Le 09 juin 2011
Communiqué de presse
Centre de Formation pour Sportifs de Haut Niveau : quid du
fair play sportif ?
Les responsables du Consortium Speed (Sport d’Excellence et Education) se sont réunis afin de faire
le point, après le passage devant le jury de la Communauté française, sur l’évolution du dossier
d’implantation du futur Centre de Formation pour Sportifs de haut Niveau (CFSHN).
Ils ont notamment pris connaissance de divers articles de presse parus depuis le 24 mai et constaté à
regret que les protagonistes de la candidature Apogia (Ottignies Louvain-La-Neuve) livrent des
propos de plus en plus agressifs, contestables, voire franchement mensongers, quand ils comparent
leur projet avec le projet Speed. On s’éloigne du fair play sportif qui devrait pourtant dominer les
débats.
Les responsables du projet Speed regrettent d’autant plus cette dérive que, de leur côté, ils ont
constamment défendu publiquement les atouts de leur projet, en évitant de dénigrer les autres
candidatures.
Il nous paraît cependant que la situation créée par les déclarations récentes des représentants
d’Apogia impose quelques correctifs et précisions.
L’accessibilité. « Si le centre de formation va à Liège, ce serait catastrophique en termes
d’accessibilité » (Pr M. Francaux, L’Avenir éd. Brabant wallon, 25/5/2011). « Si le centre ne s’installe
pas à Louvain-la-Neuve, les sportifs Bruxellois continueront à aller s’entraîner à Gand qui leur sera
toujours plus accessible » (J. Borlée, L’Avenir éd. Brabant wallon, 25/5/2011).
Liège n’est pas une île déconnectée des grands réseaux de communication…. La région est même
actuellement un important centre économique international de logistique. C’est dire si les
communications (auto)routières et ferroviaires sont denses et l’accessibilité aisée. Dans un espace
aussi limité que la Belgique francophone, ce n’est pas la centralité qui prime (un atout que présente
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Apogia), mais l’accessibilité. C’est d’ailleurs l’un des critères du cahier des charges de la Communauté
française. De ce point de vue, le site de Liège n’est évidemment pas moins accessible que celui de
Louvain-la-Neuve. Notons également que les sportifs en formation, comme un certain nombre de
personnels des staffs des fédérations, logeront sur place et ne feront donc pas des allers et retours
quotidiens depuis leur domicile. On parle ici d’élites sportives, amenées à vivre dans un
environnement international, et donc à effectuer de fréquents stages et compétitions à l’étranger, ce
qui relativise à nouveau l’atout de la « centralité » en Communauté française, mais renforce par
contre la nécessité de pouvoir accéder facilement à des villes en Europe ou dans le monde. Région
transfrontalière, connectée à la grande vitesse ferroviaire, à moins de 100 km de trois aéroports
passagers (Bruxelles, Charleroi, Aachen-Maastricht), Liège offre également de larges possibilités de
déplacements faciles et directs. Sur la base de déplacements en train depuis des villes telles que
Tournai, Mons, Namur, Bruxelles (gare centrale), les temps de parcours sont pratiquement identiques
pour rejoindre Louvain-la-Neuve ou Liège, mais tous les trajets vers Liège sont directs.
Un site excentré. « Le gros point faible du projet liégeois est sa situation excentrée par rapport à la
ville. Tous les déplacements entre le centre, la piscine qui est à 8 km et les écoles devront donc être
motorisés. Quelle perte de temps et d’organisation pour les 250 sportifs » (Pr M. Francaux, La Libre
Belgique, 07/06/2011).
M. Francaux semble ignorer la saturation de places qui existe déjà dans plusieurs écoles secondaires
du Brabant wallon, notamment à Louvain-la-Neuve (cfr la dernière campagne d’inscription liée au
décret Inscriptions). Comment ces écoles vont-elles faire pour libérer 250 places sans préjudicier les
autres élèves ? C’est un leurre de croire que tous les sportifs en formation pourront fréquenter les
seules écoles de Louvain-la-Neuve : ils devront aussi se déplacer, en voiture ou par transport en
commun, vers des écoles plus éloignées, notamment pour rejoindre des établissements proposant
des sections techniques ou professionnelles dans toutes les finalités d’études. Ce problème de places
dans les écoles ne se pose pas à Liège qui, comme le souligne le dossier de candidature Speed,
compte 41 écoles secondaires, tous réseaux et tous types (général, technique et professionnel) dans
un rayon de 14 km maximum autour du Centre sportif du Sart Tilman (dont plusieurs déjà
spécialisées dans l’accueil d’élites sportives). Sans évoquer la présence sur place de l’université
publique et la plus complète de la Communauté française, ainsi que, dans tous les réseaux, de Hautes
Ecoles diversifiées.
Le dossier Speed prévoit budgétairement (à charge de la Province de Liège) l’organisation de ces
déplacements, déjà réalisés d’ailleurs avec efficacité pour les sportifs en formation de la Ligue belge
francophone de Rugby, qui a choisi depuis l’automne 2010 d’implanter son centre de formation au
Sart Tilman.
Ajoutons aussi, en termes de déplacements, ceux liés à la gestion des blessures, de plus en plus
fréquentes dans le sport de haut niveau. Ces blessures exigent une capacité de prise en charge
complète et rapide : dans le projet Speed, il suffit de « traverser la rue » pour avoir accès, à 300
mètres à peine et en priorité, à tous les services médicaux du CHU de Liège. A Louvain-la-Neuve, pour
accéder à des services médicaux aussi spécialisés, les athlètes devront faire des allers et retours
incessants à Mont-Godinne ou Woluwé Saint-Pierre.
Quant aux déplacements vers la piscine olympique de Seraing – qui ne concerneront en fait qu’une
quinzaine de nageurs -, on la « rejoint, montre en main, en 13 minutes depuis le Sart Tilman, ce qui
tue les accusations de ‘projet bipolaire’ », signalait la rédaction sportive du journal Le Soir
(21/05/2011).
Quant à la « situation excentrée par rapport à la ville », c’est précisément le modèle adopté par des
centres de référence comme l’INSEP à Paris, Macolin en Suisse ou les CAR de Madrid, Barcelone et
Grenade, situés, comme au Sart Tilman, dans un cadre paisible mais en proche périphérie d’un coeur
urbain et de ses commodités que l’on rejoint en quelques minutes. Les sportifs de haut niveau ne
sont pas des moines, mais les fédérations apprécient aussi de les préserver de tentations trop faciles,
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telles que les guindailles estudiantines, alors qu’ils doivent mener deux carrières de front : leur sport
et leur scolarisation !
Des bâtiments vieillots. « (…) on pointera le recyclage de bâtiments vieillots dont la rénovation et le
fonctionnement coûteront cher » (Pr M. Francaux, La Libre Belgique, 07/06/2011). « Nous
n’utiliserons pas une vieille piscine recyclée » (Pr M. Francaux, L’Avenir éd. Brabant wallon,
25/5/2011).
Le dossier de candidature Speed intègre dans son plan financier le coût de rénovation d’installations
des Centres sportifs du Sart Tilman. Pourquoi ? Le CIO a édicté des principes de bonne gouvernance,
préconisant notamment la maximalisation d’infrastructures existantes, notamment afin de réduire
l’empreinte écologique (Agenda 21 du mouvement olympique. Le sport pour un développement
durable). Les infrastructures du Sart Tilman sont parfaitement fonctionnelles, et elles bénéficieront
aussi de l’investissement réalisé par l’ULg dans une nouvelle centrale de cogénération biomasse,
désormais la plus grande installation de ce type en Wallonie dans une institution publique.
Concernant la piscine olympique, elle vient d’être complètement rénovée par la Ville de Seraing
(terme plus adéquat que « recyclée »…). On notera par ailleurs le caractère mensonger des
affirmations suivantes : « Il n’y a aucune piscine de 50X25 m en Communauté française » (Pr M.
Francaux, L’Avenir éd. Brabant wallon, 25/5/2011), « Les experts ont, par ailleurs, apprécié que le
projet APOGIA dispose de l’espace nécessaire pour implanter la seule piscine de 50X25 m qui réponde
au cahier des charges » (
http://www.uclouvain.be/366908.html). La piscine olympique de Seraing a
bien les dimensions olympiques requises, et ce depuis 1976… Elle répond parfaitement au cahier des
charges de la Communauté française.
Coûts. « Notre projet ferait économiser plus de 39 millions d’euros à la Communauté française, en
plus d’une économie de près de deux millions d’euros par an en frais d’exploitation » (Ph. Barras, La
Libre Belgique, 25/05/2011).
Apogia a enfin fait ses comptes… Encore faudrait-il savoir avec précision ce que recouvrent ces
apports, leur pertinence par rapport au projet et, surtout, la part qu’il restera encore à financer pour
la Communauté française. Le dossier de candidature Speed s’appuie, lui, sur un business plan solide,
précis et détaillé, qui permet d’affirmer sans ambiguïtés qu’avec 33,5 M€ d’apports, il ne restera plus
que 55% de l’investissement à réaliser par la Communauté française, soit 41,5 M€ (hors TVA, frais
d’architectes, aménagement des abords et sécurisation). Le Consortium Speed est même allé plus
loin en proposant à la Communauté française un modèle de financement avantageux pour la part qui
lui restera à financer, les constructions étant préfinancées par un consortium associant Meusinvest
et une grande entreprise locale, la Communauté française payant un remboursement annuel de
l’ordre de 3,33 M€ + 0,62 M€ de provision pour les frais de gros entretiens. Au terme de la formule
proposée sur 30 ans, elle deviendra totalement propriétaire des installations parfaitement
fonctionnelles, tout en sortant son investissement du périmètre de la dette.
La même transparence domine pour les apports en frais de fonctionnement annuels (1,5 M€), soit 45
millions sur les 30 ans évoqués ci-dessus.
Ces apports annuels de fonctionnement limitent le coût restant à charge de la Communauté
Française à 2 M€/an, les occupations de salles étant dès lors gratuites.
La « mise à disposition de personnel » (12,3 équivalents temps pleins financés par les partenaires du
consortium liégeois) ne provient pas, comme l’insinue dédaigneusement le Pr M. Francaux (La Libre
Belgique, 07/06/2011), de la récupération de personnes « qui ne font rien » mais bien de nouveaux
postes créés pour le CFSHN ou, pour 4,8 ETP, d’une mutualisation de tâches déjà prises en charge au
sein de l’ASBL de gestion des Centres sportifs du Sart Tilman.
La nature et la budgétisation détaillée des apports en construction ou en fonctionnement (validés par
les organes de contrôle des quatre partenaires du projet) sont aisément consultables par tous, Speed
ayant mis en ligne l’intégralité de son dossier de candidature (cliquer sur « Lire le dossier intégral de
Communiqué de presse Speed : Quid du fair play sportif ? – 09 juin 2011 Page 4
la candidature Speed » et « Lire les compléments d’informations demandés par le jury » sur
www.speedliege.be).
Apogia peut-il démontrer la même transparence ?