérêts des employeurs et des salariés. Le blocage progressif de tous les mécanismes politiques et sociaux susceptibles de métaboliser les ressources de la violence sociale ne pourra bien sûr engendrer à terme que de la violence, mais ce sont les Etats membres et non les institutions communautaires qui devront y faire face.

    L’Europe est ainsi en passe de réaliser les projets constitutionnels de l’un des pères du fondamentalisme économique contemporain : Friedrich Hayek. Hayek a développé dans son oeuvre le projet d’une "démocratie limitée", dans laquelle la répartition du travail et des richesses, de même que la monnaie, seraient soustraites à la décision politique et aux aléas électoraux. Il vouait une véritable haine au syndicalisme et plus généralement à toutes les institutions fondées sur la solidarité, car il y voyait la résurgence de "l’idée atavique de justice distributive", qui ne peut conduire qu’à la ruine de "l’ordre spontané du marché" fondé sur la vérité des prix et la recherche du gain individuel. Ne croyant pas à "l’acteur rationnel" en économie, il se fiait à la sélection naturelle des règles et pratiques, par la mise en concurrence des droits et des cultures à l’échelle internationale. Cette faveur pour le darwinisme normatif et cette défiance pour les solidarités syndicales se retrouvent dans les arrêts Laval et Viking.

    Le succès des idées de "démocratie limitée" et de "marché des produits législatifs" doit moins toutefois aux théories économiques, qu’à la conversion de l’Europe de l’Est et de la Chine à l’économie de marché. Avec leur arrogance habituelle, les Occidentaux ont vu dans ces événements, et l’élargissement de l’Union qui en a résulté, la victoire finale de leur modèle de société, alors qu’ils ont donné le jour à ce que les dirigeants chinois appellent aujourd’hui "l’économie communiste de marché".

    On aurait tort de ne pas prendre au sérieux cette notion d’allure baroque, car elle éclaire le cours pris par la globalisation. Edifié sur la base de ce que le capitalisme et le communisme avaient en commun (l’économisme et l’universalisme abstrait), ce système hybride emprunte au marché la compétition de tous contre tous, le libre-échange et la maximisation des utilités individuelles, et au communisme la "démocratie limitée", l’instrumentalisation du droit, l’obsession de la quantification et la déconnection totale du sort des dirigeants et des dirigés. Il offre aux classes dirigeantes la possibilité de s’enrichir de façon colossale (ce que ne permettait pas le communisme) tout en se désolidarisant du sort des classes moyennes et populaires (ce que ne permettait pas la démocratie politique ou sociale des Etats-providence). Une nouvelle nomenklatura, qui doit une bonne part de sa fortune soudaine à la privatisation des biens publics, use ainsi de la libéralisation des marchés pour s’exonérer du financement des systèmes de solidarité nationaux.

    Cette "sécession des élites" (selon l’heureuse expression de Christopher Lasch) est conduite par un nouveau type de dirigeants (hauts fonctionnaires, anciens responsables communistes, militants maoïstes reconvertis dans les affaires) qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’entrepreneur capitaliste traditionnel. Leur ligne de conduite a été exprimée il y a peu avec beaucoup de franchise et de clarté par l’un d’entre eux : il faut "défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance" [1]. En tête de ce programme figuraient "l’établissement de la démocratie la plus large (...), la liberté de la presse et son indépendance à l’égard des puissances d’argent, (...) l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie, (...) la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant". Rien de tout cela n’est en effet compatible avec l’économie communiste de marché.

    Alain Supiot est membre de l’Institut universitaire de France, directeur de l’Institut d’études avancées de Nantes.

    Publication originale Le Monde, via Opus Incertum
    November 2009
    M T W T F S S
    October 2009December 2009
    1
    2 3 4 5 6 7 8
    9 10 11 12 13 14 15
    16 17 18 19 20 21 22
    23 24 25 26 27 28 29
    30