Tuesday, 14. April 2009, 14:29:56
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Le Monde fait partie des plus sérieux quotidiens internationaux. Aussi ai-je été fortement surpris de lire la critique qu'il a faite de Katyn, le dernier film d'Andrzej Wajda (Le Monde du 1er avril).
Son auteur y formule deux remarques, dont la première "concerne le renvoi dos à dos des nazis et des Soviétiques comme prédateurs du territoire national". Aux yeux du critique français, c'est une aberration, une contre-vérité. Cependant, dans la période entre septembre 1939 et juin 1940, tels furent les faits historiques. Quelle troublante ignorance !
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A l'époque, la Pologne fut morcelée par deux puissances totalitaires liées par le pacte germano-soviétique. La terreur dans les deux parties occupées du pays fut comparable ; la brutalité et la cruauté avec lesquelles les deux occupants emprisonnaient et assassinaient les Polonais était la même.
Lorsque, en avril 1943, les Allemands découvrirent, dans la forêt de Katyn, les cadavres d'officiers polonais, le plus important bulletin de la Résistance polonaise (Bulletin d'informations) publia le commentaire suivant : "Nous sommes conscients de la barbarie de l'occupation soviétique en territoire oriental de la Pologne. (...) En même temps, nous sommes stupéfaits par l'insolence des Allemands qui font semblant d'oublier leurs effroyables crimes commis à Auschwitz, Majdanek, Palmir, Wawer et n'hésitent pas à rechercher des criminels du côté de Smolensk." (...)
"Aujourd'hui, alors qu'éclate toute la vérité sur cet événement tragique, nous disons avec force : nous n'oublierons jamais le crime soviétique perpétré près de Smolensk - comme nous n'oublierons jamais non plus les crimes allemands de Palmir, de Wawer, des camps de concentrations, et ceux de la partie occidentale de la Pologne." Voici comment la Résistance polonaise réagit au massacre de Katyn, qui fut un couronnement du pacte Ribbentrop-Molotov.
Après la guerre, la vérité sur ce massacre était tue, voire falsifiée. Le silence mensonger entourait le drame ; Staline et sa propagande remportaient la victoire. En Europe centrale et orientale, ce silence fut imposé par la terreur. En Europe occidentale, en revanche, le dogme idéologique interdisait de mettre côte à côte les crimes d'Hitler et ceux de Staline. La critique du Monde est donc prisonnière de ce dogme, alors que Wajda le défie. Le metteur en scène polonais brise le mur du silence.
Katyn est le premier film qui porte sur le massacre et l'agression soviétique contre la Pologne, commise en accord avec Hitler. Ce fut un sujet tabou pour la gauche française. Pendant de longues années, elle garda le silence autour de l'invasion de la Pologne par l'Armée rouge, des crimes des Soviétiques, de même que sur Katyn. Jusqu'à aujourd'hui, ce tragique événement historique est un cadavre dans le placard de la gauche française, si longtemps indulgente à l'égard du "Grand Linguiste" (Staline).
Ce ne fut pas le seul dogme de la gauche française. Un autre fut la conviction que, depuis toujours, les Polonais tétèrent l'antisémitisme avec le lait de leurs mères, et que les juifs furent les seules victimes de l'occupation allemande. Je lis dans Le Monde que le film de Wajda crée "une étrange confusion entre Katyn et le génocide des juifs", ainsi qu'il n'y a "rien, aucune allusion, dans le film, sur la Shoah". Il y a en revanche "une description des rafles, de la traque des familles des officiers polonais, comme s'il s'agissait de la déportation des juifs en camps".
Pire : "Ces proies d'un massacre programmé sont attachées à leur ours en peluche. Or, le Musée Yad Vashem de Jérusalem a fait de l'ours un symbole de l'extermination des enfants juifs, du martyre d'un peuple". Et de conclure : "Tout, sans cesse, nous ramène aux juifs, sauf que le mot n'est jamais prononcé. Le juif n'existe pas. La victime de la seconde guerre, c'est le Polonais."
Faut-il rappeler que le thème central du film de Wajda n'est pas l'Holocauste mais le massacre de Katyn ? Si, dans ce film, on ne voit pas de juifs dans les rues de Cracovie occupée par les Allemands, c'est parce qu'en 1943, ils étaient entassés dans des ghettos et déportés dans des camps de la mort.
Aucune confusion n'est faite dans ce film entre Katyn et Treblinka. Ce furent deux crimes différents ; le film n'aborde que l'un des deux. Le reproche sur le manque de référence à l'Holocauste est donc absurde. Pourrait-on formuler la même critique à l'adresse de Steven Spielberg ou de Roman Polanski qui, dans leurs films (La liste de Schindler et Le Pianiste), ne mentionnent pas non plus le massacre de Katyn, des goulags de la Kolyma, ou de Karaganda ? Jusqu'alors peu de films ont été réalisés autour des crimes soviétiques, même si ces derniers furent aussi barbares et massifs que ceux perpétrés par Hitler - et je le déplore. Pendant des décennies, ils furent entourés d'un mur de silence.
Par ailleurs, je tiens à souligner qu'Andrzej Wajda n'est pas et n'a jamais été un négationniste déguisé de l'Holocauste. Il a réalisé trois films consacrés à cette problématique : Samson, Korczak, et La Semaine sainte. Lui faire ce reproche me paraît tout à fait infondé. Katyn décrit avec réalisme les rafles et les persécutions subies par les Polonais, "coincés" entre deux Molochs totalitaires. Tel fut le sort réservé à ce peuple et c'est pour cette raison que les Polonais ont fait partie des principales victimes de la seconde guerre mondiale. Il est grand temps de prendre note de ces vérités banales.
En conclusion, la critique du Monde constate "l'ambiguïté de la représentation des juifs dans le cinéma polonais". Or le cinéma polonais n'est pas un monolithe, il est représenté par une multitude de personnalités, de perspectives, de styles. C'est pourquoi il est insensé de généraliser cette question, comme il est insensé de reprocher à Wajda d'avoir polonisé le symbole du martyre du peuple juif - l'ours en peluche.
Adam Michnik est ancien cofondateur de Solidarnosc, rédacteur en chef du quotidien Gazeta Wyborcza.
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Gazeta Wyborcza > Opinie > Artykuły
"Le Monde": "Katyń" - przejmujący i bolesny film dla Wajdy
Jean-Luc Douin, "Le Monde" z 1 kwietnia
2009-04-14, ostatnia aktualizacja 2009-04-14 13:48
Fragmenty recenzji
Fot. Paweł Piotrowski / AG
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Przyczyny, dla których Andrzejowi Wajdzie szczególnie zależało na zrealizowaniu tego filmu ["Katyń"], są dwojakie. Pierwsza ma charakter osobisty: wśród zamordowanych oficerów w Katyniu znajdował się także jego ojciec. W ten sposób Wajda rozlicza się ze swoją przeszłością, a także składa hołd swojej matce. Wajda wyznaczył sobie mesjanistyczny cel obrony tożsamości zniewolonego i rozszarpanego przez najeźdźcę kraju. Katyń jest nowym epizodem eposu o przetrwaniu narodu, który w swojej historii nie przestawał być łupem dla swoich sąsiadów. Film ten zaświadcza także o determinacji Wajdy rozprawienia się z propagowaną przez komunistów kłamliwą wersją historii.
(...) Katyń jest jednym z najbardziej poruszających filmów, jakie zrealizował Wajda. 83-letni reżyser pokazał po raz kolejny swą niezwykłą żywotność artystyczną. Pomimo to film zasługuje na dwie uwagi krytyczne.
Po pierwsze, Wajda w równym stopniu obciąża odpowiedzialnością za złupienie i wyniszczenie Polski i Polaków zarówno nazistów, jak i Sowietów. Podobnie jak "Człowiek z marmuru" film ten zrealizowany jest w kontekście konsensusu politycznego [tak w oryginale - red.] i jest prawdziwą antysowiecką bombą: Politbiuro skazuje na obóz pracy kobietę badacza Uniwersytetu Jagiellońskiego, polskie wojsko jest jawnie utożsamiane z podziemnym ruchem oporu, gdzie było tyluż naukowców, profesorów, inżynierów, prawników, artystów, co zawodowych żołnierzy.
Victor Zaslavsky w książce "Le massacre de Katyn" tłumaczy, że Sowieci istotnie zaprogramowali zbrodnię polskich oficerów i wywózkę ich rodzin do obozów. Uważali ich za "obiektywnych wrogów", burżuazyjną inteligencję, potencjalny zalążek ruchu oporu. Masowe egzekucje były "czystkami klasowymi".
Po wtóre, Wajda dopuszcza się dziwnego pomieszania zbrodni katyńskiej z zagładą Żydów. Otóż w filmie nie ma nawet najmniejszej aluzji do eksterminacji Żydów. Ale są sceny łapanek i prześladowania rodzin polskich oficerów, tak jakby chodziło o deportację Żydów do obozów zagłady. Jest też zadziwiający szczegół: przyszłe ofiary zbrodni okazują głębokie emocjonalne przywiązanie do maskotki - pluszowego misia, który został uznany przez Yad Vashem za symbol męczeństwa narodu żydowskiego - eksterminacji dzieci żydowskich.
Żona polskiego generała przymuszana jest przez Niemców do obciążenia Sowietów odpowiedzialnością za zbrodnię. Grozi jej deportacja do Auschwitz Wszystko i bez przerwy nawiązuje w filmie do eksterminacji Żydów, choć słowo to nie pada ani razu. Żydów w tym filmie po prostu nie ma. Ofiarą drugiej wojny światowej jest Polak.
Dlaczego to przemilczenie, skąd to pomieszanie? Wajda miał z tym problem od początku swojej kariery. Jego pierwszy film "Pokolenie" (1955) - traktujący o ruchu oporu przeciwko nazistom - już wtedy pomijał tę zasadniczą kwestię. Ale jest też prawdą, że dwuznaczny sposób przedstawiania przez polskie kino problemu żydowskiego nie dotyczy tylko samego Wajdy.
tłum. Jolanta Kawa