La maltraitance des enfants
Thursday, 23. November 2006, 00:14:46
La maltraitance désigne des mauvais traitements infligés à des personnes dépendantes, sans défense, par des proches (parents, famille) ou des personnes chargées de s'en occuper. La maltraitance peut se caractériser par :
* des violences physiques : coups et blessures ;
* des privations : privation de nourriture, de soins ;
* des violences psychologiques : insultes, dénigrement, refus de tendresse (d'un parent envers un enfant) ;
* l'instauration d'une dépendance : privation de ressources matérielles (argent).. ;
* des violences sexuelles (viol, agression et atteinte sexuelle, inceste).
Les différentes catégories de personnes susceptibles d'être maltraitées sont notamment :
* les enfants, voir Maltraitance sur mineur ;
* les adultes handicapés (moteur ou mental) ;
* les personnes âgées, voir Maltraitance des personnes âgées ;
* la conjointe ou le conjoint, voir Violence conjugale.
La protection des enfants battus nécessite de prime abord que leur condition soit identifiée. Le médecin de première ligne, qu'il soit en cabinet ou dans un service d'urgence hospitalier, est dans une position privilégiée pour les détecter, surtout lorsque les lésions infligées nécessitent des soins médicaux.
Même s'il n'a pas à assumer en totalité l'évaluation des situations de mauvais traitements physiques, le médecin doit connaître les indicateurs qui servent à appuyer le diagnostic. De cette façon, il peut participer à leur recueil et initier le processus de protection par un signalement. Ne pas reconnaître les signes d'abus physiques expose l'enfant au risque de subir d'autres assauts potentiellement plus graves.
Les mauvais traitements physiques envers les enfants peuvent prendre des formes très diverses. Il y a les enfants battus tels qu'on se les représente classiquement : ceux qui sont frappés de façon répétée, qui sont bousculés, brûlés, mais il y a aussi les enfants secoués lors d'un moment d'exaspération, suffoqués, intoxiqués volontairement... Le médecin doit donc inclure l'abus physique dans le diagnostic différentiel d'une multitude de situations dont toute lésion traumatique des tissus mous, des os ou des viscères, toute intoxication, toute condition neurologique (apnée, convulsions non fébriles, altération de l'état de conscience...) et tout tableau clinique bizarre ou inhabituel.
L'endroit de prédilection pour rencontrer des victimes d'abus physiques est le département d'urgence d'un centre hospitalier puisque 65% d'entre elles y seraient amenées (1). Il faut penser à ce diagnostic d'autant plus que l'enfant est jeune et que ses lésions traumatiques sont sévères. Des études américaines en rapportent une prévalence élevée chez les enfants amenés en consultation dans les services d'urgence pour des blessures. Des mauvais traitements seraient responsables de 10% des blessures chez les moins de 6 ans (2), 25% des fractures chez les moins de 3 ans (3) et 95% des traumatismes crâniens sévères chez les moins de 1 an (4).
Les différentes formes de maltraitance :
En ce qui concerne les différentes formes de violences commises à l'égard des enfants il faut attendre le sommet de Stockholm, en août 1996, pour arriver, après bien des heures de débats, à en distinguer très clairement trois sortes :
1) Les violences physiques
2) Les violences sexuelles
3) Les violences psychologiques
Les violences physiques :
De toutes les formes de violence, les violences physiques sont celles qui se voit. Elles sont donc plus repérables, plus mesurables, plus facile à identifier.
La maltraitance physique se reconnaît par les traces qu'elle laisse sur le corps de l'enfant : hématomes, brûlures, fracture, et par l'intention effective de l'auteur d'infliger un sévices pour se faire obéir, pour dominer et maîtriser l'autre.
Malgré tout l'enfant va tenter de dissimuler les traces de coups portés sur lui car il ne supporte pas que l'on puisse voir son corps meurtri. L'enfant ne souhaite pas montrer du doigt l'auteur de ces violences surtout quand c'est papa ou maman.
Les adultes doivent donc limiter le poids de la parole comme unique indicateur de souffrance. Il ne faut donc pas attendre que l'enfant s'exprime pour agir !
Les violences sexuelles :
Ce type de violence revêt des formes diverses : de la "haute criminalité" comme dans l'affaire Dutroux à des agressions beaucoup plus légères, plus insidieuses, plus sournoises mais tout aussi traumatisantes.
L'adulte maltraitant profite de sa position de toute-puissance pour imposer à l'enfant un autre langage, son discours, sa domination en matière sexuelle. Il exerce alors un abus d'autorité.
Plus graves encore dans le type de violences sexuelles actuelles des réseaux, véritables organisations sociales, se constituent. En France, en juin 1997, un réseau de trafic de vidéos pédophiles a été démantelé (affaire Toro Bravo). Depuis, de nombreux autres réseaux ont été neutralisés.
Aujourd'hui c'est sur Internet que ce développent ce type de criminalité (voir page consacrée à la pédophilie et à la prostitution des mineurs en France).
Violence psychologiqueLes violences psychologiques :
Définir les violences psychologiques est un exercice compliqué. Pour une situation donnée, les évaluations peuvent être différentes.
Les recherchent débutent en ce domaine. Il est très complexe de cerner cette forme de violence car ce qui est ressenti à présent comme une violence psychologique à l'égard d'un enfant était vécu, il y a encore cinq ou dix ans, comme un comportement social normal d'éducation stricte. Enfermer un enfant dans un placard relevait d'un pratique éducative courante. Aujourd'hui chacun s'accorde à penser que c'est insupportable et qu'il s'agit d'une violence psychologique. Les agressions verbales, les dévalorisations systématiques, les humiliations concernant leur niveau scolaire, leur apparence, leur physique, leurs capacités intellectuelles, bref tout ce qui remet en cause leur intégrité font partie des violences psychologiques.