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Posts tagged with "tekilatex"

L'Atelier - La Fête de la Musique

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Pour l'occasion, la radio a été vidée puis re-remplie. Pas mal de rock et de hip-hop, une goutte d'électro et de reggae. Une bonne dose de groupes français et quelques lives :smile:
Bonne écoute ;-)


Tekilatex

Est-ce que c'est la fête de la musique ou bien peut-être la fête de l'amnésie ?
Sors vite ta guitare acoustique et rend hommage à la Russie
Bois une vodka et prend-toi pour un rappeur en chantant des poèmes de Garcia Lorca
Et comme par enchantement tu deviens une rock star
Soudain c'est l'enchaînement des événements liés à ta déchéance
Et tu ne te sens pas à ta place à l'intérieur comme Jean-Pierre Chevènement
Tu sombres dans l'alcoolisme, tu te complais dans ta connerie,
Et tu copules avec ta cousine, tu te jettes du haut de la colline
Voilà ! T'es fier de toi ? T'aurais dû rester à la maison !
Sortir dehors le 21 juin, ça sert à rien, rends-toi à la raison.

James Delleck

La musique, je vais lui faire sa fête comme à une fan en fin de concert qui me chauffe au Batofar
Au coin de la rue il y a pleins de guitares rockeuses qui me fatiguent l'oreille,
Aussi usées que le cul d'une hardeuse
Ça me saoule les crins-crins d'étudiants de Paris
Et si ils jouent faux ils disent :

Mortel ! A la fin c’était jazzy


Là je croise une pop-star amateur qui veut être le best
Genre foncedé comme un hamster coincé dans un crash-test
L'ambiance est chirdé au folk-n-roll
Alors je lui dis :

Mais non ! Je pelote pas ta meuf ! T'as ma parole !


En passant, je rappe sur un scène gothique

Ouille...


Mais vu que j'ai déchiré, je vais me faire sucer par des gargouilles
22.06.01, je m'assoupis comme un gentil MC
Les bourses vides et les tympans pleins de bruit.

Fuzati

C'est la fête de la musique, mais comme à toutes les fêtes, je n'ai pas été invité
La musique ne m'a jamais aimé
Et moi qui croyait que ce concept n'appartenait qu'à mes parents, je suis déçu...
Avec les batraciens, je dois garder le dessus
J'ai l'impression que tout ce que je rappe est trop mortel mais pas toi, et c'est normal, tu n'as pas bu...
Comment veux-tu que les prostituées me donnent de l'amour si les distributeurs refusent de me donner de l'argent ?
Enfermé dans ma chambre, je pense aux gens, je vais vomir, je bande, je me branle, je vais me finir dans les toilettes
A cet instant, j'ai une révélation : le sperme de sidaïque porte à la fois la vie et la mort, je demeure fasciné
En cet instant, j'aimerais avoir le HIV
Mais pas pour trop longtemps
Après je l'échangerais pour quelque chose de plus amusant comme... un yoyo musical
Je regarderais ma femme se faire baiser avant de finir émasculé par de gentils skinheads homosexuels
3 fois 222, c'est le nombre de décibels
J'ai une chemise et des lunettes, ne me tapez pas...

Cyanure

Hey ! Ce soir c'est le bordel !
Sur les bords de la Seine les djembés frappent un peu plus loin des MCs rappent, d'autres hystériques
S'excitent devant Scorpion au bord des larmes à République
Là où le grec-frites est à 25 francs sans frites
Canettes de coke à balles treize pendant que des pick-pockets se fondent dans la fumée des revendeurs illicites de sandwichs merguez
Le marché parallèle de la nourriture, la galère dans la ure
Après le dernier métro la moyenne basse des groupes qui assurent
Et les formations de guinguette aux soirées portes ouvertes devant les bars-rétro, c'est aussi cela la fête...
...Offi-ci-elle de la musique
Certains s'amusent, d'autres vident le stock de bières brunes renfloué le matin même par l'épicier malin du coin qui fera fortune contre couverture nocturne ce soir
Coincé à Bastille, je ne peux me rendre chez Para pour des raisons accessoires
Les autres ont bientôt fini leur partie... Tek au tel m'a dit que le morceau nique, que rapper c'est magique,
Que le marteau-piqueur en regard du bruit que le son fait dans l'arrondissement
Je crois qu'il dit vrai, en tendant l'oreille c'est bien eux que j'entends.
Fête de la musique disaient-ils...

L'atelier - La Vie En Juin

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James Delleck

Noyé dans la ville
J'entrevois une teinte qui colore nos grottes bétonnées d'une étrange toison d'or
Alors j'aimerais voir les épis de blé repousser sur les Champs-Elysées
Pour rire avec Belle des Champs (avant de la violer)
Malgré une brise qui défie la moiteur
J'ai des sueurs autant qu'un beauf du télé-achat sur le body-trainer
En travelling perpétuel, mon oeil filme le panorama :
Une vieille dame parle à un banc qui ne lui répondra pas
J'aimerais être le néant, ne plus penser, comme si
J'étais le cerveau de Sami Naceri croisé à celui de Mathilde Seigner
Les graffitis dansent sur les murs quand la nuit se dessine
Et une abeille butine un jus de litchi dans une canette tchin-tchin
D'un coup, il me pousse des plumes à la place des doigts
Et d'un battement de cil, je m'évapore loin de ça
Apaisé, comme si j'étais entre deux seins bien roulés
Je me sens bien comme dans un cocon fait de PQ alvéolé

Tekilatex

J'ai décidé d'éteindre la télévision cet après-midi pour m'aventurer dans les rues moites puisque c'est l'été
Les gens prennent leur temps, mais leurs gestes sont figés
Les touristes se déplacent en colonies de termites
Les monolithes sortis du sol tentent d'atteindre un ciel peint
Et c'est lorsque je regarde en l'air que j'ai le vertige
Des autos grises circulent dans ce Monopoly
Assis sur un terre-plein
Je contemple ma rue, je respire
Je transpire et retranscris les rêves dans les histoires que je me raconte
Pour que le temps passe plus vite et j'en profite pour gagner à chaque fois
Mon pain au chocolat a une drôle d'allure rabougrie
Il y a du gras sur mon cahier et toutes les feuilles sont collées
Et je suis
Infiniment petit
Personne ne m'entend si je crie
Je saute de pavé en pavé en évitant les gouttes de pluie
Il pleut mais il fait chaud, sous ma capuche j'ai l'air d'un esquimeau
Je n'ai pas pris l'habitude de revêtir mes vêtements estivaux
Nez à nez avec les jambes des gens je marche lentement
Pour arriver au parc je ne pensais pas que je mettrais tant de temps
J'enjambe la grille et je suis sur mon territoire
Ma ville à moi c'est mon square
C'est pas pour de vrai mais j'ai l'air d'y croire dur comme fer
Le sable est mouillé,
les articulations de mes robots transformables sont rouillées
C'est juste l'enfer mais c'est pas non plus la fin du monde
J'ai ma panoplie de super héros et mon parapluie est rangé dans mon cartable
Un tas de sable, une jeunesse perdue dans une chrysalide
A l'abris des responsabilités
Pour ma sécurité
A l'abris du monde extérieur, à l'abris des intempéries, à l'abris de la vie
J'ai tout pour être heureux mais pas stable.

Fuzati

Je ne suis qu'un jeune bipède
Enfermé dans un petit parallelepipède
D'où je m'extrais quelques fois afin d'évoluer à l'intérieur de vastes artères remplies de gaz incolores mais nocifs pour mes alvéoles pulmonaires
Sur ma rétine s'incruste des formes très diverses
Je me protège en cas d'averse sortant de l'extension de mon épine dorsale, un revêtement composé de matière plastique
Absorbé par l'écoute de ma bande magnétique
J'avance... je marche, tout seul, dans la ville
Les rayons du soleil, en me transperçant, projètent sur le bitume l'empreinte de mon âme
Qu'une nuée de semelles viennent piétiner
C'est pour cela que je n'avance qu'à la lumière artificielle
Même si je sais qu'elle n'attire vers elle
Que des créatures aux blessures mortelles
Pour les femelles de mon éspèce, je n'existe pas
Moyennant l'échange de quelques billets, certaines acceptent de toucher ma sensibilité
Mais sans succès...
Une lame rétractable me tient à l'abris des autres bipèdes
Comme les chats qui se tiennent sur leurs pattes arrières
Je sais qu'ils voudraient altérer ma vision d'un coup de griffe afin que je cesse de raconter aux gens ce que je vois la nuit
Une à une, j'ai gravis les marches de cet immeuble afin de contempler le complexe architectural dans sa globalité
Je n'étais qu'un jeune bipède, égaré parmis des milliers d'autres jeunes bipèdes
Je regarde le soleil, j'ai ma vie dans ma main, mes pieds quittent le sol...
Je m'envole...

Cyanure

Je lève la tête, admire l'envol d'un oiseau si haut se rapprochant comme une goutte d'eau
Puis mon attention le laisse libre de mon regard quand me percute
Sans presque n'y prêter gare, à l'entrée du square
Ce jeune enfant que les adultes effarent
Les notes
Comme les clefs à mes menottes,
Sur une portée libèrent mes mots
Transcrivent de ma mémooire à ma feuille des émo-tions
Le son de mon walkman m'isole des autres
C'est lui qui d'une plage à l'autre rend palpables mes express-ions
Je reste pourtant invisible dans une foule menaçante
Parlant à son portable donc doublement absente
Les basses et les aiguës de mes écouteurs
Affrontent la ville et ses couleurs
Grises, car la population ne regarde que ses trottoirs, chacun gérant sa crise
Indiquant ma présence que seulement après avoir traversé une flaque
Quand l'espace d'un trottoir mes pas me trahissent aux yeux des autres
Laissant leurs humides marques
Croisant un autre moi
Un homme regardant une vieille dame qui parle à un banc qui ne lui répondra pas
Ville, ville dans laquelle le monde tourne.
S'il, s'il te plait observe aussi ceux qui marchent assis.
File, entre les ombres du tumulte qui défilent sur tous sites
Sil, silhouettes m'effaçant parmi les dangers des automobiles
Et des landaus tranquilles
Invisible, je reste, frôle la beauté des monuments sans plus n'y prêter attention
Cette latitude
C'est celle de la ville qui m'a conformé à ses habitudes.

L'Atelier, extrait de l'album Buffet des anciens élèves