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( BASS & DRUMS Etc )

Stevie Wonder - Where I'm Coming From ( 1971 )



Tout a été dit sur Stevie Wonder . Inutile ici de vous rappeler l’itinéraire exceptionnel de ce petit génie de LA musique , car avec lui on se trouve hors des cadres de la pop , de la soul/funk , du R&B : les étiquettes n’ont plus de sens quand on parle de musiciens aussi immédiatement classiques que les Beatles ou Stevie Wonder . Toutefois souvenons nous que Stevie Wonder n’a pas toujours été Stevie Wonder , ce surdoué épris de liberté et aujourd’hui quasi-unaniment révéré ( même si son dernier album n’est pas le chef d’œuvre attendu , juste un bon disque un niveau en dessous des derniers Prince ) .

Avant Stevie Wonder , il y eu Steveland Hardaway Judkins ( son vrai nom ) , un prématuré rendu aveugle en couveuse par excès d’oxygène ( tragique mais belle illustration du futur état d’esprit de ce musicien visionnaire et épris de liberté ) qui deviendra Little Stevie Wonder en signant à 12 ans chez Motown et en commençant sa carrière par un disque hommage à son héros Ray Charles . Le deal avec Berry Gordy est plutôt sévère ( comme souvent avec le père Gordy ) : Stevie est totalement encadré artistiquement par la maison de disques … lorsque sa voix mue , il est contraint de faire une pause et de continuer ses études de piano avant de revenir en 1964 avec « Uptight ( Everything’Alright ) » qu’il coécrit et qui lui apporte une certaine maturité artistique .

Petit à petit , Stevie va tenter de s’émanciper de la « tyrannie » Motown en affichant certaines convictions personnelles : en 1966 , il reprend le « Blowin’ in the Wind » de Dylan … Je ne suis pourtant pas dupe des intentions de Gordy qui avait dû flairer le filon de la contre-culture blanche représenté par Dylan et laisser Stevie faire entrer un peu plus d’argent dans les caisses ( N’oublions jamais que le tout premier hit de la Motown , écrit par Berry Gordy , s’intitulait : « Money ( that’s what I want ) » … ) . Il écrit de plus en plus , et surtout porte une attention grandissante à la production , co-produisant , à partir de l’album « For Once in my life » ( 1968 ) la majorité de ses morceaux .

L’année 1971 est celle du tournant pour Stevie . A 21 ans , son contrat avec Motown arrive à terme et il va enfin pouvoir toucher ses royalties . C’est aussi l’année où il se marie avec une jeune et talentueuse chanteuse de la maison : Syreeta Wright , pour laquelle il va produire quelques albums . Avec elle , il va pour la première fois entièrement écrire , composer et produire un album qui sort le 12 Avril 1971 juste un mois avant son anniversaire : « Where I’m Coming From » .

Pour la première fois , et uniquement accompagné de sa femme Syreeta et du bassiste pilier du label James Jameson , Stevie va pouvoir laisser libre cours à sa passion pour les claviers et les synthétiseurs , avec l’ambition de créer un véritable album cohérent , détaché de la dictature du « hit single » . Bien évidemment , Gordy n’est pas tout à fait d’accord avec ce choix artistique et Motown ne fera rien pour mettre en avant cet album ( le pauvre doit aussi subir cette année là les caprices de Marvin Gaye et de son « What’s Goin’ On » qu’il déteste tout autant … ) . Stevie Wonder ne va d’ailleurs pas tout de suite reconduire son contrat avec Motown . Pendant quelques temps , il va utiliser son argent pour construire ses propres studios d’enregistrement et reprendre des cours de théories musicales à l’Université de Californie . Dans le même temps renégocie à la hausse son contrat avec Motown et crée sa propre compagnie , Black Bull Music qui va lui permettre de conserver l’ensemble de ses droits sur sa musique ainsi qu’un contrôle artistique total sur ses productions .

Ce « Where I’m Coming from » est donc véritablement un album charnière qui annonce les merveilles des albums futurs . Tous LES talents de Stevie Wonder sont représentés ici : le mélodiste raffiné ( « Look Around » ) , le grooveman surdoué (« Do Yourself a Favor » ) , le chanteur pop (« If You Really Love Me » ), le soulman le plus déchirant ( « Never Dreamed You'd Leave in Summer » enfin le parolier d’exception qui réclame que pour la première fois chez Motown les textes soient imprimés sur la pochette .


Inutile de rappeler la suite . Elle se résume en quelques noms d’albums : « Music of my mind » ( 1972 ) , « Talking Book » ( 1972 ) , « Innervisions » ( 1973 ) , « Fulfillingness’ first finale » ( 1974 ) , « Songs in the key of Life » ( 1976 ) , « Journey through the secret life of plants » 1979 ) , « Hotter than July » ( 1980 ) …et je m’arrête là … ou alors seulement pour ajouter « The Woman in Red » ( 1984 ) .

Ecoutez :

Stevie Wonder – Look Around

Stevie Wonder – Do Yourself a Favor

Achetez ce disque , ICI .

Soul Coughing - Ruby Vroom ( 1994 )Billy Preston - Encouraging Words ( 1970 )

Comments

Anonymous 5. June 2006, 10:43

Skim writes:

C'est toujours un plaisir un bon ptit Stevie et ça aide les Lundi matin de Pentecôte pour ceux qui bossent... Journée de Solidarité qui disaient, pffff.

Double -O- Soul 5. June 2006, 17:55

D'accord avec toi Skim, j'ai toujours pas compris si s'etait un Jour férié le lundi de Pencote.

Ci@o

Tibolano 5. June 2006, 22:33

ça le fut ... j'espere que ce Stevie vous à donner la niak' les gars !

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