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Posts tagged with "Poème"

Enfance volée

,

L'enfance volée, c'est quand on utilise l'enfant pour ses propres intérêts
c'est quand on profane son innocence
c'est quand on cache, qu'on ment, qu'on dissimule ou qu'on manipule.

L'enfance volée, c'est l'entrainer dans les tourments des préoccupations adultes,
c'est quand on l'utilise
c'est quand on s'approprie
c'est quand on l'influence, qu'on le déporte, qu'on le trahit.

L'enfance volée n'est jamais rendue, le vol jamais puni et la confiance n'est jamais restaurée.
L'enfance volée, c'est une enfance violée. C'est la pureté déchue, la beauté souillée et son amour dénaturé.
L'enfance volée, ou comment cicatriser une plaie gangrénée? Le temps lui-même, qui pourtant guérit tout, ne peut restituer l'enfance dérobée, ne peut aider contre le néant béant dans le cœur de l'homme alors incomplet.

Que donne une plante dont les racines ont étés arrachées, piétinées, exploitées?
La survie plutôt que la vie,
La méfiance plutôt que la confiance,
La mésestime plutôt que l'estime.

La colère, le chagrin, la peine comme compagnons de route pour au bout s'en retourner... et constater la traversée des broussailles épineuses de la Colère, les marécages de la Tristesse, les sommets de la Froide Solitude, les gouffres de la Dépression, les gorges serrées du Chagrin, les plaines désertes de la Cruauté, les océans déchainés de l'Affliction, les escarpements de l'Envie.

Des envies d'atolls épurés, de lumière fragmentée, de large voie balisée, de rivages apaisés, de vallées luxuriantes, de vergers garnis ou encore d'azurs argentés et de cieux cléments. Ceux-ci réservés aux enfants aimés, choyés ou couvés.

Rappelle-toi Barbara

,



Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.


– Jacques Prévert

Lumière !

,

Le vent s'engouffra
le rideau gonfla
un faisceau de lumière
filtra à travers

une fine brume
stagnante
s'agita
forcée au mouvement

contrainte à dévoiler
le dissimulé, le refoulé
les couleurs saillirent
les pulsations reprirent

une onde indicible
s'éveille en rythme
sous l'impulsion
sur une vibration

n'est-ce qu'un passage
n'est-ce qu'une éclaircie
ou la retraite durable du flou
pour des cieux plus radieux ?

une panacée tant redoutée
tant évitée qu'une brise
enjôlée vient la décoiffer
et enfin l'envoler

The Light

,

I don't know what I'm waiting for
but I certainly know what I'm looking for
I'm looking for peace and liberty
and I get boredom and misery

Where are the mysteries
I witnessed and lived
Gone behind this feeling of urge
Gone with the blow of a held breath

From centuries to centuries
Hope for love remained
Litlle candle so near to end
Oh please, keep it burning

In the room of darkness
It shall be our only light to guide us
Through this fear and anxiety
The light bring us warm and joy

Enjoy sisters, enjoy brothers
Because as long as we see shadows
We surely can find a light
Let it come to us, let it enlighten us

Water

,


Moving down the streams of my lifetime
Pools of fascination in my sleep
Cooling off the fire of my longing
Warming up my cold with inner's ease
Melting down the walls of inhibition
Evaporating all of my fears
Baptizing me to complete submission
Desolving my condition with his tears

Coursing through my senses, he's prevailing
Floating through the space of my design
Drowning me to find my inside sailing
Drinking in the mainstream of his mind
Filling up the cup of my emotions
Spilling over into all I do
If I only I could get lost in his ocean
Surviving on the thought of loving you

Bathing in the fountain of his essence
He causes my expression to remain
Humbled on a mountain by his presence
Washing my intentions with his name
Sealing off the floodgates of his passions
Saving all his liquid for his own
Moisturizing me to satisfaction
In my imagination? No no!
He's pouring out his soul to me for hours and hours
Drawing out my nature with his hands
Yearning I'm so thirsty for his power
Burning to be worthy of his land

Cleaning me
He's purging me
And moving me around
He's bathing me
And he's claiming me
And moving me around
Around and around and around
And around
Watching me, claiming me
Moving me around
He's purging me
He's been cleaning me
And moving me around
And around

- Lauryn Hill

Avec le coeur !

,

Aux méandres des rivières
satinées de rosée et serties de rubis
Aux confluents de nos rêves et de notre misère
croupissante et nauséeuse
Aux coulantes aurores de nos désirs
et chatoyantes influences de nos êtres

S'en vont les larmes amères de nos mères
S'en vont ensemble voguer dans une mer
d'inconnu, de mystère, d'ombres et de lumières
La puante liqueur des pervers

La forte odeur des pucelles dans leur toison inviolée
qui se cachent et qui désirent, qui veulent mais qui n'osent
De nombreuses ecchymoses à leur innocence les attendant...
Conquête si évidente de la chaire bandante
et si décevante dans sa puérile féerie

Aux gâchis de nos vies
Aux dons des âmes
Aux sanglots versés inutilement
se mêlant aux flaques de sang...
Tant de douleurs et de coups de poignard au coeur
Aux flots incessants de stupidité humaine

Aucun barrage ne résiste
Aucune digue érigée pour arrêter l'invasion
de notre exploitation et du progressif anéantissement
de l'esprit qui nous a enfanté...
Condamné qu'il est de nous voir dominé par nos démons

Le rêve qu'un jour, une rivière satinée
à nouveau coule brillamment dans le sillon de la gloire
dans le viaduc de la liberté et de la découverte
empruntant milles détours, laissant voguer ses méandres
dans de sublimes contorsions lumineuses et heureuses
sans que pour la museler, n'existe ni canal ni béton armé

Mais juste un simple lit de rubis, des parois d'émeraudes
Des reflets de jade où nul ombre ne pourra régner
si ce n'est celle du reflet de l'obsidienne
Elle coulera dans un ciel saphir et répandra milles sensations

Que de chemin a parcourir pour rêver cet idylle communément
Quel éloignement à surmonter pour se rapprocher de la source
Et comment montrer aux aveugles ce qu'ils ne veulent pas voir
que l'essentiel est invisible aux yeux... Petit Prince dis-leur
qu'on ne voit bien qu'avec le coeur !

Carmen

L'amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c'est bien en vain qu'on l'appelle
C'est lui qu'on vient de nous refuser

Rien n'y fait, menaces ou prières
L'un parle bien, l'autre se tait
Et c'est l'autre que je préfère
Il n'a rien dit mais il me plaît

L'amour, l'amour, l'amour, l'amour
L'amour est enfant de bohême
Il n'a jamais jamais connu de lois
Si tu ne m'aimes pas je t'aime
Si je t'aime prend garde à toi
Si tu ne m'aimes pas
Si tu ne m'aimes pas je t'aime
Mais si je t'aime, si je t'aime
Prends garde à toi

L'oiseau que tu croyais surprendre
Battit de l'aile et s'envola
L'amour est loin, tu peux l'attendre
Tu ne l'attends plus, il est là

Tout autour de toi, vite, vite
Il vient, s'en va puis il revient
Tu crois le tenir, il t'évite
Tu crois l'éviter, il te tient

L'amour, l'amour, l'amour, l'amour
L'amour est enfant de bohême
Il n'a jamais jamais connu de lois
Si tu ne m'aimes pas je t'aime
Si je t'aime prend garde à toi
Si tu ne m'aimes pas
Si tu ne m'aimes pas je t'aime
Mais si je t'aime, si je t'aime
Prends garde à toi

— Georges Bizet —

Divagation dans la navigation calligraphique



La sirène chanta
aux oreilles du marin
la douce brise de sa voix
venu des fonds marins
explosion de joie vibrante
une puissante humeur parcourant
l'océan du corps et du vivant
dehors toutes voiles battantes
les songes l'emportent à l'horizon
dans une grande tempête de tourments
uniquement guidé par le phare de l'espoir
de pouvoir croire un jour l'apercevoir
cette lueur profonde et vibrante
...inespérée
M
A
T
Et échec de cette quête... Pourtant rédemptrice et salvatrice
de jeune marin solitaire à la conquête désenchantée de ses rêves
Tant qu'à faire, autant isser les voiles déchirées sans trêve

Chagrin

Que dire et que faire quand l'être convoité se soustrait
et que par le silence et l'ignorance il disparait
pour ne se retrouver que dans un coin de mémoire oublié
où même la volonté manque pour se le rappeler ?

Il n'y a rien à dire, rien à faire si ce n'est d'accepter
tant bien même que cela vient miner une existante fragilité
et vient renforcer une voie de solitude prédestinée
à laquelle il faut finalement se soumettre avec humilité

Accepter son sort est alors le seul recours, le seul remède,
s'en remettre avec confiance aux forces qui guident nos vies
puis oublier ce sentiment d'échec et de désolation
et laisser le temps à la tristesse et au chagrin de se résorber...

La compagne éternelle

Compagne implacable qui, à chaque tournant
nous ramène à l'instant présent
d'une vie trop fugace pour être correctement appréciée,
mais trop intense pour être judicieusement utilisée.

Une compagne, qui, sans trêves ni relâche,
ne nous lâche, imprégnant ainsi chaque instant
d'insignifiance et de merveille en même temps.

Une compagne que l'on aimerait étreindre
où chasser, mais condamnés à inlassablement repousser.
Et quand enfin elle vient frapper...
Quels mystères peut-elle nous révéler ?

Quand viendra-t-elle enfin me délivrer
du poids de cette monotonie et de cette grande fatigue ?

Quand viendra-t-elle enfin m'emmener
loin de cet étrange rêve sans fin ?

Plus de lassitude ni d'ennui,
plus de misérables états d'esprit,
lorsqu'elle pourra enfin nous rendre ce qui a été pris.

Depuis longtemps je t'attend,
mais je sais que je n'attend rien finalement
car de toute façon tu me prends !
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