Changer le monde
Saturday, 25. April 2009, 15:28:10
Depuis le dernier billet il s'est passé pas mal de choses, j'ai beaucoup gambergé mais pas beaucoup écrit. Deux rencontres aux CARA on apporté comme d'habitude leur bouffée d'air agile d'altitude.
Je viens de terminer le "Cygne Noir" de N. N. Taleb. Je vous mets un lien vers le blog d'Alexandre Delivré qui résume le propos de Taleb de façon très agréable. C'est un livre qui évoque des choses plus profondes que le résumé de la plupart des chroniques ne le laisse percevoir.
A la rencontre du Cara de mars, Jérôme Barrand nous a présenté en avant première (bon ok, on était pas en "avant première", on a été les cobaye
) la poursuite de sa réflexion sur le management agile. J'ai un petit problème de cohérence par rapport à l'approche de Jérôme. Je suis totalement en phase avec ses fondamentaux mais je n'arrive pas à adhérer complètement à l'énoncé des axes du management agile... Bon, on verra. Je ne demande pas mieux que de constater que je me trompe en voyant que les manager viennent vraiment à l'agilité par ce biais.
Il y a un point cependant sur lequel je resterai en désaccord, c'est la mise à l'écart du système d'information au prétexte que c'est un point "technique".
Quoiqu'il en soit Jérôme a évoqué le désir (partagé avec d'autre agilistes) de "changer le monde".
Change le monde c'est une perspective sympa...
...mais je ne crois pas que le monde nous attende pour changer.
En fait je crois que le monde à déja changé, et c'est la que je rejoins N.N. Taleb, les Cygnes Noirs changent le monde, les gagnants raflent la mise et les autres subissent.
Un Cygne Noir, c'est un événement imprévisible (rien dans le passé ne nous permet de savoir qu'il a des chances de se produire), qui a un impact majeur, et que notre nature nous porte à analyser après coup comme une chose que l'on aurait pu prévoir.
Cela ne veut pas dire que l'apparition d'un Cygne Noir soit nécessairement soudaine. Un événement comme l'apparition de l'Internet est un Cygne Noir. Ce n'est pas le seul.
L'homme est essentiellement un système d'information mais la nature ne l'a pas doté de la capacité à gérer avec sagacité des flux d'information aussi important que ceux que le monde lui envoie aujourd'hui. Comme le dit Michel Serres (voir ce billet de l'année dernière) nous vivons une révolution de l'importance de l'apparition de l'imprimerie, et en confiant notre mémoire au système nous perdons notre tête.
Nos modèles vieillissants nous permettront ils de faire face à ces changements ? La science du chaos nous montre les limites de la pensée cartésienne, de notre capacité à appréhender le monde par décomposition en éléments simples et compréhensibles. Le scepticisme de Hume (notre vision du lien cause-effet n'est qu'une généralisation abusive de notre perception d'événements qui se suivent systématiquement) reprend finalement une nouvelle jeunesse à l'éclairage de cette même science.
Apprivoiser le doute plutôt que de pousser hors de leur limites des raisonnements destinés à satisfaire notre besoin de certitude.
Si la philosophie rationnelle ne positionne plus ses adeptes comme les mieux adaptés à l'environnement qui se prépare, les pragmatiques, les empiristes, les sceptiques..., seront ils mieux à même de s'en sortir puisqu'ils l'appréhendent d'une autre façon ?
Il ne s'agirait plus alors de "changer le monde" mais d'être dans le groupe de ceux qui seront adaptés à un monde qui a déjà changé. Et se reconnecter avec la connaissance sensible, c'est peut-être devenir plus "humain".
Je viens de terminer le "Cygne Noir" de N. N. Taleb. Je vous mets un lien vers le blog d'Alexandre Delivré qui résume le propos de Taleb de façon très agréable. C'est un livre qui évoque des choses plus profondes que le résumé de la plupart des chroniques ne le laisse percevoir.
A la rencontre du Cara de mars, Jérôme Barrand nous a présenté en avant première (bon ok, on était pas en "avant première", on a été les cobaye
Il y a un point cependant sur lequel je resterai en désaccord, c'est la mise à l'écart du système d'information au prétexte que c'est un point "technique".
Quoiqu'il en soit Jérôme a évoqué le désir (partagé avec d'autre agilistes) de "changer le monde".
Change le monde c'est une perspective sympa...
...mais je ne crois pas que le monde nous attende pour changer.
En fait je crois que le monde à déja changé, et c'est la que je rejoins N.N. Taleb, les Cygnes Noirs changent le monde, les gagnants raflent la mise et les autres subissent.
Un Cygne Noir, c'est un événement imprévisible (rien dans le passé ne nous permet de savoir qu'il a des chances de se produire), qui a un impact majeur, et que notre nature nous porte à analyser après coup comme une chose que l'on aurait pu prévoir.
Cela ne veut pas dire que l'apparition d'un Cygne Noir soit nécessairement soudaine. Un événement comme l'apparition de l'Internet est un Cygne Noir. Ce n'est pas le seul.
L'homme est essentiellement un système d'information mais la nature ne l'a pas doté de la capacité à gérer avec sagacité des flux d'information aussi important que ceux que le monde lui envoie aujourd'hui. Comme le dit Michel Serres (voir ce billet de l'année dernière) nous vivons une révolution de l'importance de l'apparition de l'imprimerie, et en confiant notre mémoire au système nous perdons notre tête.
Nos modèles vieillissants nous permettront ils de faire face à ces changements ? La science du chaos nous montre les limites de la pensée cartésienne, de notre capacité à appréhender le monde par décomposition en éléments simples et compréhensibles. Le scepticisme de Hume (notre vision du lien cause-effet n'est qu'une généralisation abusive de notre perception d'événements qui se suivent systématiquement) reprend finalement une nouvelle jeunesse à l'éclairage de cette même science.
Apprivoiser le doute plutôt que de pousser hors de leur limites des raisonnements destinés à satisfaire notre besoin de certitude.
Si la philosophie rationnelle ne positionne plus ses adeptes comme les mieux adaptés à l'environnement qui se prépare, les pragmatiques, les empiristes, les sceptiques..., seront ils mieux à même de s'en sortir puisqu'ils l'appréhendent d'une autre façon ?
Il ne s'agirait plus alors de "changer le monde" mais d'être dans le groupe de ceux qui seront adaptés à un monde qui a déjà changé. Et se reconnecter avec la connaissance sensible, c'est peut-être devenir plus "humain".











