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Philo SI

Jean-François Jagodzinski - Le Blog

Posts tagged with "Web 2.0"

Connaissez-vous NKM ?

Vous la connaissez ?

Nathalie Kosciusko-Morizet est la Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique.
Je la suis sur Twitter depuis que Tristan Nitot (président de Mozilla) a parlé dans son blog d'un twit plutôt sympa que NKM avait fait à l'occasion d'une rencontre avec l'équipe Mozilla.
Et je suis sur Twitter depuis que Eric Lefevre-Ardant (à qui je dois d'être Scrum Master) a publié sur son blog un avis intéressant sur ce moyen de communication.

Pourquoi je vous dit tout ça ? Parcequ'il y a une heure NKM vient de twitter le message suivant


Vous m aimez? Prouvez le sur http://htxt.it/Sae2 (il y a environ 1 heure depuis HelloTxt)



Quand vous suivez le lien vous arrivez sur http://www.agora-politique.com/ ou il y a un sondage sur la popularité des membres du gouvernement.

Voici le résultat :


... on appelle ça le Buzz, efficace ?

Changer le monde

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Depuis le dernier billet il s'est passé pas mal de choses, j'ai beaucoup gambergé mais pas beaucoup écrit. Deux rencontres aux CARA on apporté comme d'habitude leur bouffée d'air agile d'altitude.

Je viens de terminer le "Cygne Noir" de N. N. Taleb. Je vous mets un lien vers le blog d'Alexandre Delivré qui résume le propos de Taleb de façon très agréable. C'est un livre qui évoque des choses plus profondes que le résumé de la plupart des chroniques ne le laisse percevoir.

A la rencontre du Cara de mars, Jérôme Barrand nous a présenté en avant première (bon ok, on était pas en "avant première", on a été les cobaye :smile: ) la poursuite de sa réflexion sur le management agile. J'ai un petit problème de cohérence par rapport à l'approche de Jérôme. Je suis totalement en phase avec ses fondamentaux mais je n'arrive pas à adhérer complètement à l'énoncé des axes du management agile... Bon, on verra. Je ne demande pas mieux que de constater que je me trompe en voyant que les manager viennent vraiment à l'agilité par ce biais.
Il y a un point cependant sur lequel je resterai en désaccord, c'est la mise à l'écart du système d'information au prétexte que c'est un point "technique".

Quoiqu'il en soit Jérôme a évoqué le désir (partagé avec d'autre agilistes) de "changer le monde".

Change le monde c'est une perspective sympa...

...mais je ne crois pas que le monde nous attende pour changer.

En fait je crois que le monde à déja changé, et c'est la que je rejoins N.N. Taleb, les Cygnes Noirs changent le monde, les gagnants raflent la mise et les autres subissent.
Un Cygne Noir, c'est un événement imprévisible (rien dans le passé ne nous permet de savoir qu'il a des chances de se produire), qui a un impact majeur, et que notre nature nous porte à analyser après coup comme une chose que l'on aurait pu prévoir.

Cela ne veut pas dire que l'apparition d'un Cygne Noir soit nécessairement soudaine. Un événement comme l'apparition de l'Internet est un Cygne Noir. Ce n'est pas le seul.

L'homme est essentiellement un système d'information mais la nature ne l'a pas doté de la capacité à gérer avec sagacité des flux d'information aussi important que ceux que le monde lui envoie aujourd'hui. Comme le dit Michel Serres (voir ce billet de l'année dernière) nous vivons une révolution de l'importance de l'apparition de l'imprimerie, et en confiant notre mémoire au système nous perdons notre tête.

Nos modèles vieillissants nous permettront ils de faire face à ces changements ? La science du chaos nous montre les limites de la pensée cartésienne, de notre capacité à appréhender le monde par décomposition en éléments simples et compréhensibles. Le scepticisme de Hume (notre vision du lien cause-effet n'est qu'une généralisation abusive de notre perception d'événements qui se suivent systématiquement) reprend finalement une nouvelle jeunesse à l'éclairage de cette même science.

Apprivoiser le doute plutôt que de pousser hors de leur limites des raisonnements destinés à satisfaire notre besoin de certitude.

Si la philosophie rationnelle ne positionne plus ses adeptes comme les mieux adaptés à l'environnement qui se prépare, les pragmatiques, les empiristes, les sceptiques..., seront ils mieux à même de s'en sortir puisqu'ils l'appréhendent d'une autre façon ?

Il ne s'agirait plus alors de "changer le monde" mais d'être dans le groupe de ceux qui seront adaptés à un monde qui a déjà changé. Et se reconnecter avec la connaissance sensible, c'est peut-être devenir plus "humain".

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Le blog des philosophes

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En lisant "Le Gai Savoir", je ne peux m'empêcher de penser qu'à une autre époque, notre époque, Nietzsche aurait écrit une bonne partie de son œuvre sous forme de blog.

Il aurait ajouté des hyperliens vers le blog de Stendhal assurément, il aurait sans doute posté des commentaires sur les blogs de Schopenhauer et de Wagner avec des retro liens "je vous ai commenté sur mon blog".
Et comme il l'évoque dans "Soupir", il avait aussi, parfois, le blues du bloggeur:


J'ai saisi cette idée en passant, et vite j'ai pris les premiers mots venus pour la fixer, de crainte qu'elle ne s'envole de nouveau.
Et maintenant elle est morte de ces mots stériles; elle est là suspendue, flasque sous ce lambeau verbal et, en la regardant, je me rappelle à peine encore comment j'ai pu avoir un tel bonheur en attrapant cet oiseau.


J'avais déja eu un sentiment analogue avec Rousseau mais d'une façon différente.

Alors que "Le Gai Savoir" est en bonne partie articulé sous forme de billets, c'est ailleurs que se situe le point de comparaison dans une œuvre comme Le Discours sur les Sciences et les Arts .

Dans le livre que j'ai, celui de la collection du monde philosophique, le Discours est suivi par les échanges de lettres, contradiction d'opposants et réponses de Rousseau.
Ces échanges sont très éclairants par ailleurs, et je les vois bien dans un fil de commentaires. Sans doute cela aurait-il été repris et poursuivi sur un forum...

Sacré Rousseau, il répond à tout, il ne savait pas encore qu'il ne faut argumenter avec les trolls :D

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A propos du document

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Avec les éléments de réflexion apportés par Michel Serres dans mon billet précédent je vais en profiter pour saisir l'un des sujets qui se désole au fond de mon backlog et lui faire prendre un peu l'air.

J'ai du mal avec MSWord . Je ne le sens pas ce logiciel. Il fait des choses que je ne lui demande pas, et il ne fait pas ce que je voudrais. La liste des styles est inexploitable, il m'en ajoute de nouveaux tout le temps. Word est allé trop loin, je situe le début de l'inversion de sa courbe de rentabilité à la version 6. Je m'en souviens trés bien. J'accueillais avec plaisir toutes les évolutions jusqu'a ce moment là.
Je serais curieux de savoir le coût engendré par ce logiciel dans les entreprises. Je ne parle pas des licences, je parle du temps passé à faire et défaire et refaire.

J'ai depuis quelques années basculé en mode texte aussi souvent que je le peux. Lorsque j'écris dans ce blog, lorsque j'écris dans un wiki ce que je fais autant que possible. Il est un avantage énorme à ce concentrer sur l'information pure. Mais l'essentiel n'est pas là.

Ecrire dans un blog ou dans un wiki revient à changer d'espace. Les lois qui s'appliquent aux documents ne sont pas appropriées ici. L'un des éléments essentiel de l'écriture dans cet espace est la balise "URL=" (quelque soit sa syntaxe dans l'outil considéré cette balise permet d'afficher un lien vers une autre page Web).
Contrairement au document qui cherche à concentrer un maximum d'informations pour éviter de trop nombreux renvois difficiles à suivre, l'écriture dans l'espace Web utilise naturellement la connexion des informations.
Une page est utilisée pour donner un complément d'analyse ou parfois simplement collecter et classer des liens. Le surf est une composante de cet espace. Le stockage, le versionnage, le nommage... toute la loi documentaire y est inadaptée.
Souvent des documents sont placé dans la toile, mais vous l'avez sans doute constaté, tomber sur un document stocké termine inexorablement le surf. Il ne reste qu'a appuyer sur le bouton "back" pour pouvoir repartir vers d'autres liens.

De la même façon que l'écriture manuscrite n'a pas disparu avec l'imprimerie, ce nouveau changement dans le couplage support-message ne met pas fin à la documentation que l'on connait. Mais celle-ci va retrouver sa place, en bout de chaine, là ou l'information se fige (le contrat, le document de référence,...) sous forme d'impression ou de format électronique non modifiable.
On retrouvera alors, je l'espère, un peu de la productivité perdue.

Emergence des nouvelles pratiques

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Nous vivons l'émergence d'un monde nouveau ! Bon, c'est un peu exagéré, chaque époque voit apparaitre les prémices de la suivante et peut donc revendiquer cette exclamation. Mais quand même, le futur est déja là, il est juste invisible.

En relisant mes billets qui parlent de différents sujets et les blogs que j'ai rassemblé par catégories dans mon Netvibes, je dispose d'un peu de matière pour imaginer ce qui peut (va?) changer. Ces commentaires qui semblent passer d'un objet à un autre ont en fait un attracteur commun.

Je poserais comme l'un des moteurs du changement ce que j'ai écrit à propos du SOA


La pression sur la production se traduit par un besoin de transformation continue des processus imprimés par des pressions intervenant selon trois axes: la demande d'intégration de nouvelle demandes (des clients, fournisseurs, partenaires); l'évolution des objectifs (croissance, profit, innovation,...); les changements du marchés (technologiques, économiques, conccurenciels, juridiques,...)


La société de production de biens, au siècle dernier, avait déja connu des pressions sur ces axes. Elle y avait répondu par de la mécanisation, de l'organisation de la production, du processus qualité permettant de mettre en place des méthodes (le Kanban, orienté service avant la lettre !) pour parvenir au juste-à-temps, etc.
Le système d'information a accompagné et soutenu ces évolutions. C'est à son tour d'avoir la sienne.
Il a mené la danse précédente avec comme particularité d'avoir une autorité forte bien que fondamentalement indépendant des métiers de la production. Le SI est un centre de coût et non un centre de profit, les acteurs du SI l'oublient souvent.
Le bon sens voudrait que l'informatique soit au service de la production. Longtemps pourtant c'est le service informatique qui décidait de ce qui était correct (ou non) pour la production. Les utilisateurs ressentaient une frustration face au pouvoir de la DSI, les rapports étaient marqués de contractualisation, les territoires balisés, les situations devenaient souvent tendues.
Cette époque n'est pas révolue, mais des remises en cause apparaissent dans laquelle les utilisateurs risquent de s'engouffrer.

En voici quelques éléments:
Le concept d'agilité d'abord. J'ai le sentiment que ce terme va être consacré dans les années qui viennent. Alors que le concept de flexibilité qui l'a précédé (sans beaucoup de succès) avait une connotation négative, celui d'agilité est positif ce qui facilite son acceptation.
Agilité au niveau de la stratégie globale d'entreprise tout d'abord. J'ai visionné la conférence de Jérôme Barrand (le manager Agile) et celle de Raphaël Cohen qui ont eu lieu il y a un peu plus d'un an aux rencontres First du réseau suisse Rézonance (Voir ici les vidéos de la conférence). Le plaidoyer de Raphaël Cohen pour une évolution des formes de management est intéressant. Il explique l'intelligence distribuée en prenant l'exemple du vol des oiseaux. J'avais déja entendu une métaphore semblable, celle du banc de poisson et de la baleine (à masse égale, des milliers de cerveaux qui commandent à une petite partie son plus agiles qu'un cerveau pensant pour l'ensemble) lorsque je travaillait chez TOTAL en 2005, le concept fait donc son chemin bien que je le pense encore loin de la maturité.
Du coté du système d'information, le concept Agile avance davantage et se structure avec SCRUM sur la partie pilotage et XP sur le développement. Le nombre d'offre d'emploi sur internet contenant le mot SCRUM ne cesse de progresser.

Hors informatique je retient la jolie phrase de Cocpit que j'ai citée dans le billet Mener un projet c'est choisir un chemin qui rejoint des concept approchant,

Le monde d’aujourd’hui et encore plus demain nous oblige à emprunter d’autres voies, celles notamment qui privilégient le choix du chemin comme étant celui du projet.


Le banc de poisson a bien des points commun avec une architecture orientée service. Des services faiblement couplé, autonomes, découvrables, sans état .... cela revient aussi à distribuer l'intelligence.

Qui pourra mettre en oeuvre tout ça ? Peut-être bien la génération Y , celle qui

Habitués aux jeux en réseaux et en équipe ( World of Warcraft, Splinter cell, les Sims, etc.) (...) sait déjà travailler en équipe projet (pour désamorcer une bombe, développer des pouvoirs magiques ou organiser une soirée)


Du coté des outils, le 2.0 est passé dans le langage commun. D'abord Web, on le voit acccolé à l'entreprise ou au "travail" comme dans le billet de Laurent. Si le coté entreprise est en puissance, le Web 2.0 est une réalité. Mais comme je l'ai dit ici cette réalité n'est pas (que) technologique.

Tout ceci à un sens et procéde d'un mouvement cohérent: celui de l'intelligence distribuée.

Il reste une composante dont je n'ai pas encore parlée, ce qui est bien ingrat de ma part, parce que sans elle le Web 2.0 n'existerait pas. Le logiciel libre et les formats ouverts sont des fondamentaux du futur. Ils posent les basent d'une nouvelle réflexion économique dont on a un peu parlé à l'INRIA (au séminaire INTECH).

Et pour accompagner tout ça, le manager du XXIième siècle nous livre ses sages pensées....

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Web 2.0

Philippe Radufe (PREview Conseil) m'a fait l'honneur de m'inviter à participer à son Hub (Web 2.0 la fin de l'internet tel que nous le connaissons ?) sur Viadeo (renommé depuis en Web 3.0 la fin ...)

Ce titre ne pouvait pas ne pas me faire réagir:

Je suis tout à fait de l'avis de Maxence (voir commentaire sur le post précédent du forum) sur la confusion entre internet et technologie. C'était déja le cas avec le Web 1.0....

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