The Brooklyn , Bronx & Queens Band - The Brooklyn , Bronx & Queens Band ( 1982 )
Thursday, 4. May 2006, 07:29:16

De temps en temps , comme je l’avais fait avec Midnight Star , j’aime bien me faire plaisir en écoutant de la funk bien 80’s . Les rééditions orchestrées par EMI m’y ont beaucoup aidé et je vais vous parler d’un disque qui ravira toutes les bêtes de dancefloor :
The Brooklyn , Bronx & Queens Band - The Brooklyn , Bronx & Queens Band
Ce groupe , que nous appellerons , par commodité , BB&Q Band , est en fait quasiment la créature d’un seul homme : le producteur Jacques « Fred » Petrus . Né en Guadeloupe au début des années 50 , Petrus déménage en Italie au milieu des années 60 et se fait petit à petit une belle petite réputation de DJ . Afin d’importer des disques directement des USA , il monte sa première entreprise « Goody Music Society » à Milan en 1973 . En 1975 ( ou en 1977 selon les sources ) , au conservatoire de Bologne , Petrus croise Mauro Malavasi , un jeune pianiste de jazz . Les deux hommes , passionnés et ambitieux , se rêvent les Gamble & Huff européens et décident de monter leur propre label , Goody Music Productions , afin de conquérir les charts européens et américains par le biais de la musique disco . De cette ambition , partagées par de nombreux producteurs italiens de l’époque , et avec l’aide de quelques musiciens italiens de talents qui formeront le Goody music Orchestra ( Davide Romani , Paolo Ginlolio , etc ) , naîtra ce qu’on va appelé l’ « Italo Disco » à la descendance de plus ou moins mauvais goût ...
Après plusieurs coups d’essais ( Macho , Revanche , Peter Jacques Band , etc …) , leur première réussite est le groupe Change , formé avec des musiciens de studios ( dont le chanteur Luther Vandross ) et son fameux album The Glow of Love. La recette est simple : en Italie , Malavasi et Romani écrivent les morceaux , Petrus supervise , choisit ce qui lui plait et le fait enregistrer au studio Fondprints de Bologne par des musiciens italiens et américains . Le tout est envoyé à New York au studio Little Macho pour l’enregistrement des parties vocales écrites par le duo Paul Slade et Tanyanette Willoughby . C’est finalement Petrus qui décide à quel groupe est destiné tel ou tel morceau .
Le succès de Change fait que Petrus veut démultiplier les dollars ( il est très dépensier à la fois dans la vie et dans le business où il voit très (trop) grand ) . Grâce à ses connections musicales à New York ( notamment avec le jeune guitariste Doc Powell , directeur musical pour Wilson Pickett qui va tenir aussi ce rôle auprès de Petrus ) , il crée et produit le Brooklin , Bronx & Queens Band avec d’autres musiciens de studio dont le bassiste Paris « Pee Wee » Ford et le guitariste Abdul Wali Mohammed ( tous deux ex-musiciens de Lonnie Liston Smith ) , Dwayne Perdue à la batterie , le chanteur Ike Floyd et le claviériste Kevin Nance . Pour l’anecdote , Luther Vandross assure les backing vocals sur ce 1er album , comme il le fait dans le groupe Change .
Bien entendu , on surfe ici sur la vague Chic , c’est indéniable . Toutes les productions Petrus vont d’ailleurs copier , user et abuser largement du gimmick de guitare à la « Nile Rogers » . Mais à l’écoute du disque , on ne peut nier que Malavasi ( qui malgré le fait que Petrus se soit accaparé tous les crédits de l’album est en fait le véritable compositeur et arrangeur de tous les morceaux ) a un réel don pour trouver la formule qui enflammera les dancefloors de ce début des années 80 ( « On The Beat » et « Starlette » , ce dernier morceau étant à l’origine destiné à Change ) , tout comme il sait trouver la bonne mélodie ( importance de la mélodie dans l’Italo-Disco ! Et Petrus insiste là-dessus … ) pour les morceaux plus downtempo ( « Time for Love » et « Lovin’s What We Should Do » ) . Il s’agit donc d’un album honnête et efficace de musique de danse bien calibré , sans prise de tête et sans orientation musicale révolutionnaire . Petrus n’en demandait pas plus .
Change a du succès , le BB&Q Band est bien accueilli . Petrus , avide , ne lâche pas l’affaire , multiplie les signatures et les projets, dépense sans compter et malgré le départ de nombre de ses collaborateurs les plus proches ( fatigués de ses méthodes de travail un peu …rudes ) . Change ( qui commence à développer une vraie identité de groupe ) continuant a bien marché , il continue l’aventure BB&Q Band avec un nouveau line-up et une identité plus dure ( factice , bien entendu puisqu’il s’agit avant tout d’un projet de studio ) …
A force de trop tirer sur la corde , Petrus commence à voir son empire s’écrouler . Il tient tant bien que mal jusqu’en 1985 et la faillite . Ces petites mésaventures ne sont guère du goût du plus gros bailleurs de fond de Petrus : Cosa Nostra ( et oui , il faudra faire un jour l’histoire des connections de la Disco avec la mafia italienne et italo-américaine qui gérait , par exemple le label Buddah records ) . Endetté jusqu’aux oreilles et avec un gros contrat sur sa tête , Petrus s’enfuit en 1986 . Là , deux versions s’affrontent : on aurait retrouvé son corps au fond d’un lac près de Mexico , en 1986 , les deux pieds coulés dans un bloc de béton . Une autre version dit qu’il fut retrouvé en Guadeloupe, toujours en 1986 , avec 8 balles dans le corps . Pour plus d’infos sur ce type et pour les maniaques de l’histoire musicale , je vous encourage à visiter l’excellent site qui lui est dédié : http://www.jacquespetrus.com/ ou ce site de fan , très complet : http://littlemacho.tripod.com/index.html Ecoutez :
The Brooklyn – Bronx & Queens Band – On The Beat ( le plus gros tube du BB&Q Band . Simple et efficace ! )
The Brooklyn – Bronx & Queens Band – Starlette ( un autre tube et mon morceau préféré du disque , un peu plus riche que les autres à mon avis … )
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