Critiques de film - Octobre 2009
Sunday, 1. November 2009, 16:25:00
Cineman
Réalisé par Yann Moix
Avec Franck Dubosc, Lucy Gordon, Pierre-François Martin-Laval et Pierre Richard
L'histoire est celle de Régis Deloux, professeur de mathématiques, qui va découvrir que par le biais d'une broche magique il peut voyager dans les films. Dans ces aventures il va devoir sauver Viviane Cook détenue prisonnière dans le film Sissi Impératrice par l'affreux Douglas Craps.
Certes, aller voir un film avec Franck Dubosc en premier rôle c'était risqué. Je me suis sans aucun doute laissé emporter par l'effet "avant-première". De plus le film passait assez tôt... non vous avez raison je n'ai aucune excuse valable
Le film est donc à la hauteur... des craintes qu'on pouvait en avoir. Le réalisateur a dû penser qu'en faisant un film avec Franck Dubosc et Pierre Richard on pouvait tout se permettre.
Dubosc s'éloigne cette fois un peu de son personnage d'éternel-ado mégalomane mais le résultat n'est pas meilleur.
Les gags sont navrants de ridicule. La mention "déconseillé aux plus de 12 ans" devrait être marquée au bas de l'affiche.
On nous sert du comique de répétition barbant car pas adapté à l'acteur. Dans ce style, seul le combat avec le léopard m'a fait rire. Il est vrai que voir un acteur de 45 ans déguisé en Tarzan se battre avec un animal en peluche c'est tellement con qu'on en rigole.
Pour le reste on déplore l'utilisation à outrance de bruitages pour un oui ou un non... On a plus l'impression de voir une émission de la BBC pour les enfants qu'un vrai film.
Ajouté aux bruitages, on a aussi des effets visuels qu'on a plus l'habitude de voir dans les pubs Barbie...
Bref, on a l'impression que ce film a été monté avec comme seule base la ressemblance entre Dubosc et le "blondin" de Le Bon, la Brute et le Truand et que seulement après on a cherché un scénario pour raccorder les différents sketchs.
Comme le dit Pierre Richard dans le film, on ne peut pas faire n'importe quoi avec le cinéma. La plus grosse erreur a été d'y faire rentrer Dubosc.
ClonesDe Jonathan Mostow (Terminator 3, U-571)
Avec Bruce Willis, Radha Mitchell, Rosamund Pike et James Cromwell
On est en 2017. Pour des principes de sécurité, d'esthétique et autres, la société a largement adopté l'utilisation de drones qui les remplacent dans leur vie de tous les jours, pour aller au boulot ou même faire la fête pendant que le corps humain est tranquillement connecté au chaud à la maison.
Tom Greer, agent du FBI, travaille sur un cas d'homicide un peu particulier. Un drone a été dézingué et la personne physique qui le contrôlait... en est morte.
Il part alors à la recherche de l'arme qui a causé ce meurtre mais tout en se frottant au lobby des drones qui n'a pas envie que ce type de cas se sache...
Ce film est un vrai sujet de société. Dès l'introduction, le réalisateur s'est appuyé sur des faits réels, des documents existants pour expliquer l'évolution de la robotique dans la société en prenant les travaux de Hiroshi Ishiguro ou les greffes de main bionique.
Il a ensuite mixé ces évolutions avec l'univers des jeux massivement multijoueurs (Second Life, WoW...) et la dépendance qu'ils peuvent créer.
Au final on nous décrit un monde où plus personne ne sort réellement de chez lui, où chacun peut choisir le physique qu'il souhaite avoir, où l'interraction de fait uniquement par drones interposés, où les gens sont tellement déconnectés de leur vie réelle que leur capacités physiques ont fortement diminuées.
Le réalisateur a aussi eu l'idée géniale d'y intégrer le vol d'identité (quand votre identité est devenue celle de votre drone, il suffit de voler un drone pour se faire passer pour quelqu'un) ainsi que le contrôle de la population par le gouvernement (possibilité de déconnecter un drone en deux temps trois mouvements).
Pour le reste on devine certains éléments du scénario mais il offre tout de même quelques bonnes surprises.
On regrette la quasi-omniprésence de fonds sonores alors qu'un silence aurait fait autant d'effet (sinon plus) sur certaines scènes, le mot "clones" pour la VF alors qu'une traduction littérale de la version originale aurait été mieux adaptée ("surrogate" = substitut) et la bande-annonce qui dévoile trop de passages du film.
A part ça j'ai vraiment apprécié le film, on accroche bien, à aller voir
District 9
Réalisé par Neill Blomkamp
Avec Sharlto Copley, David James (II), Jason Cope
Les extra-terrestres débarquent chez nous , garent leur débris en vol stationnaire au dessus de Johannesburg et... rien du tout. Ils ne nous attaquent pas, ne cherchent pas à entrer en communication... c'était bien la peine d'avoir réalisé des milliers de films parlant d'eux
Plus sérieusement, on découvre que ces invités imprévus ne peuvent pas repartir chez eux. Comme ils sont un peu bizarres, on les cloisonne au "District 9" qui tourne vite au bidonville.
On finis par en avoir marre qu'ils rodent dans le coin alors on lance un gigantesque chantier pour les transférer plus loin. Après un appel d'offre, c'est la multinationnale MNU qui remporte le contrat.
Or cette société fait aussi dans l'armement et espère bien récupérer quelques technologies aliennes dans l'opération...
La première partie du film est présentée sous la forme d'un film d'entreprise. On nous offre plusieurs interviews d'employés de la MNU qui expliquent le projet, l'historique de l'arrivée des extra-terrestres, les tentatives de communication etc.
On fait rapidement la connaissance de Wikus van der Merwe, un employé un peu simplet qui va chapeauter l'opération de transfert du District 9.
Cette partie du film n'est pas des plus agréable même si ce n'est pas non plus de la caméra au poing, c'est un style assez singulier.
On fait ensuite connaissance avec les "crevettes" (surnom donné aux extraterrestres). Un peu comme pour Bienvenue de les chtis
On fait vite le parallèle entre la situation du film et l'apartheid, surtout que le film se passe en Afrique du Sud. La MNU leur fait signer des avis d'expulsion (alors qu'ils sont en grande majorité illéttrés) et échange de boite de nourriture pour chat.
Evidemment ça tourne mal, le personnage principal se fait infecter et se mute peu à peu en un extraterrestre. Poursuivi par le gouvernement et la MNU, il va finalement sympathiser avec un des habitants du district...
Le film est parfois un peu brouillon. Le laboratoire où sont disséqués les extra-terrestres se trouve dans un sous-sol en plein centre ville, la scène d'action finale bourrine au maximum, ça tire dans tous les sens, ça va à une cadence d'enfer, le personnage principal est pour le moins singulier...
Ce qui surprend le plus c'est de voir les extraterrestres de la tête aux pieds, sous tous les angles, alors qu'on a plus l'habitude qu'ils nous soit suggérés ou que l'on en voit seulement certaines parties.
Le pire avec ce film c'est qu'on en sort s'en être capable de dire si c'était bon ou mauvais. C'est original mais trop bourrin par moment et un peu brouillon.
CashbackRéalisé par Sean Ellis
Avec Sean Biggerstaff, Emilia Fox, Shaun Evans
Cashback raconte l'histoire de Ben, étudiant en arts, suite à sa rupture avec sa copine Suzy. La dépression que cela va provoquer chez lui va lui retirer tout besoin de sommeil.
Pour s'éviter de ressasser les mêmes pensées, il va s'occuper en prenant un boulot de nuit dans une grande surface.
C'est un film magnifique sur les sentiments, l'amour, la rupture, la dépression, l'attirance, l'apprentissage de la sexualité.
C'est aussi un film graphiquement très réussi. Des effets visuels sont utilisés par moment dans le film qui, au lieu de tout gacher, ajoutent à sa beauté et son originalité.
Le film évite d'entrer dans le niannian et prend des directions auxquelles l'on ne s'attend pas, parviens même à nous faire peur.
Les personnages du supermarché sont extravaguants au possible : le casse-cou à la "Jackass", l'obsédé sexuel, le boss fan de Scarface toujours à 200% dans ses trips, Sharon la caissière traumatisée par le temps, l'expert en kung-fu (du moins dans sa tête) et Ben qui se découvre le pouvoir de figer le temps.
Plus qu'un film, c'est un véritable chef d'oeuvre à voir d'urgence. C'est beau, c'est drôle, c'est triste, c'est poétique, c'est terre à terre, c'est musical, c'est visuel... c'est génial !










